Et si les supporters marocains devenaient la meilleure pub du Royaume avant 2030 ?
Un projet porté par le LADSIS et le sociologue du sport Dorayde Belbaraka veut profiter de la Coupe du monde de football 2026 pour mobiliser les supporters marocains en déplacement et la diaspora d’Amérique du Nord. Objectif, préparer dès maintenant l’édition 2030, en misant moins sur les infrastructures que sur l’hospitalité, les rencontres et l’image humaine du Maroc.
C’est un changement de paradigme que propose ce projet. Celui de passer d'une vision centrée sur les infrastructures, le patrimoine et les paysages à une approche fondée sur le capital humain, les valeurs d'hospitalité et le savoir-vivre. L'ambition est de capitaliser sur le potentiel relationnel du supporterisme propre aux grands événements sportifs, où des dizaines de milliers de citoyens venus des quatre coins du monde se réunissent pour partager un même langage, fondé sur la passion, le voyage et la fête.
L'idée centrale est de profiter de la Coupe du monde 2026 pour engager dès maintenant une dynamique de préparation humaine et sociale de l'édition 2030. Non pas pour "promouvoir le Maroc" au sens d'une campagne touristique traditionnelle, mais pour faire découvrir aux supporters du monde entier les Marocains eux-mêmes : leur hospitalité, leur convivialité, leur manière de vivre le football.
Le projet repose sur trois leviers simultanés.
D'abord, une étude sociologique conduite par le Dr Dorayde Belbaraka et son collègue le Dr Zakaria Kadiri, directeur du Laboratoire de recherche sur les différenciations socio-anthropologiques et les identités sociales (LADSIS), qui analysera les profils, les motivations et les pratiques des supporters marocains en déplacement, tout en établissant des contacts avec les représentants d'autres délégations de supporters, afin de mieux comprendre leurs attentes et leurs représentations du Maroc.
Ensuite, une mobilisation citoyenne : les supporters marocains voyageant via les vols spéciaux organisés pour la compétition, ainsi que la diaspora installée en Amérique du Nord, deviendraient des ambassadeurs actifs, fédérés autour d'une dynamique collective visant à faire connaître le Maroc auprès des autres communautés de supporters présentes à la compétition. Ainsi, "la campagne engagée dès 2026 se veut une contribution destinée à déclencher une réflexion durable chez les publics internationaux du football sur la possibilité de séjourner au Maroc durant la Coupe du monde 2030, mais également sur l'opportunité de découvrir le pays avant ou après cet événement".
Enfin, le développement d'outils concrets. Un Book d’hospitalité Maroc et une application mobile collaborative permettront de centraliser et d'enrichir progressivement ces informations jusqu'en 2030. Le Book mettra en valeur les territoires, les cultures, les traditions, les expériences humaines, les possibilités de séjour, les itinéraires touristiques, les moyens de transport, ainsi que les différentes formes d'accueil susceptibles d'être proposées aux visiteurs internationaux.
Identification des publics prioritaires
L'objectif, à terme, est de concentrer les efforts sur les publics qui se distinguent par "leur forte mobilité, la durée importante de leurs séjours et leur capacité à consacrer des budgets conséquents aux événements sportifs". C'est notamment le cas des supporters brésiliens, argentins et mexicains, animés d'une ferveur comparable à l'engouement des Marocains pour le football, et qu'on a pu voir en grand nombre lors des éditions de la Coupe du monde des clubs organisées au Maroc.
Ces trois publics bénéficient naturellement d'une proximité linguistique avec le Portugal et l'Espagne, co-organisateurs avec le Maroc de la Coupe du monde 2030. Le pari marocain repose néanmoins sur la "singularité marocaine" : l'opportunité pour ces publics de vivre une expérience humaine originale et de s'immerger dans un univers culturel authentique.
"Là où certains publics trouveront en Espagne ou au Portugal une proximité culturelle et linguistique, le Maroc leur offrira la découverte d'un univers humain, culturel et social inédit au sein d'une même Coupe du monde", estime Dorayde Belbaraka.
Un pari sur le capital humain
Ce projet vise à "faire de la Coupe du monde 2026 une étape de préparation humaine, sociale et culturelle en vue de la Coupe du monde 2030. À travers l'étude des supporters, la mobilisation des citoyens marocains, l'implication de la diaspora, la création d'outils de communication et le développement de réseaux internationaux de supporters, il cherche à faire émerger une dynamique durable autour du Maroc".
L'ambition portée par ce projet est de "susciter chez les publics du football mondial l'envie de découvrir le Royaume, de rencontrer les Marocains et, à terme, de choisir le Maroc comme destination privilégiée pour vivre l'expérience de la Coupe du monde 2030".
"Si les infrastructures accueillent les visiteurs, ce sont les relations humaines qui les fidélisent", conclut Dorayde Belbaraka.
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.