Nokia parie sur l’IA et des infrastructures résilientes pour accélérer le numérique en Afrique
À l’occasion du GITEX Africa 2026, Mikko Lavanti, président de la région Moyen-Orient et Afrique et directeur général du siège régional de Nokia en Arabie saoudite, détaille une vision structurante pour l’Afrique, fondée sur des réseaux intelligents, inclusifs et prêts pour l’IA.
Fort de plus de trente ans d’expérience dans les télécommunications, Mikko Lavanti met l’accent sur une transformation numérique pensée comme un écosystème cohérent, où performance, résilience et adaptation locale avancent ensemble. Au sein de Nokia, il défend des architectures capables d’absorber la croissance des usages tout en optimisant ressources, coûts et énergie, afin d’accompagner durablement l’évolution des marchés africains. Entretien.
Médias24 : Quelles sont les innovations les plus significatives que Nokia apporte aujourd’hui au développement de la connectivité en Afrique ?
Mikko Lavanti : Nous présentons un large éventail d’innovations en matière de connectivité, prêtes pour l’IA, conçues pour soutenir les ambitions numériques croissantes de l’Afrique. Notre priorité est de construire des réseaux alliant haute performance, efficacité et scalabilité, capables de gérer les demandes croissantes du trafic piloté par l’IA. Cela inclut des avancées dans la fibre optique et le haut débit multi-gigabit grâce à des solutions telles que Lightspan, le Wi-Fi 7 et notre plateforme Corteca, qui utilise l’IA pour améliorer à la fois l’expérience utilisateur et la performance réseau. Nous répondons également au besoin croissant de capacité via des réseaux IP-optique et des solutions d’interconnexion de centres de données, permettant de réduire les coûts, l’espace et la consommation énergétique. Parallèlement, nous évoluons vers des réseaux autonomes et cloud-native. En intégrant l’IA et le machine learning dans les opérations, nous permettons la création d’infrastructures plus résilientes, adaptatives et capables de s’optimiser en temps réel.
- Vous proposez des avancées telles que la 5G autonome et la fibre 50G : comment ces technologies peuvent-elles transformer concrètement la vie quotidienne des entreprises et des citoyens sur le continent ?
- La 5G autonome et la fibre 50G représentent un véritable changement de paradigme en termes de capacités réseau, non seulement en matière de vitesse, mais aussi dans la manière dont la connectivité peut soutenir de nouveaux usages numériques. Pour les entreprises, cela signifie un accès à des réseaux fiables et à faible latence, capables de supporter les applications cloud, les charges de travail IA et les opérations en temps réel. Cela est particulièrement important dans des secteurs tels que la santé, la logistique et les services financiers, où la performance et la fiabilité ont un impact direct sur les résultats. Pour les individus, ces technologies améliorent l’accès aux services numériques essentiels tels que l’éducation et la santé, tout en enrichissant l’expérience quotidienne de la connectivité. Grâce à l’optimisation pilotée par l’IA et au haut débit multi-gigabit, les utilisateurs bénéficient de connexions plus stables et de meilleure qualité. Dans l’ensemble, ces technologies contribuent à créer un environnement numérique plus connecté et inclusif.
- L’IA souveraine est l’un des points forts de vos démonstrations. Pourquoi représente-t-elle une priorité stratégique pour les entreprises africaines dans les années à venir ?
- Elle devient de plus en plus importante car elle permet un traitement sécurisé des données dans le pays tout en garantissant la conformité aux réglementations nationales. Elle offre également aux gouvernements et aux entreprises un meilleur contrôle de leurs données et modèles d’IA, leur permettant d’adapter les solutions aux langues, marchés et besoins locaux. Cela est essentiel pour garantir que l’innovation soit pertinente et ait un impact réel au niveau local. De plus, l’IA souveraine ouvre de nouvelles opportunités pour les services numériques dans des secteurs tels que la santé, l’agriculture, la logistique et la finance. Elle renforce la résilience et la compétitivité en réduisant la dépendance aux plateformes externes tout en soutenant les priorités nationales en matière de croissance et d’inclusion. C’est un levier clé pour construire des écosystèmes numériques durables à travers le continent.
