Hermès remplit ses objectifs de vente 2015 mais est beaucoup plus incertain pour 2016
Le groupe de luxe Hermès a réalisé des ventes conformes à ses objectifs en 2015 mais prévient déjà qu'il pourrait ne pas les atteindre en 2016 en raison des incertitudes économiques et géopolitiques.
Cette annonce a fait plonger le titre mercredi matin à la Bourse de Paris, Hermès perdait ainsi 3,83% à 9H25 (8H25 GMT), à 286 euros.
Le chiffre d'affaires annuel du sellier-maroquinier a atteint les 4,84 milliards d'euros, en progression de 17,5% en données publiées. Cette hausse s'établit à 8,1% à taux de change constants, soit en ligne avec l'objectif de croissance "de l'ordre de 8%" qu'il s'était fixé pour l'année et pour le moyen-terme.
En revanche, il prévient qu'"en raison des incertitudes économiques, géopolitiques, et monétaires dans le monde", la croissance de ses ventes en 2016 "pourrait être inférieure" à cet objectif.
Les ventes 2015 d'Hermès sont légèrement supérieures au consensus établi par le fournisseur de données financières Factset, qui tablait sur 4,823 milliards.
Le groupe ne publiera ses résultats annuels que le 23 mars. Il indique cependant attendre une rentabilité opérationnelle "proche de celle atteinte en 2014 (31,5%) malgré l'impact des parités monétaires", alors qu'il estimait jusqu'à présent que cette rentabilité serait "inférieure".
Au total, l'évolution des taux de changes a représenté un impact positif de 289 millions d'euros sur le chiffre d'affaires, précise Hermès.
Pour le seul quatrième trimestre, le chiffre d'affaires s'affiche à 1,39 milliard d'euros, en progression de 7,2% en données organiques - contre respectivement +7,9%, +9,7% et +8% lors des trois trimestres précédents.
"La progression est restée solide au quatrième trimestre, en dépit de l'impact sur les ventes de fin d'année" des attentats du 13 novembre "en France, et dans une moindre mesure, en Europe", tient à souligner le fabricant des célèbres carrés de soie.
- Le Japon tire la croissance en Asie -
Les ventes dans l'Hexagone (14% du chiffre d'affaires total) ne progressent que de 1% au dernier trimestre de l'année, contre un bond de 11,5% au troisième trimestre. Et pour l'Europe toute entière, cette croissance est de 7%, contre 14,8% au troisième trimestre.
Pour Arnaud Cadart, analyste Luxe chez CM-CIC, Hermès "est parvenu à compenser au moins partiellement le faible niveau d’activité à Paris après la mi-novembre, à la suite des attentats. Le ralentissement au quatrième trimestre est très relatif et purement conjoncturel. Le groupe reste en capacité de surperformer durablement le marché du luxe", selon lui.
Dans les autres zones géographiques, le groupe salue "l'excellente performance" du Japon qui progresse de 18,3% et vient gonfler les ventes de la région Asie-Pacifique qui sans lui ne progresserait que de 5,1%, toujours en raison du "contexte difficile" à Macao et Hong Kong.
La région Amériques (+6,8%) "poursuit sa croissance, malgré un environnement contrasté et une base de comparaison élevée".
Par métiers, l'activité maroquinerie et sellerie, la première d'Hermès avec 47% du chiffre d'affaires, progresse de 12,6% et "a été soutenue par la montée en puissance des capacités de production des deux nouveaux sites en Isère et en Charente", selon le communiqué.
La division vêtements et accessoires (23% des ventes) enregistre une hausse de 7,8% sur l'année et bénéficie entre autres "du dynamisme des accessoires de mode, notamment les chaussures".
Le métier des soies et textiles se replie de 0,5%, "particulièrement affecté par les évènements de fin d’année en France".
Le groupe a par ailleurs annoncé le versement d'un acompte sur dividende de 1,50 euro par action.