img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Elections 2026

Élections 2026. Ces textes qui actent la réforme électorale

ROUND-UP. Panorama des textes déjà adoptés ou en cours qui redessinent le cadre électoral de 2026.

Élections 2026. Ces textes qui actent la réforme électorale
Élections 2026. Ces textes qui actent la réforme électorale
Par
Le 9 avril 2026 à 16h02 | Modifié 9 avril 2026 à 16h58

À cinq mois des élections législatives prévues le 23 septembre 2026, le chantier de la réforme électorale s’accélère. Entre textes organiques adoptés, décrets déjà validés en Conseil de gouvernement et projets réglementaires en cours d’examen, l’architecture juridique du scrutin se précise progressivement.

Dernier texte en date inscrit à l’ordre du jour du Conseil de gouvernement de ce jeudi 9 avril 2026, le projet de décret n° 2.26.311, présenté par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, fixe les conditions et modalités de versement du soutien financier public annuel au profit des partis politiques présentant des candidatures issues de jeunes de moins de 35 ans aux élections de la Chambre des représentants. Ce texte s’inscrit dans une dynamique plus large visant à favoriser l’accès des jeunes à la représentation parlementaire, en utilisant l’outil financier comme levier d’incitation.

Ce projet vient compléter un ensemble déjà conséquent de réformes engagées ces derniers mois.

Des lois organiques adoptées

Trois lois organiques structurantes ont été adoptées. Il s’agit de la loi n° 55.25 modifiant et complétant la loi n° 57.11 relative aux listes électorales générales, aux opérations de référendums et à l’usage des moyens audiovisuels publics durant les campagnes électorales ; la loi organique n° 54.25 modifiant et complétant la loi n° 29.11 relative aux partis politiques ; et la loi organique n° 53.25 modifiant et complétant la loi n° 27.11 relative à la Chambre des représentants.

Ces textes traduisent une transformation profonde du cadre électoral, marquée notamment par l’intégration des enjeux liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle. Les modifications apportées à la loi relative à la Chambre des représentants illustrent particulièrement cette évolution, en redéfinissant les règles applicables à la campagne électorale, désormais pensée à la fois dans l’espace physique et numérique.

Pour les électeurs, les changements introduits sont significatifs. Toute publication ou diffusion de contenu électoral le jour du scrutin, quel qu’en soit le support ou le format, est désormais interdite. Le partage d’un tract, la republication d’une vidéo de campagne ou la diffusion d’une déclaration politique sur une plateforme numérique sont passibles de sanctions pouvant aller jusqu’à six mois d’emprisonnement. Le législateur considère que toute influence, même indirecte, exercée à ce moment critique du processus électoral est susceptible d’altérer la sincérité du vote. Le jour du scrutin impose donc un silence numérique total.

La réforme introduit également un dispositif renforcé de lutte contre la désinformation. Les montages, deepfakes, enregistrements falsifiés ou documents manipulés sont explicitement visés. Le simple fait de relayer un contenu falsifié, même sans en être l’auteur, peut entraîner des poursuites pénales. Dans un environnement numérique où le partage est devenu instantané, cette disposition marque un tournant en responsabilisant directement les citoyens.

Des changements pour tous

Du côté des candidats, les restrictions sont tout aussi structurantes. La réforme interdit le recours à la publicité politique sponsorisée sur les plateformes internationales. Le financement direct ou indirect de campagnes publicitaires en ligne expose les contrevenants à des amendes comprises entre 50.000 et 100.000 DH. Cette mesure vise à limiter l’influence des moyens financiers sur la visibilité numérique des candidats et à encadrer l’usage des outils de communication globale.

Parallèlement, plusieurs dispositions visent à moraliser l’accès au mandat parlementaire. La loi relative à la Chambre des représentants élargit, dans son article 6, la liste des personnes inéligibles, incluant celles ayant fait l’objet d’une destitution définitive d’une fonction élective, celles dont la révocation a acquis force de chose jugée, ainsi que les individus poursuivis pour des infractions commises en flagrant délit durant les campagnes électorales, notamment celles liées à la communication audiovisuelle. Toute condamnation pour crime, en première instance ou en appel, entraîne automatiquement la perte de l’éligibilité.

Au-delà des aspects juridiques et répressifs, la réforme introduit également des mesures incitatives visant à diversifier la représentation politique. L’encouragement des jeunes, des personnes en situation de handicap et des Marocains résidant à l’étranger constitue un axe central de cette refonte.

Incitation maximale

Dans ce cadre, les décrets n° 2.24.300 et n° 2.24.301, adoptés en Conseil de gouvernement le 2 avril 2026, revoient en profondeur les modalités de financement public des campagnes électorales. Le premier texte relève la tranche forfaitaire accordée aux partis politiques, qui passe de 750.000 DH à 1 million de DH, versée dès le début de la période électorale, soit 90 jours avant le scrutin.

Il introduit également un mécanisme de “bonus de représentativité”. Chaque siège remporté par un candidat appartenant à certaines catégories – jeunes de moins de 35 ans, personnes en situation de handicap ou MRE – est valorisé six fois dans le calcul de la subvention publique. L’objectif est d’inciter les partis à positionner ces profils en tête de liste et à renforcer leur présence au sein de la Chambre des représentants. Ce dispositif bénéficie également aux femmes candidates dans les circonscriptions locales, même lorsqu’elles ne relèvent pas des catégories précitées.

