Mondial 2026. Et si Aguerd venait à manquer, quelles solutions en défense centrale ?
Incontournable dans l’axe, Nayef Aguerd reste une référence à son poste. Mais dans l’hypothèse de son absence lors de la Coupe du monde 2026, plusieurs profils émergent pour recomposer la charnière centrale. Tour d’horizon des associations les plus crédibles, illustrées par notre outil interactif.
Nayef Aguerd est incertain pour la Coupe du monde 2026. Une éventualité qui oblige déjà le staff de l’équipe nationale à envisager des alternatives crédibles afin de former une charnière centrale qui tienne la route.
Avec seulement deux matchs au programme avant le match d’ouverture du groupe C face au Brésil, le samedi 13 juin à New York, la défense sera de toute manière expérimentale par manque de temps et de vécu.
Certes, on n’en est pas encore là. Il y a encore une chance que Nayef Aguerd traverse l’Atlantique avec ses coéquipiers. Déjà absent du premier rassemblement de l’ère Mohamed Ouahbi, en mars dernier, le Marseillais est actuellement dans une situation délicate.
Touché par une pubalgie depuis plusieurs mois, Nayef Aguerd avait pris la décision d’être opéré, en espérant revenir pour la fin de saison en L1 et pour être fin prêt pour le Mondial.
Mais si l’intervention chirurgicale s’est bien passée, "il y a eu une petite inflammation osseuse. On travaille en collaboration avec la FRMF (Fédération royale marocaine de football) pour faire en sorte de diminuer l’inflammation", a expliqué son entraîneur, Habib Beye. "C’est une petite complication, mais on est assez confiants au sujet de sa convalescence. Mais on ne sait pas quelle est la date de son retour exactement".
Une prise de parole attendue, porteuse d’espoir, mais sans plus. Car quand bien même le Marocain se remet de son inflammation, il faut également prendre en considération le temps de la rééducation pour le revoir sur le terrain.
Dès lors, il paraît assez peu probable qu’il refoule les pelouses de Ligue 1, alors qu’il reste quatre matchs aux Marseillais pour clore leur saison.
Ce serait un sacré coup dur pour le Maroc. En tout cas, le sélectionneur national, Mohamed Ouahbi, n’est pas resté les bras croisés dans l'attente d'un retour qui prend la forme d’un miracle à mesure que le temps passe.
On suppose que son staff a commencé à plancher sur les options pour pallier le forfait du meilleur défenseur marocain depuis le Mondial 2022. Et les défenseurs convoqués lors de la dernière fenêtre internationale en sont l’illustration.
En effet, le technicien marocain piochera parmi les centraux qui ont pris part au nul contre l’Équateur (1-1), puis au succès face au Paraguay (2-1). Il s’agit notamment de :
- Issa Diop ;
- Redouane Halhal ;
- Abdelhamid Aït Boudlal ;
- Chadi Riad.
Un quatuor dont les caractéristiques collent parfaitement au prototype des défenseurs centraux de haut niveau.
Des joueurs d’au moins 1m88, voire 1m90 ou plus
Afin d’établir ce constat, Jean-Marc Nobilo, ancien directeur technique de l’Académie du Havre et du Paris Football Club, et ex-sélectionneur du Bénin (2010), met en avant trois critères essentiels pour disposer d’une défense centrale performante :
- la taille ;
- le pied fort ;
- la complémentarité des profils.
S’agissant du premier critère, il suffit de jeter un coup d’œil sur les charnières centrales les plus performantes en sélection comme en club pour s’en persuader.
"Une charnière solide, c’est souvent deux joueurs d’au moins 1m88, voire 1m90 ou plus", affirme-t-il. Un élément corroboré par les joueurs récemment appelés par Mohamed Ouahbi.
Si l’on met de côté Ismaïl Baouf, qui n’a toujours pas enregistré sa première sélection et dont la présence au Mondial est peu probable, les plus petits des joueurs convoqués par Ouahbi pour occuper ce secteur de jeu culminent à 1m87, Chadi Riad et Redouane Halhal en l’occurrence.

