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Kevin Warsh, du cercle de Trump aux portes de la Fed

Kevin Warsh, du cercle de Trump aux portes de la Fed
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Le 22 avril 2026 à 7h07

Kevin Warsh, auditionné mardi par les sénateurs américains en vue de prendre la présidence de la Réserve fédérale (Fed), est un habitué des milieux d'affaires qui a convaincu Donald Trump qu'il était l'homme de la situation.

M. Warsh, à la dense chevelure brune régulièrement louée par le chef de l'Etat, vient de fêter son 56e anniversaire.

Il a déjà affronté une audience au Sénat pour accéder à la Fed, il y a plus de 20 ans, moins compliquée néanmoins que celle de mardi, où l'opposition démocrate s'est montrée incisive.

Le président républicain d'alors, George W. Bush, l'avait propulsé, à 35 ans, plus jeune gouverneur de l'histoire de la banque centrale.

Il y est resté de 2006 à 2011, jouant un rôle actif dans la résolution de la crise financière de 2008, en étant notamment impliqué dans la vente de Bear Stearns à JPMorganChase, ou celle de Merrill Lynch à Bank of America.

Son mandat allait jusqu'en 2018 mais il avait démissionné en critiquant la poursuite de la politique monétaire très accommodante adoptée pour soutenir la reprise, après la crise financière.

Un geste qui l'avait classé dans le camp des "faucons", terme qui désigne des responsables généralement très attachés à la lutte contre l'inflation et rétifs aux taux bas.

Mais l'étiquette s'est quelque peu décollée au cours de l'année 2025.

- "Porte beau" -

Sans faire mystère de son envie d'être nommé à la Fed, il a plaidé pour une politique monétaire plus souple et défendu plusieurs crédos de l'exécutif, donnant l'impression d'être en campagne auprès du président.

Pendant ce temps, Donald Trump faisait pression sur la banque centrale pour qu'elle baisse les taux. Il tentait aussi d'éjecter l'actuel président Jerome Powell et la gouverneure Lisa Cook, sans que Kevin Warsh paraisse s'en émouvoir.

Lors de son audition, M. Warsh a critiqué la gouvernance de la Fed, estimant que des réformes étaient nécessaires, ainsi que de nouveaux instruments de politique monétaire, au-delà des taux d'intérêt et de l'usage du bilan de la banque.

Donald Trump avait songé à nommer Kevin Warsh à la tête de la Fed dès 2018, pendant son premier mandat. Il avait finalement préféré Powell - choix que le chef de l'Etat a très vite regretté.

En annonçant la nomination fin janvier, Donald Trump a décrit Warsh comme "très intelligent, très bon, plutôt jeune". "Le physique ne veut rien dire mais il porte beau", avait ajouté le président qui aime s'entourer de personnes télégéniques.

- "Préparé" -

Les investisseurs avaient plutôt bien accueilli la nouvelle, semblant considérer qu'il n'agirait pas en cheval de Troie du président et saurait préserver l'institution des interférences politiques.

Mais la sénatrice démocrate Elizabeth Warren a donné le ton de l'audition en le qualifiant de "marionnette du président", estimant que le Sénat ne devait "ni aider ni encourager la prise de contrôle illégale de la Fed par Donald Trump", en validant la nomination de Kevin Warsh.

"Je vais gâcher le suspense, vous serez confirmé", a estimé pour sa part son collègue républicain, Bernardo Moreno.

"Ces auditions sont avant tout du théâtre politique", a rappelé Jai Kedia, chercheur pour le Cato Institute, "au final il fera partie des douze personnes votant sur les taux d'intérêt".

Selon lui, la priorité de M. Warsh est de "réduire le bilan" de la Fed et "comprendre les effets négatifs de l'assouplissement quantitatif", qui consiste à mettre de l'argent dans le système financier pour assurer un bon niveau de liquidité.

Natif d'Albany, dans l'Etat de New York, Kevin Warsh a étudié dans de prestigieuses universités américaines (Stanford, Harvard) et navigue dans un milieu ultra-privilégié.

Il a travaillé plusieurs années pour la banque Morgan Stanley où il a atteint le rang de vice-président.

Il a quitté la banque et le domaine des fusions-acquisitions pour devenir un des conseillers économiques du président George W. Bush, plus particulièrement chargé des flux de capitaux, des marchés financiers et des banques.

C'est à cette époque qu'il a épousé Jane Lauder, héritière de la famille du groupe de cosmétiques Estée Lauder. Un lien familial qui le rapproche de Donald Trump.

Le père de Jane, Ronald Lauder, milliardaire et grand contributeur du Parti républicain, est un ami de jeunesse du président américain et un conseiller occasionnel.

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Le 22 avril 2026 à 7h07

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