- Face à des défis tels que l’accès à Internet dans les zones rurales et l’adoption numérique croissante, quelle est l’approche de Nokia pour favoriser une connectivité plus inclusive en Afrique ?
- Notre but est d’étendre la connectivité de manière scalable et économiquement durable. L’objectif n’est pas seulement d’étendre la couverture, mais aussi de garantir une qualité constante et une valeur pérenne. Nous utilisons l’automatisation pilotée par l’IA pour réduire la complexité opérationnelle et les coûts, ce qui aide les opérateurs à se déployer plus efficacement dans les zones rurales et sous-desservies. Parallèlement, nous nous concentrons sur la construction d’infrastructures résilientes et adaptées aux conditions locales, y compris les défis énergétiques et environnementaux. En renforçant les fondations réseau, nous permettons un accès plus large à des services tels que l’éducation, la santé et l’inclusion financière. La connectivité devient alors un outil concret pour améliorer la vie quotidienne et soutenir la participation économique.
- Quelles sont les orientations de Nokia pour accélérer la transformation numérique en Afrique au cours des dix prochaines années ?
- Notre objectif est de permettre à l’Afrique de tirer pleinement parti de la transition vers une économie numérique pilotée par l’IA. Nous développons des réseaux cloud-native et prêts pour l’IA dans les domaines cœur, optique et centre de données, afin de garantir que l’infrastructure puisse répondre à la demande future. Nous investissons également dans les capacités de réseaux autonomes, où l’analyse pilotée par l’IA permet des opérations plus proactives et efficaces, améliorant la fiabilité et la qualité du service. Une autre priorité clé est la souveraineté numérique. En soutenant la localisation des données et l’IA souveraine, nous aidons les pays et les entreprises à construire et à gérer leurs propres écosystèmes numériques. Enfin, nous collaborons avec nos clients pour aller au-delà des modèles de connectivité traditionnels, en créant de nouvelles valeurs grâce à l’IA, au cloud et aux services basés sur GPU dans les secteurs industriels et publics. Ces priorités visent à soutenir une croissance numérique durable et à long terme sur l’ensemble du continent.
à lire aussi
Article : Gasoil. Vers une hausse moyenne d’un dirham dès ce jeudi 16 avril 2026
Les prix du gasoil devraient augmenter d’environ un dirham par litre au Maroc à partir de jeudi 16 avril à 00h01, a indiqué à Médias24 une source professionnelle, dans un contexte de tensions continues sur les marchés énergétiques mondiaux liées à la guerre d’Iran.
Article : Renault prévoit de réduire de 15 à 20% ses effectifs d’ingénieurs dans le monde, le Maroc suit de près
Le constructeur français veut accélérer ses cycles de développement et alléger ses coûts face à une concurrence chinoise de plus en plus agressive. Pour le Royaume, où Renault pèse lourd dans l’écosystème automobile, l’évolution de ce chantier interne sera observée avec attention.
Article : Régularisation des migrants en Espagne : calendrier, conditions et documents requis
L’Espagne lance une régularisation exceptionnelle visant près de 500.000 migrants, avec des demandes en ligne dès le 16 avril 2026, sur fond de forte affluence de ressortissants marocains dans les consulats, notamment à Almería.
Article : La cheffe de la diplomatie européenne en visite officielle au Maroc pour renforcer le dialogue Rabat-Bruxelles
La Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, effectue une visite au Maroc les 16 et 17 avril 2026, marquée par des entretiens avec Nasser Bourita et des échanges avec des acteurs académiques et économiques.
Article : Croissance, social, investissement… devant le Parlement, Aziz Akhannouch déroule le bilan détaillé de son gouvernement
Face aux deux Chambres, réunies pour l'occasion, le chef du gouvernement a mis en avant les principaux marqueurs de son mandat, du reflux de l’inflation à l’élargissement de la protection sociale, en passant par la hausse de l’investissement public. Une manière de replacer son mandat dans un temps long, au-delà des chocs conjoncturels.
Article : Jeux en ligne : une proposition de loi pour encadrer l’accès des mineurs
Une proposition de loi déposée à la Chambre des représentants vise à encadrer l’accès des enfants et des adolescents aux plateformes de jeux électroniques. Le texte introduit des obligations inédites pour les opérateurs, les parents et les autorités, dans un contexte de montée des risques liés aux usages numériques.