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Dans la santé ou le social, la crainte d'être “exclu” des aides au carburant

Dans la santé ou le social, la crainte d'être “exclu” des aides au carburant
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Le 22 avril 2026 à 14h28

Aides à domicile, aides-soignantes, infirmières... L'aide promise aux gros rouleurs pour l'achat de carburant suscite le scepticisme dans le milieu de la santé et du social, nombre de travailleurs craignant d'en être exclus par des règles d'éligibilité trop restrictives.

"Le gouvernement dit +on fait quelque chose+ mais il s'est bien débrouillé pour que ça touche peu de monde", estime auprès de l'AFP Elodie Papin, secrétaire FO Action sociale dans le Maine-et-Loire.

Face à la flambée des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient, l'exécutif a annoncé mardi une aide visant trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", en plus d'aides ciblées sur certains secteurs comme l'agriculture ou le transport routier.

Pour être éligibles, les automobilistes doivent faire partie de la moitié des Français les moins aisés - jusqu'à 17.000 euros nets annuels pour une personne seule, 50.000 euros pour un couple avec deux enfants - et soit travailler à 15 kilomètres minimum de leur domicile, soit parcourir 8.000 kilomètres par an.

Cette "aide forfaitaire" de "50 euros par personne" pour une "durée de trois mois" (avril-mai-juin), équivaut à environ "20 centimes par litre" pour ceux qui roulent 8.000 km par an, et sera "versée en juin", a précisé sur Europe 1 la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon.

"Je me réjouis que les aides-soignants et les aides à domicile puissent (en) bénéficier", a salué sur "X" la ministre de la Santé Stéphanie Rist.

Mais "beaucoup ne seront pas éligibles !", réplique Pascal Mazet, aide-soignant à l'hôpital de Decazeville (Aveyron) et représentant CGT: "un revenu de 17.000 euros annuels, c'est 1.417 euros net mensuels. Nous qui travaillons à l'hôpital, en Ehpad, la nuit, le dimanche, (...) on touche 1.700 à 1.800", explique-t-il.

L'aide concernera "peu de personnes", surtout "des salariés à temps partiel", renchérit Mme Papin. "Dans nos branches, notamment pour les aides-soignantes, ou auxiliaires de puériculture" le salaire moyen "est juste au-dessus" du seuil choisi, dit-elle.

Et pour les personnes éligibles, "20 centimes par litre, c'est dérisoire", regrette Mme Papin.

- Conditions floues -

"C'est ridicule", abonde M. Mazet, dont des collègues ont vu leurs frais de carburant récemment augmenter de "350 à 400 euros mensuels"."Certains se disent +ça ne vaut plus le coup d'aller bosser" et hésitent "à se mettre en arrêt", soupire-t-il.

Autre catégorie de travailleurs, les aides à domicile, employées par des entreprises ou associations et souvent à temps partiel, sont susceptibles d'en bénéficier.

Elles "roulent énormément, surtout en milieu rural", "payent directement à la pompe" et sont remboursées en fin de mois via des "indemnités kilométriques", qui "ne sont pas à la hauteur des prix actuels du carburant", souligne Laurence Jacquon, directrice adjointe de l'ADMR, l'un des principaux réseaux associatifs employeurs.

"On demandait un coup de pouce" et "on se réjouit de ces annonces", mais "il faudrait que ce soit versé rapidement, c'est maintenant qu'elles ont besoin de faire le plein", ajoute-t-elle.

Directrice de la fédération d'employeurs UNA, Anne Cousin salue aussi cette aide mais trouve à les conditions "floues". "Il faudra voir" qui y a droit, car certaines entreprises organisent volontairement les tournées "dans un secteur relativement restreint, proche du domicile des salariées" et le seuil de 8.000 km ne sera pas forcément atteint, estime-t-elle.

Les plafonds de revenus n'ont pas encore été précisés pour certaines catégories, comme les parents célibataires, ou les couples sans enfant, soulignent plusieurs syndicalistes.

Enfin, chez les infirmières, qui seront exclues de ces mesures par leurs revenus supérieurs, la colère domine. "En moins d’un mois, la profession a été écartée à trois reprises" des dispositifs annoncés par le gouvernement, déplore le premier syndicat représentatif des infirmiers libéraux, la FNI, dans un communiqué, se jugeant "méprisé".

"Pour mes consoeurs en déserts médicaux" qui doivent parfois parcourir 200-300 km quotidiens, "c'est très injuste", déplore Anne-Gaëlle Kramer, représentante du collectif des infirmiers libéraux en colère. Elle craint que certaines soient bientôt "contraintes de sélectionner, choisir d'aller voir des patients et pas d'autres".

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Le 22 avril 2026 à 14h28

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