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Le Canada cesse ses frappes contre l'EI mais envoie plus de militaires

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Le 8 février 2016 à 18h05

Le Premier ministre Justin Trudeau a annoncé lundi l'arrêt des frappes aériennes canadiennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, jugée comme une stratégie à court terme, afin de privilégier l'aide aux populations de la région.

Dans un long préambule à sa conférence de presse, Justin Trudeau a justifié son changement de politique au Moyen-Orient préférant une aide directe plus importante que simplement six bombardiers.

Les frappes aériennes sont utiles pour obtenir "à court terme des avantages militaires sur le terrain" mais n'assurent nullement "une stabilité pour les populations locales sur le long terme", a expliqué M. Trudeau en rappelant la "décennie très difficile" en Afghanistan où le Canada a joué un rôle important sur la formation des forces de sécurité afghanes.

"Les populations terrorisées quotidiennement par l'EI n'ont pas besoin de notre vengeance, elles ont besoin de notre aide", a ajouté Justin Trudeau en laissant le ministre de la Défense Harjit Sajjan donner le détail du nouveau plan militaire avec le retrait des chasseurs F18 dès le 22 février.

"Compte tenu de l'évolution de la menace et la capacité des forces de sécurité locales, les besoins les plus importants sont maintenant pour une augmentation des capacités de formation et de renseignement", a expliqué M. Sajjan.

En conséquence, le Canada va "tripler le contingent" de ses forces spéciales dédiées à la formation dans le nord de l'Irak. Depuis septembre 2014, 70 membres des forces spéciales canadiennes sont dans le nord de l'Irak et 600 militaires canadiens avaient été déployés pour appuyer les moyens aériens.

Le ministre de la Défense a annoncé le maintien des deux avions de surveillance Aurora chargés de repérer les positions de l'EI pour le compte de la coalition, ainsi que de l'avion de ravitaillement en vol Polaris. Au total, ce sont 830 militaires qui sont déployés en soutien à ces opérations aériennes.

Le Parlement, selon M. Trudeau, est appelé à voter la semaine prochaine sur le nouveau plan d'engagement canadien prolongé jusqu'au 31 mars 2017.

"Nous savons que le Canada est plus fort, bien plus fort, que la menace représentée par une bande de voyous meurtriers qui terrorise les personnes les plus vulnérables sur terre", a déclaré M. Trudeau.

- Aide humanitaire -

C'est pour cette raison que le Canada va aussi augmenter son aide au développement et humanitaire. "Sur les trois prochaines années, nous allons investir environ 1,6 milliard de dollars canadiens (un milliard d'euros) en réponse à la crise en Irak et en Syrie, mais aussi pour répondre aux conséquences en Jordanie, au Liban et dans l'ensemble de la région", a estimé le ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion.

Justin Trudeau a donc respecté sa promesse électorale en mettant un terme aux frappes contre les jihadistes en Irak et en Syrie aux côtés des avions de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.

Cette décision, critiquée par les conservateurs qui, alors au gouvernement, avaient été à l'origine de cet engagement, est pourtant comprise par une majorité des Canadiens.

Selon un sondage de l'institut Nanos publié dimanche dans le Globe and Mail, seulement 29% des Canadiens étaient favorables à la poursuite des frappes canadiennes.

La cheffe du parti conservateur Rona Ambrose a estimé lundi que le retrait des F18 "est un pas en arrière pour le Canada quant au rôle traditionnel de notre pays en tant que défenseur des droits de la personne et de la sécurité internationale".

Paradoxalement, le rythme des frappes des chasseurs canadiens s'était accentué depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, en ligne avec les opérations de la coalition après les attentats de Paris du 13 novembre.

Depuis leur déploiement, les six F18 canadiens ont réalisé 1.356 opérations contre les positions du groupe EI en Irak et en Syrie.

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Le 8 février 2016 à 18h05

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