Mais la taille ne fait pas tout dans une charnière. La complémentarité en termes de pied fort est tout aussi importante.
Raison pour laquelle "l’idéal, c’est d’avoir un droitier et un gaucher pour bénéficier de plus de facilités en termes de relance et d’orientation du corps", affirme notre interlocuteur.
Cela dit, "avoir deux droitiers, c’est assez courant et pas du tout contraignant", précise-t-il. L’inverse est en revanche beaucoup plus rare au haut niveau.
Et pour cause, il est rare de voir performer au très haut niveau une défense centrale composée de deux gauchers. Tout simplement parce que les défenseurs centraux gauchers sont si rares que la question de leur complémentarité se pose rarement.
Toutefois, il existe toujours des exceptions qui confirment la règle. Le duo Saïss-Aguerd en est une parfaite illustration.
À défaut d’être très impliqués dans la relance en position basse, notamment Nayef Aguerd qui évoluait axe droit, ils ont été performants car ils se complétaient parfaitement sur d’autres aspects. Grâce à l’expérience et au vécu de Romain Saïss, qui ont permis à Aguerd de jouer plus libéré et sûr de lui.
Néanmoins, on imagine mal le sélectionneur national prendre un tel risque sans avoir le temps nécessaire pour permettre à ses centraux de créer du liant et des automatismes entre eux.
Même si en sélection, il n’y a que des joueurs de très haut niveau. En ce sens, "il est possible de créer des automatismes en deux ou trois rassemblements. L’osmose peut se créer rapidement si les profils sont bien choisis. Ce qui semble être le cas", assure Jean-Marc Nobilo.
Or, justement, le staff de l’équipe nationale manque de temps. En tout cas, Mohamed Ouahbi a fait confiance en mars dernier à deux gauchers (Chadi Riad et Abdelhamid Aït Boudlal) et à autant de droitiers (Issa Diop, Redouane Halhal).
Une façon de se donner assez d’options en vue du Mondial 2026. D’autant que les profils desdits joueurs sont assez complémentaires. C’est d’ailleurs le dernier critère nécessaire à la formation d’une charnière performante.
"Il faut que l’un des deux soit un joueur d’impact, solide dans le duel, explosif et capable de bien gérer la profondeur, tandis que l’autre doit exceller dans le placement, la lecture du jeu, l’anticipation et la première relance. C’est cette répartition des rôles qui crée une charnière équilibrée", conclut Jean-Marc Nobilo.
Formez votre charnière à travers notre outil interactif
À la lumière de ces éléments, Médias24 a tenté d’évaluer la complémentarité de plusieurs charnières centrales, en s'appuyant sur six indices clés de performances :
- Duels défensifs gagnés ;
- Duels aériens gagnés ;
- Interceptions par 90’ ;
- Récupérations par 90’ ;
- Passes en avant réussies ;
- Passes longues réussies.
Verdict, la paire Issa Diop-Abdelhamid Aït Boudlal apparaît comme la plus complémentaire. Elle offre l’équilibre idéal entre un droitier dominant dans les duels et un gaucher capable d’anticiper et de relancer proprement.
Solide dans l’impact, fiable dans le jeu aérien et surtout à l’aise dans la sortie de balle, cette association coche toutes les cases du très haut niveau et semble la mieux armée pour compenser l’absence de Nayef Aguerd.
Ce constat est le fruit d’une comparaison chiffrée. Mais cela ne suffit pas pour assurer que c’est LA meilleure charnière.
Il y a aussi d’autres éléments à prendre en compte comme les affinités entre les joueurs en question, ainsi que le profil des latéraux et le modèle de jeu instauré par Mohamed Ouahbi.
Pour faire simple, il n’y a pas de vérité absolue. Toutes les associations ont des avantages et des inconvénients.
Une chose est sûre, par ses choix du mois de mars, Mohamed Ouahbi s’est donné les moyens de former une charnière de haut niveau pendant le Mondial. Même en l’absence de Nayef Aguerd.
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