Wall Street rechute à l'ouverture
Wall Street rechutait à l'ouverture jeudi, plombée par le mouvement de défiance généralisé qui emportait déjà les places européennes et asiatiques et les cours du pétrole: le Dow Jones perdait 1,06% et le Nasdaq 0,57%.
Vers 15h10 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average chutait de 168,51 points à 15.745,41 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 24,35 points à 4.258,86 points.
L'indice élargi S&P 500, particulièrement surveillé par les investisseurs, reculait de 17,54 points, soit 0,95% à 1.834,32 points.
Mercredi, la Bourse de New York avait fini sans direction, les investisseurs pesant le bon et l'inquiétant dans un discours prudent de la présidente de la Réserve fédérale Janet Yellen: le Dow Jones avait perdu 0,62% à 15.914,74 points et le Nasdaq avait gagné 0,35% à 4.283,59 points.
"Le moral (des investisseurs) dans le monde est écrasé par le retour des pressions sur le secteur bancaire, qui provoque une chute généralisée (des Bourses) en Europe", expliquaient les analystes de Charles Schwab.
"En outre les incertitudes entourant les hausses des taux d'intérêt par la Réserve fédérale (américaine) continuent à créer de la volatilité, tout comme la poursuite de la chute des cours du pétrole", ajoutaient-ils.
Mme Yellen devait participer à une nouvelle audition parlementaire jeudi, après s'être gardée la veille de fermer explicitement la porte à une nouvelle hausse en mars, qui inquiète les investisseurs craignant un frein supplémentaire pour l'économie.
Elle avait évoqué une nouvelle fois "une hausse graduelle des taux", mais en mentionnant également les développements économiques à l'étranger qui "comportent des risques pour la croissance américaine".
"Qui pourrait contester le fait que Janet Yellen (...) n'a pas apporté au Congrès américain et aux investisseurs le support espéré?", a remarqué John Plassard de Mirabaud Securities. "En affirmant, entre autres, que les conditions financières étaient devenues moins favorables pour la croissance économique (...), elle ne focalise plus l'attention des investisseurs sur le nombre de hausse de taux d'intérêt qu'il pourrait y avoir aux Etats-Unis en 2016, mais bien sur la vigueur économique du pays", selon lui.
Le principal indicateur du jour était une chute forte et inattendue du nombre de demandes d'allocations chômage, une bonne nouvelle peinant à retenir l'attention vu le contexte déprimé.
"Ce qui polarisera l'attention des investisseurs aujourd'hui, c'est de voir si le S&P 500 peut tenir le seuil de 1.812,29 points, son niveau le plus bas de l'année atteint le 20 janvier", assurait Patrick O'Hare, chez Briefing, se demandant si la chasse aux bonnes affaires pourrait ralentir la chute du marché.
- Tesla s'envole -
Le constructeur de voitures électriques de luxe Tesla s'envolait de 12,24% à 161,25 dollars après avoir promis des bénéfices pour 2016.
L'équipementier en télécoms Cisco, qui a ravi ses actionnaires avec des résultats trimestriels meilleurs que prévu et un nouveau programme de rachats d'actions de 15 milliards de dollars, bondissait de 8,84% à 24,50 dollars.
Mais Twitter chutait de 2,54% à 14,60 dollars après avoir annoncé un nombre d'utilisateurs inférieur aux attentes, tout comme ses perspectives, en dépit de résultats très proches des attentes pour le quatrième trimestre.
Le fabricant de médicaments génériques Mylan plongeait de 15,71% à 42,60 dollars après l'annonce de l'acquisition pour 9,9 milliards de dollars du Suédois Meda, fabricant de l'antiseptique Betadine.
PepsiCo, qui vise des bénéfices 2016 inférieurs aux attentes, invoquant un impact négatif du dollar fort et la déconsolidation de ses activités au Venezuela, cédait 1,07% à 96,58 dollars.
Le fabricant de céréales Kellogg, qui a confirmé ses prévisions pour 2016 après des résultats conformes aux attentes, marqués notamment par une perte nette au quatrième trimestre, gagnait 3,43% à 73,29 dollars.
La banque Morgan Stanley chutait de 2,86% à 22,05 dollars après l'annonce d'un accord à 3,2 milliards de dollars pour solder des litiges immobiliers, dans un contexte où l'ensemble du secteur financier était à la peine (-2,23%).
Le groupe d'informations Thomson Reuters chutait de 2,13% à 48,59 dollars en dépit de résultats supérieurs aux attentes et de prévisions plutôt optimistes.
Le marché obligataire était en hausse, le rendement des bons du Trésor à dix ans baissant à 1,624% contre 1,682% mercredi soir, et celui des bons à 30 ans s'affichant à 2,469%, contre 2,502% précédemment.
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