Revue de la presse quotidienne internationale maghr
Le projet de révision constitutionnelle en Algérie, la grogne sociale en Tunisie et les relations mauritano-maliennes sont les principaux thèmes traités lundi par la presse maghrébine.
A Alger, la presse remet au gout du jour le projet de révision constitutionnelle à la veille de la réunion des deux chambres du parlement pour l'adoption de la nouvelle loi fondamentale du pays.
Le journal El Watan fait savoir que le palais des nations renouera, dans deux jours, "avec l'applaudimètre et croulera sous les applaudissements nourris" des députés de la majorité présidentielle clamant leur adhésion à la révision constitutionnelle.
"Comme à son habitude, depuis une quinzaine d'années, le parlement jouera pleinement son rôle de chambre d'enregistrement", ajoute le journal, estimant que le texte devrait réunir le nombre de voix nécessaires pour sa promulgation grâce aux redoutables machines électorales que constituent les partis du FLN et le RND.
A contrario, le journal Liberté prévoit des moments difficiles pour l'opération du vote, après la réunion tenue la veille par les partis de l'opposition qui veut aller au parlement en rangs serrés.
Du boycott de la séance de vote, au non, toutes les éventualités sont à étudier au sein de cette congrégation des députés de l'opposition, note le journal, qui rappelle la démarche adoptée par l'opposition à l'égard du projet de loi de finances 2016 qui avait fait l'objet d'un tir de barrage de tous les groupes parlementaires, mais surtout des échauffourées inédites dans les annales de l'Assemblée nationale à la suite du passage forcé de ladite loi imposée par les partis du pouvoir.
Le Quotidien d'Oran considère le projet de révision constitutionnelle comme "une nouvelle recette face à un énorme gâchis, une crise multiforme qui sévit partout et les menaces plurielles qui enserrent le pays".
"Triturer encore une fois une loi fondamentale au gré des humeurs passagères aussi dangereuses soient-elles et prédisposer à la hussarde de frais navigateurs n'assure pas le juste tracé de l'itinéraire du peuple", souligne le journal, estimant "incertain que le régime se rende compte que de nouveaux pneus ne suffisent pas pour redémarrer un véhicule dont le moteur est sérieusement en panne".
A Tunis, le journal Assabah indique que les dernières protestations sociales ont révélé des dysfonctionnements dans le modèle économique et l'aggravation du fossé entre les promesses des hommes politiques et les aspirations des jeunes et des catégories sociales démunies.
L'espoir fondé sur la révolution tunisienne a déçu les jeunes qui aspiraient à une meilleure vie et à une relance de l'économie du pays, ajoute le journal.
Le journal Achourouk pointe du doigt la politique de mondialisation suivie par les gouvernements précédents dans les années 90, privilégiant les activités de sous-traitance recourant à une main- d'ouvre moins compétente, sans produire une valeur ajoutée pour le pays, jetant ainsi au chômage des milliers de diplômés.
Le journal Assahifa fait remarquer que si le calme est revenu dans le pays après une semaine de protestations, "le feu couve toujours sous le cendre", appelant le gouvernement à trouver des solutions au problème du chômage, "loin des tiraillements et surenchères politiques".
A Nouakchott, la presse revient sur la réunion de la commission mauritano-malienne chargée de la délimitation des frontières, tenue sous la présidence des ministres de l'intérieur des deux pays.
Le journal indique que le procès-verbal a comporté un certain nombre de recommandations visant la dynamisation des relations fraternelles de coopération existant entre les deux pays, notamment au niveau des zones frontalières, et la poursuite des consultations en vue de la délimitation des frontières et de la facilitation de la circulation des citoyens et de leurs biens ainsi que la sécurisation des frontières et le renforcement de la coordination entre les administrations des deux pays le long de ces zones.
Par ailleurs, la presse évoque le meeting organisé samedi dans la capitale par le Forum national pour l'unité et la démocratie (opposition radicale) pour protester contre la cherté de vie et réclamer une baisse des prix du carburant à la pompe, dans les circonstances actuelles marquées par la chute des cours du pétrole au niveau mondial.
L'élection d'une dirigeante du parti au pouvoir à la tête de l'Union du travail mauritanienne, la plus vieille centrale syndicale dans le pays, retient également l'attention de la presse locale.
(MAP)