Reportage. 150 nouvelles caméras de télésurveillance urbaine à Casa
EXCLUSIF. La capitale économique compte s’équiper, à terme, de 780 caméras pour réguler le trafic routier et améliorer le taux d’élucidation des crimes commis sur la voie publique. Grâce au soutien de la DGSN, Médias24 a pu constater l’état d’avancement de ce chantier entrepris par la préfecture de police de Casablanca qui veut suivre les traces de Londres, capitale mondiale de la télésurveillance.
Devant l’explosion du nombre de véhicules qui impacte la fluidité du trafic routier et la hausse de la criminalité urbaine, 150 nouvelles caméras de dernière génération ont été disséminées dans tous les points noirs de la Casablanca pour un meilleur maillage routier et sécuritaire.
La ville disposait déjà de 60 caméras d'anciens modèles, mobiles et capables d'offrir une vision à 360 degrés. Avec les 150 nouvelles, le parc passe donc à 210 caméras de surveillance et continuera à s'étoffer pour atteindre 780 unités.
Pour le moment, le poste de commandement est localisé dans une grande salle de la préfecture de police située Bd Zerktouni. Il exploite les images, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, emploie quatre équipes différentes de 4 techniciens spécialisés qui se relayent, ce qui fait un total de 16 personnes chargées de la télésurveillance de la ville de Casablanca.
150 nouvelles caméras et un PC flambant neuf bientôt fonctionnels
Entre les 60 anciennes et les 150 qui entreront bientôt en service, la préfecture disposera de 210 caméras qui permettront de faciliter la fluidité de la circulation et lutter contre la criminalité de rue.
Pour exploiter ces nombreuses caméras, un nouveau poste de commandement mitoyen de la préfecture a été construit sur 4 niveaux pour accueillir la nouvelle salle de contrôle de la circulation et de la sécurité du Grand Casablanca.
Ce bâtiment quasi-prêt dispose d’un RDC pour les réceptions de la wilaya, de deux étages servant de dortoir pour les renforts venant d’autres régions du Maroc, d’un 3e étage qui loge les serveurs informatiques des caméras Wifi et d’un 4e qui accueille un mur d’images de 40 écrans HDMI de 32 pouces et d’une résolution de 14 mégapixels.
Dans ce nouveau centre qui fonctionne 7/7J et 24/24, 4 équipes de 30 opérateurs qui travailleront huit heures par jour seront chargées de traiter les images soit un total de 120 techniciens de l’image, sans compter deux superviseurs par équipe.
En attendant l'inauguration royale que l’on dit imminente, la préfecture dispose pour l’instant de 60 caméras fonctionnelles mais ce nombre est appelé à être décuplé dans les années à venir. Le nouveau PC qui traitera dans un 1er temps les images des 210 caméras a été prévu pour se connecter, à terme, avec un millier d’outils de télésurveillance.
A terme, 780 caméras surveilleront les 12 districts de Casablanca
Ce sont les conseils de la ville et de la région qui passent les marchés et acquièrent les matériels; ils ont ainsi débloqué 85 millions de DH. Nos interlocuteurs de la DGSN avancent que 780 caméras seront installées dans les 12 districts de Casablanca mais le délai n’est pas encore connu car les marchés complets d’acquisition n’ont pas été lancés par la wilaya et la SDL.
Hormis le nouveau poste de commandement qui centralisera les images de toute la ville, la DGSN a prévu de brancher, à l’avenir, chaque grand commissariat aux caméras de surveillance de son district.
Opérationnelles au plus tard début 2018, les 210 caméras déjà installées ne seraient que le début d’un processus qui vise à généraliser l’utilisation de ces outils à l’image de la ville de Londres qui détient le record mondial en termes d’équipement de surveillance (1 caméra pour 14 habitants).
Si personne à la DGSN n’a pu nous fournir un agenda détaillé sur l’installation des futures caméras, nos interlocuteurs espèrent que Casablanca sera aux normes européennes dans quelques années.
Des caméras évolutives qui faciliteront le travail de la police
Avec les progrès de la technologie, ces caméras intelligentes pourront accomplir de plus en plus de tâches grâce à l’ajout de logiciels qui faciliteront la mission des éléments de la sécurité urbaine.
Si au départ, leur fonction était de surveiller le trafic routier (bouchons, accidents …) pour le réguler, elles pourront à l’avenir reconnaître des véhicules signalés (fausse plaque d’immatriculation ou voitures volées) et donner l’alerte aux patrouilles de police qui se trouvent à proximité.
Ces caméras pourront également reconnaître automatiquement des infractions au code de la route (non-respect de feu rouge, sens interdit) et envoyer des contraventions aux contrevenants.
Concernant la lutte contre la petite criminalité, ces caméras équipées d’un logiciel de reconnaissance faciale permettront d’identifier les auteurs d’agressions ou de troubles dans l’espace public (à proximité des stades de foot …). Branchées aux bases de données des délinquants fichés à la DGSN, les clichés des caméras seront d’un grand secours pour traquer et interpeller les auteurs de méfaits.
A terme, la ville de Casablanca devrait donc devenir la vitrine de la télésurveillance au Maroc même si un (timide) effort d’installation est actuellement en cours de réalisation dans d’autres villes du pays.
Ci-après, des images filmées par Médias24 dans l'actuel poste de traitement des 60 caméras disséminées à travers Casablanca. A rappeler qu'il sera remplacé par un poste flambant neuf et ultra-moderne dans un proche avenir.
La télésurveillance commence à se développer après 25 ans d’existence
La télésurveillance urbaine au Maroc remonte à 1992, date à laquelle la DGSN avait installé une cinquantaine de caméras à Casablanca pour sécuriser le parcours du Roi Hassan II qui entrait dans la ville à partir de Rabat. A l’époque, le dispositif était constitué de caméras en noir et blanc statiques (de marque Thomson) destinées à prévenir les risques d’incidents sur le chemin du cortège royal.
Si quelques villes comme Rabat, Marrakech ou Fès sont équipées de (rares) caméras, les installations croissantes de caméras à Casablanca sont peut-être le prélude d’une politique de généralisation de la télésurveillance au Maroc.
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