L'argent des élections: au moins 4 MMDH seront dépensés
Selon nos estimations, le coût global des élections législatives de 2016 sera d’au moins 4 MMDH en 2016. Le montant en question inclut non seulement les dépenses de l’Etat, mais également celles des partis et des candidats.
Prenons tout d’abord, les dépenses que supportera l’Etat lors de l’organisation de ces élections. Une source gouvernementale autorisée nous a annoncé que les dépenses en question s’élèvent à 1MMDH. Notre source a refusé d'en fournir les détails. Ces dépenses qui figurent au budget 2016, sont effectuées par le ministère de l'Intérieur.
Sollicité par nos soins pour fournir la ventilation des dépenses, l'Intérieur n'a pas répondu.
Essayons toutefois de reconstituer les différents postes de dépenses:
1/ L’Etat a annoncé, par arrêté publié au Bulletin officiel, une contribution au financement des campagnes électorales à hauteur de 200 MDH, portée très récemment à 250 MDH. Un simple calcul fait ressortir que chaque siège au parlement coûte plus de 600.000 DH au contribuable. Exactement 632.911 DH.
Cette contribution étatique sera distribuée par versement forfaitaire de 750.000 DH par parti participant aux élections. Le second versement sera effectué en deux tranches, en tenant compte de divers facteurs: voix obtenus, nombre de sièges ainsi que la représentation féminine.
2/Outre le financement des campagnes électorales, les dépenses électorales étatiques incluent d’autres postes, liés à l’organisation et à la logistique qui accompagnent les élections législatives. Il s’agit, entre autres, des postes de dépenses suivants:
- les campagnes de communication menées pour l’inscription sur les listes électorales, la création et maintenance des sites web créés à l’occasion des élections;
- la gestion des listes électorales, l'impression et la livraison des cartes d’électeurs;
- l’aménagement et l’entretien des bureaux de vote;
- les dépenses de personnel et indemnités: agents des bureaux de vote, forces de l’ordre, etc.
- les logiciels de traitement des résultats.
Le montant global de ces dépenses atteint 1 MMDH, comme avancé par notre source.
Dépenses des candidats
Outre les dépenses étatiques, il y a les dépenses propres aux partis et aux candidats. Pour assurer une égalité des chances entre ceux-ci, le plafond des dépenses électorales autorisées par candidat a été fixé à 500.000 DH. Chaque candidat est censé s'en justifier au plus tard 15 jours après le scrutin. On peut supposer que certains candidats dépenseront moins et d'autres plus que cette somme. Nous avons donc arbitrairement retenu le montant de 500.000 DH comme moyenne par candidat.
Au cours des législatives de 2011, 7.100 candidats se sont présentés. Si l’on retient le montant de 500.000 DH, cela représente donc un montant global de 3,5 MMDH de dépenses. Un parti qui présente 100 candidats aux élections dépensera donc 50 MDH. Toutes ces dépenses ne sont pas obligatoirement prises en charge par le parti: la majeure partie sera prise en charge par les candidats eux-mêmes.
Les budgets-type des campagnes électorales varient, selon les tailles et les populations-cible de chaque circonscription, et il faut dire que le plafond imposé par l’Intérieur ne tient pas compte de ce facteur. En France par exemple, lors des législatives de 2012, ce plafond a atteint 38.000 euros, augmenté d’un ratio 0,15 euro par habitant de la circonscription.
Ceci dit, les principaux postes de dépenses des campagnes électorales sont les suivants:
- Ressources humaines: Il s’agit du personnel veillant à la distribution des flyers, à l’organisation des meetings, à la logistique des candidats et à la présence dans les bureaux de vote le jour du scrutin.
- Impression: tracts, affiches publicitaires, impressions sur t-shirts, casquettes ou badges.
- Logistique: transport, nourriture, hébergement, salles, chaises, éclairage et sonorisation, etc.
- Communication: presse, digital, affichages, etc.
Ceci dit, le plafond de 500.000 DH est souvent dépassé, soulignent des acteurs de la scène politique contactés par nos soins. Si on retient 500.000 DH par candidat, nous dépassons les 3,5 MMDH sur la base de 7.100 candidats comme l'année dernière.
A titre de comparaison, en France, durant les législatives de 2012, le total des dépenses déclarées par les candidats n’a pas dépassé les 800 MDH.
Source: Rapport d'information n° 123 (2015-2016) du Sénat
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