Le groupe scolaire Massignon s'explique sur son controversé projet numérique
Après une vague de protestations des parents d'élèves contre un projet de "classes numériques" adopté par le groupe scolaire Massignon à Casablanca, la proviseure de l'établissement nous livre les détails de ce projet controversé.
Déjà adopté pendant l'année scolaire 2017 pour certaines classes, le projet "Moodle" porte sur le remplacement des manuels scolaires par des tablettes.
Dans une lettre adressée, le 1er juin dernier, au directeur général de la Mission laïque française (Mlf), les parents avaient déploré "une décision unilatérale et un manque de communication, de considération et de concertation de la part de la direction".
Contactée par Médias 24, la proviseure du groupe scolaire Massignon, Catherine Bellus, affirme que l’annonce a été faite "dès la rentrée 2017 dans les instances officielles de l’établissement et en assemblée générale des fédérations de parents d’élèves".
"En 2014 et 2015, la Mlf a consacré deux congrès au numérique pédagogique. C’est dire si cette idée n’est pas celle de Massignon mais, s’inscrit logiquement dans une démarche mondiale et le déploiement se fait au rythme du projet spécifique de chaque établissement. Ce projet global est accompagné par le siège de la Mlf dans ses compétences techniques et pédagogiques", ajoute Mme Bellus.
Pour Massignon, ce projet a déjà été initié du temps d’Aïn Sbaâ (Ndlr: le groupe est actuellement situé à Bouskoura) grâce à des "classes tablettes". A ce jour, le lycée possède 6 classes mobiles numériques. Depuis la rentrée 2017, deux classes pilotes (une en cinquième et une en seconde) expérimente une pédagogie numérique au service des apprentissages. Des enseignants ont été formés toute l’année. Ils se servent de la plateforme numérique "Moodle" pour faire vivre des contenus disciplinaires grâce à une pédagogie interactive à l’aide des outils numériques, poursuit la même source.
"L’expérience étant concluante (élèves, enseignants et parents), nous avons choisi de généraliser le dispositif aux CM1, 5e et 2nde à la rentrée 2018".
"Le développement de la pédagogie numérique fait partie de l’axe 1 du projet d’établissement élaboré à l’automne 2016 et voté à l’unanimité au conseil d’établissement de juillet 2017. Nous comprenons l’inquiétude des parents. Cependant, nos élèves font déjà leurs devoirs depuis longtemps à travers l’outil numérique, ils consultent leur emploi du temps, ils reçoivent toutes les informations de l’établissement via l’outil Pronote. Les manuels scolaires ne sont qu’une infime partie de la pédagogie numérique qui permet interactivité, motivation et curiosité scolaires ainsi qu’une plus grande différenciation pédagogique", explique la proviseure.
"L’axe 2 du projet d’établissement est "la prise en charge de l’élève dans sa globalité". Dans ce volet, la santé, dont la santé numérique fait partie, est placée comme objectif majeur. En effet, notre projet numérique a aussi pour objectif une éducation au numérique. Je pense notamment aux addictions aux jeux vidéos, à la navigation guidée sur internet, les temps d’exposition aux écrans avant l’endormissement… Tout ceci fait et fera l’objet de formation, de conférences et de débats tant le sujet est important et prioritaire pour toute la communauté éducative".
Les classes concernées pour la rentrée seront les CM1, les cinquièmes et les secondes. L’outil servira pendant les 3 années que durera chaque cycle. "Pour arriver à la finalisation du projet, nous nous sommes inspirés des expériences menées dans l’établissement depuis plusieurs années et dans d’autres écoles".
"Tout ceci a fait l’objet d’une information régulière dans les instances et notamment au conseil d’établissement et aux conseils d’école. Un comité numérique a travaillé pendant de longs mois. Nous avons rendu ses conclusions aux fédérations des parents d’élèves que nous avons accompagnées dans la rédaction d’un cahier des charges technique, puis dans la constitution d’un appel d’offre jusqu’à l’ouverture des plis.
"Un fournisseur, des services et une modalité de financement ont été discutés et choisis par les fédérations en accord avec l’établissement.
"L’établissement a par ailleurs invité à une réunion tous les parents des élèves concernés et a répondu à toutes les questions légitimes des familles car nous comprenons les inquiétudes de celles-ci face à ce changement et cette évolution significative dans les apprentissages. Si les familles ont encore besoin d’être rassurées où d’obtenir des précisions, nous restons à leur disposition pour évoquer avec eux le déploiement du dispositif. Cet engagement s’inscrit dans le temps et sur plusieurs années", conclut Mme Bellus.
Lire aussi: Les parents d'élèves contestent un projet numérique du groupe scolaire Massignon
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