El Niño 2026 : pourquoi son impact sur le Maroc est largement surestimé
L’Organisation météorologique mondiale prévoit une transition vers le phénomène El Niño entre mai et juillet 2026. Alors que le débat sur son influence climatique resurgit, la Direction générale de la météorologie (DGM) souligne que son impact sur le Royaume demeure limité, loin de certaines idées reçues.
Le système El Niño-Oscillation australe (ENSO) est connu pour libérer d’importantes quantités de chaleur de l’océan Pacifique vers l’atmosphère. Ce processus, combiné aux émissions de gaz à effet de serre, contribue à l’augmentation des températures à l’échelle mondiale. Au Maroc, toutefois, cet effet reste modéré, en particulier durant l’été, période où les conditions météorologiques sont principalement déterminées par des mécanismes régionaux.
La DGM met en garde contre une lecture simplifiée associant systématiquement El Niño à la sécheresse et La Niña à des conditions plus humides. Les observations récentes contredisent cette opposition binaire. Entre 2020 et 2024, le Maroc a ainsi connu une sécheresse marquée malgré la succession d’épisodes La Niña, supposés favoriser des précipitations plus abondantes.
Plusieurs éléments expliquent pourquoi l’ENSO ne constitue pas un indicateur déterminant pour le climat national. Son influence géographique demeure limitée, touchant principalement les zones arides du Sud, comme Laâyoune, Dakhla ou Ouarzazate, et s’avère quasi inexistante dans le Nord et le Centre. Sur le plan saisonnier, un effet peut apparaître au printemps, mais il est absent en été, tandis qu’en hiver d’autres facteurs dominent, notamment l’Oscillation nord-atlantique (NAO).
L’impact d’El Niño dépend en outre de son interaction avec d’autres modes climatiques, tels que l’Oscillation atlantique multidécennale (AMO) ou la Oscillation décennale du Pacifique (PDO). La DGM relève également que le Maroc semble plus sensible à certaines configurations spécifiques du phénomène, notamment celles issues du centre du Pacifique.

Le changement climatique global tend par ailleurs à affaiblir les corrélations historiques entre ces cycles et le climat régional. Selon les études citées, l’influence de ces phénomènes sur l’Europe et ses environs aurait fortement diminué depuis la fin des années 1970.
En définitive, l’influence d’El Niño sur le Maroc existe, mais elle demeure indirecte, partielle et saisonnière. Pour la DGM, ce phénomène ne peut être appréhendé comme un facteur isolé décisif. Il doit être intégré dans un ensemble plus large d’indicateurs climatiques afin d’améliorer la fiabilité des prévisions.
El Niño est un phénomène océanique et atmosphérique périodique caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial, qui entraîne des perturbations climatiques à l’échelle mondiale. Il survient généralement tous les deux à sept ans et se distingue par une élévation des températures de l’eau dans la partie orientale du Pacifique sud.
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