Finale de la CAN 2025 : après le flou de Dakar, Motsepe appelé à lever les ambiguïtés au Maroc
Au lendemain d’une sortie très prudente à Dakar, où il s’est gardé de nommer clairement les défaillances en cause tout en promettant des réformes, le président de la CAF est attendu au Maroc sur ce qu’il n’a pas voulu dire au Sénégal. Derrière la séquence ouverte par la finale du 18 janvier à Rabat, c’est moins la communication de l’instance que sa capacité à assumer ses responsabilités, défendre les faits et restaurer son autorité qui est désormais en jeu.
Après le Sénégal, le Maroc. Ce jeudi 9 avril 2026, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, est dans le Royaume, où il rencontrera les dirigeants de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et donnera une conférence de presse en début de soirée au Complexe Mohammed-VI de football à Salé. Un déplacement inhabituel dans les deux pays motivé par la crise de confiance que traverse la CAF après les péripéties provoquées par la fédération et le staff sénégalais lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), le 18 janvier 2026 à Rabat.
Une visite miroir de celle effectuée la veille à Dakar. C'est ce qu'a laissé entendre M. Motsepe. Cela signifie-t-il qu'il répétera les mêmes éléments de langage ? Probablement, ou peu s'en faut.
Dans la capitale sénégalaise, il est apparu en opération de communication défensive classique. Devant ce qui pourrait devenir une crise institutionnelle de la CAF, il a choisi la posture suivante : neutralité concernant les litiges ; une présidence transparente, qui respecte les deux pays ; une tolérance zéro à l'égard de la corruption ; l'attachement aux procédures juridiques, notamment du TAS, appelé à trancher ; et la promesse de voir la CAF "sortir plus forte".
C'est ce qu'il a répété pendant la conférence de presse à Dakar mercredi 8 avril 2026 en fin d'après-midi. Quelque chose entre le mantra et l'incantation. Un discours plein de généralités, sans aucune annonce concrète. Des réformes sont annoncées sans aucune précision, aucune prise de position. On comprend qu'il critique l'arbitrage de la finale. Mais il le critique pourquoi ? Pour le penalty accordé au Maroc ? Pour le faux but accordé au Sénégal ? Pour ne pas avoir sifflé la fin du match à la sortie de l'équipe sénégalaise ? Chaque supporter choisira ce qui l'arrange et se dira que M. Motsepe l'a conforté.
Le dribble et l'esquive sont parfois des qualités. C'est le cas en matière de football, mais pas dans le domaine de la gouvernance. Il aurait dû et nous espérons que ce sera le cas à Rabat ce jeudi soir, séparer les registres:
-Le TAS : c'est ce qu'il ne peut pas dire.
-Les défaillances de la CAF : c'est ce qu'il peut dire.
-Une position morale et légaliste au sujet des incidents documentés de la finale : c'est ce qu'il doit dire.
Le consensus mou ne sauvera pas la CAF.
Les "otages"
Un journaliste sénégalais a interpellé M. Motsepe au sujet des "otages" sénégalais détenus au Maroc. Il a insisté sur le fait qu'il s'agit d’"otages" et que tout le Sénégal les appelle de cette manière.
Le terme "otages" est évidemment insultant pour le Maroc.
Les faits sont connus : au Maroc comme au Sénégal d'ailleurs, ceux qui provoquent des violences dans un stade sont arrêtés et déférés devant un tribunal. Les violences en question sont documentées par les rapports officiels d'après-match ainsi que par de nombreuses vidéos. Leurs auteurs ont été condamnés par la justice.
Or, le président Motsepe accepte que l'on utilise à plusieurs reprises le terme "otages" en sa présence. Il répond que la question est "légitime" et renvoie aux "canaux diplomatiques" pour une situation qui, au minimum, est de l'ordre du fait divers. Et au maximum, de sabotage prémédité et organisé.
Comment la CAF peut-elle accepter que des personnes impliquées dans des incidents documentés soient présentées comme des otages ? M. Motsepe a validé implicitement le terme en disant "c'est une question importante pour nous", sans jamais contester le narratif ni défendre la position marocaine, ni clairement défendre les faits. Il reste dans un entre-deux mou qui ne satisfait personne et ne tranche rien.
En conclusion
Monsieur le Président Motsepe, voici nos questions :
Sur les réformes annoncées :
-Pouvez-vous nous donner des précisions sur les "changements fondamentaux" et des "améliorations profondes" de l'arbitrage et des organes disciplinaires que vous annoncez ? Par exemple, quelles réformes ? Quel calendrier ? Avez-vous prévu un organe indépendant de supervision ou désigné un responsable pour ce projet ?
Sur la finale et la CAN Maroc d'une manière générale :
-Comment jugez-vous la qualité organisationnelle par le Maroc, l'accueil des équipes, leur transport, leur hébergement ?
-Comment jugez-vous les procédures internes de la CAF qui ont été défaillantes lors de la finale ?
-Quelles sont les mesures correctives déjà engagées ?
-Est-il vrai que le président de la commission d'arbitrage a donné instruction à l'arbitre de la finale de ne pas siffler la fin du match après la sortie des joueurs du Sénégal ?
Sur les accusations de corruption :
-Quels mécanismes internes anti-corruption ont été renforcés ?
-Un audit indépendant a-t-il été commandé ?
-Quelles sanctions ont été prises et contre qui ?
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