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BUSINESS

Malgré la crise mondiale et la flambée du kérosène, la RAM tire son épingle du jeu

Malgré une hausse spectaculaire du prix du kérosène depuis plusieurs semaines, Royal Air Maroc maintient un trafic passagers soutenu. Deux sources proches de la compagnie, qui avancent que la situation restera maîtrisée à court terme, alertent cependant sur le risque d’une forte hausse des billets en cas de crise prolongée.

Avion de RAM
Avion de la flotte de Royal Air Maroc
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Le 10 avril 2026 à 16h28 | Modifié 11 avril 2026 à 7h23

Depuis plus de six semaines, la crise énergétique liée aux tensions géopolitiques secoue le transport aérien mondial, mais pour Royal Air Maroc, le constat est contrasté, avec une activité commerciale résiliente "pour l'instant", malgré une pression croissante sur les coûts d'exploitation, notamment du kérosène qui a presque triplé.

 Un trafic passagers qui résiste à la crise malgré la flambée du kérosène

Contrairement aux craintes initiales, la compagnie nationale ne subit aucune baisse d’activité, nous révèle une source fiable proche du dossier, en affirmant qu’il n’y a aucun impact en termes de trafic aérien.

"À ce jour, seules les lignes de Dubaï et de Doha ont été suspendues, mais elles ont rapidement été redéployées vers des marchés émergents comme la Chine et les États-Unis", précise notre interlocuteur, en se félicitant du fait que les avions de la flotte sont toujours remplis et que la demande reste stable.

Sur une éventuelle baisse du trafic avec des avions cloués au sol, un autre expert aérien avance que le risque principal n’est pas logistique mais économique, avec une éventuelle pénurie de kérosène qui pourrait changer la donne.

"Aujourd'hui, la pression se concentre en effet sur les charges, avec une hausse spectaculaire du kérosène qui est passé de 700 à 1700 dollars la tonne soit un quasi-triplement en quelques semaines", explique notre source pour qui le problème n’est pas le trafic, mais plutôt le coût des charges d’exploitation qui n'arrête pas d'évoluer à la hausse.

Et de souligner cependant que, même après six semaines de crise mondiale où les coûts énergétiques ont explosé, la situation reste largement gérable pour une compagnie comme RAM qui a déjà vécu ce scénario au début du conflit entre l'Ukraine et la Russie, qui avait entraîné un cycle inflationniste à partir de février 2022.

Des tarifs encore contenus

Face à cette flambée, notre interlocuteur tient à préciser que l’ensemble des compagnies du monde ont commencé à ajuster progressivement leurs prix, avec une hausse sensible sur les vols long-courriers et plus limitée sur les moyen-courriers.

Et d’ajouter que les prix des billets de RAM, qui eux n’ont pas doublé, expliquent pourquoi la demande reste solide.

"Si la crise dure, toutes les compagnies devront répercuter les coûts ; mais pour l’instant, aucun signe de rupture n’a été observé", estime notre source pour qui le secteur est dans une phase d’attente face à une éventuelle pénurie de kérosène.

Une pénurie peu probable

À moyen terme, le seul risque majeur concerne un manque d’approvisionnement en kérosène, mais ce scénario reste peu probable, car des fournisseurs alternatifs comme la Russie pourraient être autorisés, malgré l’embargo actuel, à prendre le relais sur le plan international.

Tout en affirmant que la situation de tous les transporteurs aériens pourrait changer si la crise se prolongeait d'un ou deux mois, l’expert pense que la récente annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz devrait mettre un terme à l’effet yoyo du prix du baril de pétrole, à condition que le cessez-le-feu soit respecté.

Sur les scénarios possibles pour l'avenir, nos sources évoquent celui d'un apaisement rapide avec un retour à la normale sans impact durable, celui d'une crise prolongée avec une hausse progressive des prix sans effondrement de la demande et, enfin, le cas d'un choc durable avec l’envolée des coûts et un ralentissement du trafic aérien.

Une opportunité indirecte pour le Maroc

Paradoxalement, notre source proche de RAM estime que le conflit du Moyen-Orient profite pleinement au trafic aérien du Royaume, et va même jusqu'à évoquer une opportunité historique pour la destination.

"L’énorme baisse de fréquentation de l’Égypte, de la Jordanie, des Émirats arabes unis et du Qatar, qui ont été rayés de la carte du tourisme, est en train de rediriger les flux et le trafic aérien vers le Maroc".

Selon notre interlocuteur, même en cas de fin de crise rapide, ces destinations mettront beaucoup de temps à retrouver leur attractivité du fait de la méfiance des touristes.

Une secteur exposé aux crises 

Confiants sur la capacité du secteur à s’adapter, nos deux interlocuteurs rappellent que les compagnies aériennes ont déjà dû faire face à d'autres crises et que leur capacité de rebond est extraordinaire.

Et de conclure que si RAM n’a pas subi d’impact majeur sur son activité, avec un trafic préservé et une hausse des prix contenue, la poursuite de cette résilience reposera sur la durée de la crise énergétique.

Mais une chose est sûre, le véritable test pour RAM devrait se jouer dans les prochaines semaines.

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Le 10 avril 2026 à 16h28

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