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Séparatistes et corruption: Paris et Berlin exhortent Kiev à “ne pas rester au milieu du gué”

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Le 23 février 2016 à 11h22

Les chefs de la diplomatie française et allemande ont exhorté mardi l'Ukraine à poursuivre ses réformes politiques et le processus de paix dans l'Est séparatiste, pour "ne pas rester au milieu du gué" presque deux ans après le début du conflit armé dans ce pays.

En pleine crise politique ukrainienne, Frank-Walter Steinmeier et son homologue français Jean-Marc Ayrault ont achevé à Kiev une visite de deux jours auprès des responsables pro-occidentaux pour les appeler à faire preuve d'une "tolérance zéro" sur la corruption et à adopter en urgence une loi sur les élections locales dans l'Est.

Ce voyage qui intervient une semaine après une tentative avortée d'une motion de censure parlementaire contre le gouvernement ukrainien est aussi l'occasion pour le nouveau ministre français de marquer l'importance donnée par Paris au "moteur" franco-allemand lors de son premier déplacement hors Union européenne.

"Il faut que les réformes économiques soient portées en avant, il faut que la politique s'appuie sur un principe de zéro tolérance pour la corruption", a déclaré M. Steinmeier lors d'une conférence de presse conjointe avec ses homologues français et ukrainien Pavlo Klimkine.

"Nous ne pouvons accepter qu'il y ait tant de violations du cessez-le-feu (sur la ligne du front) et que la loi électorale soit repoussée", a-t-il ajouté, précisant que "la situation sur la sécurité n'est pas une excuse pour ne pas travailler sur la loi électorale".

Peu enthousiasmé par la pression de l'Occident concernant ce vote local dans l'Est, Kiev insiste pour sa part sur la cessation totale des hostilités comme condition préalable à l'organisation de ce scrutin.

- Réticence de Kiev -

Les Ukrainiens semblent aussi avoir avancé une nouvelle demande: déployer une mission policière européenne dans la zone de conflit avant ce vote. Depuis le début en avril 2014 de cette guerre qui a fait plus de 9.000 morts, l'Ukraine avait déjà appelé à placer une force d'interposition onusienne ou européenne dans l'Est mais face à la réticence de l'Occident cette idée semblait oubliée.

"La possibilité de déployer (...) une mission de sécurité internationale comme condition importante pour l'organisation des élections", a été abordée lors de la rencontre des ministres avec le président Petro Porochenko lundi soir, selon un communiqué de la présidence.

Les Européens ne paraissant guère impressionnés, M. Ayrault a confirmé la position de son confrère allemand. "C'est vrai que la situation à l'Est est instable, ce que nous souhaitons c'est qu'elle ne devienne pas éruptive, il y a toujours un risque", a-t-il dit à la conférence de presse. Mais "pour que la situation sécuritaire demeure stable, il faut un horizon politique (...) Plus tôt la loi électorale sera établie mieux ce sera", a conclu le Français.

"Le pire scénario pour l'Ukraine serait de rester au milieu du gué, avec des réformes à moitié appliquées et une situation sans perspective dans le Donbass", nom donné à ces territoires de l'Est, a indiqué M. Ayrault.

Si l'Occident voit les élections dans l'Est comme un moyen de sa réintégration politique, les Ukrainiens redoutent que la Russie, accusée de soutenir militairement les séparatistes, ne s'en serve pour déstabiliser l'ensemble du pays.

M. Klimkine a ainsi mis en garde contre des "tentatives d'intégrer au sein de l'Ukraine le Donbass se trouvant sous l'influence russe" et "dont la vocation sera de déstabiliser toute l'Ukraine".

Il a aussi souligné l'importance de fermer les quelque 400 kilomètres de la frontière avec la Russie "via laquelle il y a un trafic régulier d'armes, de mercenaires et troupes régulières russes".

Le règlement de ce conflit, le pire en Europe depuis les guerres dans les Balkans des années 1990, sera à nouveau abordé lors d'une nouvelle rencontre ministérielle dite du format de Normandie qui réunira les trois ministres et leur confrère russe le 3 mars à Paris.

Des "actions décisives" seront faites lors de cette réunion, a déjà promis M. Steinmeier.

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Le 23 février 2016 à 11h22

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