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Nouvelle-Calédonie: après trois mois de blocage, l'impasse persiste entre Air Calédonie et les îles Loyauté

Nouvelle-Calédonie: après trois mois de blocage, l'impasse persiste entre Air Calédonie et les îles Loyauté
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Le 2 juin 2026 à 10h40

Des collectifs d'habitants des îles Loyauté, en Nouvelle-Calédonie, bloquent les aérodromes depuis le 2 mars pour protester contre un projet de transfert d'aéroport. La reprise annoncée des vols vers Lifou, qui pourraient redécoller mercredi, fait craindre une escalade.

Économie à l'arrêt, parcours de soins interrompus: depuis trois mois, les 18.000 habitants des îles Loyauté et la forte "diaspora" installée sur la Grande Terre sont isolés par le blocage des aérodromes.

Ce mouvement, porté par des collectifs coutumiers, s'oppose au transfert de la compagnie aérienne locale de l'aéroport de Magenta, en plein cœur de Nouméa, vers celui de La Tontouta, distant d'une quarantaine de kilomètres. Les habitants y dénoncent un surcoût du billet et des temps de trajet rallongés.

Quasiment à l'arrêt, Air Calédonie, déjà fragilisée depuis le Covid et les émeutes de 2024, a été placée en redressement judiciaire le 14 avril et joue sa survie. En s'installant à La Tontouta, elle comptait économiser environ quatre millions d'euros par an et capter la clientèle internationale qui y atterrit.

Mais depuis lundi, la compagnie annonce sur son site internet une reprise des vols vers Lifou, la plus grande des trois îles Loyauté. Cette réouverture fait suite à l'appel du grand chef du district du Wetr, Ukeinesoti Sihaze, qui détient l'autorité sur l'aérodrome, bâti sur une terre coutumière.

Le collectif à l'origine du mouvement entend toutefois poursuivre la mobilisation, même si son président, Guillaume Wamynia, a indiqué mardi à la chaîne Nouvelle-Calédonie La 1ère que les manifestants "n'empêcheraient pas les atterrissages".

Le dossier est particulièrement sensible et réveille de vieilles craintes: en 2011, des blocages liés au prix des billets avaient dégénéré en affrontements sur l'île de Maré, faisant quatre morts et plus de 20 blessés.

- Périlleuses traversées maritimes -

Le président du gouvernement calédonien, le loyaliste Alcide Ponga, dont la collectivité est l'actionnaire majoritaire d'Air Calédonie, gère personnellement le dossier et n'entend pas céder. Un retour à Magenta "coulerait la compagnie", avait-il assuré fin février.

Un point de vue que ne partagent pas une partie des élus. Fin mars, des membres du gouvernement ont réclamé dans un courrier un moratoire sur le déménagement, qui permettrait selon eux à la compagnie de reprendre son activité et d'ouvrir le dialogue sur la desserte aérienne.

Dans les îles, la population soutient en majorité le mouvement, malgré les difficultés. Ouvéa, la plus septentrionale et la seule à ne pas disposer d'une liaison maritime régulière, est particulièrement touchée.

Pour rejoindre la Grande Terre, les habitants embarquent désormais sur des bateaux de pêcheurs qui les déposent sur la côte est, d'où des navettes privées les conduisent à Nouméa.

Mis bout à bout, "le voyage prend toute la journée", raconte Drapi Wea, habitant de la tribu de Gossanah, à Ouvéa. Venu deux jours à Nouméa pour des rendez-vous personnels, ce trentenaire y est finalement resté plus d'une semaine, retardé par une pénurie de carburant puis par une houle qui a contraint son capitaine à rebrousser chemin.

"Il faut trouver à se loger, à se déplacer, sans compter le fait d'être séparé de mon fils et de ne pas pouvoir lui dire quand exactement je vais rentrer", souffle ce père de famille, qui s'inquiète pour son île.

"Les hôtels sont vides et des personnes âgées qui auraient besoin de soins renoncent à entamer ce périple", dit-il.

Sans compter les risques: les pêcheurs qui effectuent la traversée ne sont pas habilités à effectuer du transport de passagers et leurs navires ne sont pas adaptés pour la traversée d'une centaine de kilomètres.

Malgré tout, Drapi Wea dit "soutenir le mouvement" et souhaiter qu'Air Calédonie "revienne à Magenta".

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Le 2 juin 2026 à 10h40

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