HSBC: la conjoncture mondiale a pesé sur le bénéfice en 2015
HSBC a publié lundi une perte avant impôts inattendue au quatrième trimestre qui a pesé sur ses résultats annuels, le géant bancaire pâtissant des "bouleversements" de la conjoncture mondiale, parmi lesquels la chute des matières premières.
Le bénéfice net annuel du groupe, qui vient d'annoncer qu'il ne transférerait pas son siège de Londres à Hong Kong, est ressorti à 13,52 milliards de dollars, une baisse de 1,2%, selon un communiqué.
Le président de la banque, Douglas Flint, a qualifié cette performance de "globalement satisfaisante", en dépit d'un bénéfice avant impôt de 18,9 milliards de dollars en 2015 alors que les analystes tablaient sur 21,8 milliards.
HSBC enregistre au quatrième trimestre une perte avant impôts de 858 millions de dollars, alors que cinq analystes interrogés par Bloomberg avaient en moyenne tablé sur un bénéfice avant impôt de 1,95 milliard de dollars.
2015 a été une année compliquée sur le plan économique, en raison de l’effondrement des cours des matières premières lié notamment au ralentissement de la demande dans certaines grandes économies comme la Chine ou encore de mouvements de panique sur les marchés boursiers, en particulier chinois.
"Nous ne nous attendions pas à une perte" au quatrième trimestre, a déclaré l'analyste Jackson Wong, de Simsen Securities.
"Je pense que c'est lié aux difficultés du pétrole et des matières premières", a-t-il ajouté, tout en observant que la banque n'avait pas apporté beaucoup d'explication à cette perte.
Ébranlée par les scandales et des résultats financiers décevants, la banque HSBC avait annoncé en juin qu'elle se séparait de près de 50.000 employés dans le cadre d'un plan de restructuration planétaire, incluant la vente de ses activités au Brésil et en Turquie.
Cette cure d'amaigrissement visait à libérer des moyens afin de permettre à la plus grande banque européenne de s'ancrer davantage en Asie.
- "Environnement cahoteux" -
Le directeur général, Stuart Gulliver, affirme que ces mesures de réduction des coûts ont "d'ores et déjà un impact". "HSBC est maintenant plus svelte", a-t-il dit.
Mais le groupe annonce aussi qu'il conservera finalement ses activités en Turquie.
"Nous avons reçu de nombreuses propositions pour nos activités en Turquie depuis juin, mais aucune n'est apparue comme étant dans l'intérêt des actionnaires. Nous avons par conséquent décidé de conserver et de restructurer nos opérations en Turquie", a déclaré M. Gulliver.
De son côté, M. Flint a indiqué que la cession des activités brésiliennes était presque achevée.
Après 10 mois d'étude, HSBC a par ailleurs annoncé la semaine dernière qu'elle maintiendrait son siège à Londres et ne déménagerait pas à Hong Kong ou ailleurs. Mais M. Flint a également indiqué que le groupe était prêt à transférer un millier d'emplois vers Paris si la Grande-Bretagne votait en faveur d'une sortie de l'Union européenne.
Le titre de HSBC chutait de 3,28% lundi matin vers 10H30 GMT à la Bourse de Londres, qui était dans l'ensemble en nette progression de 1,23%.
Le président du groupe a estimé que le ralentissement économique en Chine impliquerait "un environnement financier plus cahoteux" en 2016, mais que son groupe poursuivrait ses efforts dans ce pays, dont l'économie est de plus en plus orientée vers la consommation.
"Cette transition nous amène à nous focaliser davantage sur les opportunités de croissance qu'offre le Delta de la Rivière des Perles, du fait de la concentration d'entreprises de la high tech, de la recherche et du numérique", a-t-il dit.
En Asie, la banque a aussi indiqué faire l'objet d'une enquête de la SEC, le gendarme de la bourse américaine, sur de possibles pratiques de népotisme. HSBC fait partie d'établissements visés pour ses "pratiques de recrutement de candidats recommandés par ou liés à des responsables gouvernementaux ou employés d'entreprises publiques en Asie-Pacifique".