Le décret n° 2.24.301 encadre, pour sa part, l’utilisation de cette contribution publique. Il autorise explicitement le financement de la communication digitale, incluant la publicité sur les réseaux sociaux, les plateformes de streaming et le recours à des outils d’intelligence artificielle. Toutefois, un plafond est fixé : les dépenses numériques ne peuvent excéder 5 millions de DH par parti.

Le texte précise également les règles de gestion financière. Les partis peuvent bénéficier d’une avance plafonnée à 30% du montant du soutien annuel public. En cas de trop-perçu au regard des résultats électoraux, les sommes excédentaires doivent être remboursées au Trésor. Les transactions doivent être effectuées exclusivement par virement bancaire ou par chèque, excluant tout recours au paiement en espèces, afin de garantir la traçabilité des fonds.

Les dépenses éligibles incluent le soutien direct aux candidats, les frais de presse, la production de contenus publicitaires et les acquisitions logistiques liées à la campagne. Pour les partis n’ayant jamais bénéficié de financement public électoral, un mécanisme spécifique est prévu, fondé sur les aides précédemment accordées pour leur fonctionnement interne.

Bulletin de vote : cadre révisé

En parallèle de ces mesures financières et juridiques, des ajustements techniques sont également apportés au processus électoral. Un décret, élaboré par le ministère de l’Intérieur, vise à modifier le cadre réglementaire du bulletin de vote unique afin de l’aligner sur les évolutions législatives récentes.

Ce texte prévoit notamment de remplacer la notion d’“appartenance politique” par celle “d’appartenance partisane”, en cohérence avec le rôle central des partis et des coalitions dans l’investiture des candidats. Il introduit également de nouvelles règles relatives à l’organisation et à la présentation des listes de candidature.

Les listes locales, qu’elles soient partisanes ou indépendantes, seront classées selon leur ordre d’enregistrement, dans une présentation verticale de droite à gauche. Les listes partisanes locales seront positionnées à gauche, suivies des listes régionales de la même appartenance. Les listes régionales sans correspondance locale, ainsi que celles sans investiture partisane, seront classées après les listes locales.

Pour les élections partielles, le classement des candidats ou des listes se fera également selon l’ordre d’enregistrement, qu’il s’agisse d’un siège unique ou de plusieurs sièges à pourvoir.

Au total, l’ensemble de ces textes dessine un nouveau cadre électoral, où la régulation du numérique, la transparence financière, la moralisation de la vie publique et l’ouverture à de nouveaux profils constituent les piliers d’une réforme d’ampleur.

À l’approche du scrutin de septembre 2026, c’est donc un système profondément remanié qui se met en place, redéfinissant à la fois les règles du jeu politique et les comportements attendus des électeurs comme des candidats.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 9 avril 2026 à 16h02

à lire aussi

Salaires, retraites, IR… le gouvernement défend son bilan social à 5 mois des élections
POLITIQUE

Article : Salaires, retraites, IR… le gouvernement défend son bilan social à 5 mois des élections

Après plusieurs rounds de négociations, l’exécutif met en avant un bilan chiffré des concessions accordées sur les salaires, la protection sociale et les retraites, tout en affichant sa volonté d’aller plus loin sur les dossiers encore ouverts, des statuts particuliers à la réforme du Code du travail.

Driss El Azami: “We are working to come first” as the PJD sets out its ambitions and hints at surprises
Elections 2026

Article : Driss El Azami: “We are working to come first” as the PJD sets out its ambitions and hints at surprises

Five months ahead of the September 2026 parliamentary elections, Driss El Azami El Idrissi, the PJD’s first vice-secretary general, appeared on Médias24’s “12/13”. Mixing assessment, measured self-criticism and electoral ambition, he defended the trajectory of a party seeking to reclaim its place in the political landscape.

Dakhla: 500 MW green data center megaproject launched to bolster Morocco’s digital sovereignty
Régions

Article : Dakhla: 500 MW green data center megaproject launched to bolster Morocco’s digital sovereignty

An agreement between several public institutions launches the studies that will define the program’s economic model, governance, and financing arrangements.

Olive : Kamal Ben Khaled élu à l’unanimité à la tête d’Interprolive
Quoi de neuf

Article : Olive : Kamal Ben Khaled élu à l’unanimité à la tête d’Interprolive

Kamal Ben Khaled a été élu à l’unanimité président de l’Interprofession marocaine de l’olive (Interprolive), à l’issue des travaux du conseil d’administration tenu le mercredi 15 avril 2026, ouvrant une nouvelle phase pour l’organisation dans un contexte marqué par les défis économiques et climatiques de la filière.

Football. Ayyoub Bouaddi, l’ascension d’un prodige discret
Football

Article : Football. Ayyoub Bouaddi, l’ascension d’un prodige discret

Phénomène de précocité, le milieu de terrain d’origine marocaine brille par la maturité de ses prestations qui le rendent quasiment indispensable à l’entrejeu lillois. Son profil box-to-box serait un atout de poids pour les Lions de l’Atlas en vue des prochaines échéances.

Le groupe polonais KGHM oriente ses investissements miniers vers le Maroc et l'Europe
Quoi de neuf

Article : Le groupe polonais KGHM oriente ses investissements miniers vers le Maroc et l'Europe

Le groupe minier polonais KGHM Polska Miedź S.A. oriente ses investissements vers le Maroc et l’Europe, confirmant l’intérêt stratégique croissant pour le Royaume, selon une annonce de l’ambassade de Pologne et des déclarations à Reuters.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité