Feuilles d’Afrique. L’Alliance atlantique africaine, l'autre défi marocain
La diplomatie marocaine ne perd pas de temps dans les débats creux, elle s’active dans un méga défi africain qui changerait la donne géopolitique dans l’Afrique de l’Ouest.
Rabat a abrité cette semaine la première réunion ministérielle des États africains de la rive atlantique pour mettre en place une vision commune de cet espace, avec comme socle ; l’émergence d’une identité atlantique au service du continent. C’est une initiative marocaine à multiple dimension.
Face au nord
Il faut désormais se dresser en bloc face à toutes les problématiques comme face aux différents partenaires notamment ceux du nord dont l’Afrique dépend étroitement. Il y a une semaine, Macky Sall, en sa qualité de président de l’Union Africaine, s’est déplacé à Moscou pour négocier l’approvisionnement de l’Afrique en blé et céréales. Il n’est pas allé par quatre chemins en qualifiant la guerre d’Ukraine d’affaire euro-européenne. C’est donc un niet africain du boycott occidental à l’égard de la Russie. Il a mille fois raison. Le "chacun pour soi" a été décrété d’abord par les puissances occidentales au début de la pandémie de Covid-19 (masques et vaccins). Ils n’ont donc ni leçons ni recommandations à transmettre aux Africains. Cette alliance comprend l’ensemble des pays de la côte ouest africaine du Maroc jusqu’à l’Afrique du sud, si cette dernière ne décide pas de surseoir à son adhésion. C’est dire l’importance de cet espace hautement géostratégique car en face de l’Amérique latine et des États-Unis. D’ailleurs "la Déclaration de Rabat" a clairement appelé à renforcer la coopération transatlantique avec les États riverains de l’Atlantique et d’en débattre lors de la prochaine assemblée générale des Nations Unies à New York en septembre 2022.
Et c’est justement pour cette raison que les puissances du nord, soit l’Europe, ne verront pas d’un bon œil ce regroupement qui cherche à se démarquer de ses partenaires traditionnels en quête de partenariats plus équilibrés et gagnant-gagnant. Cela va dans le sens du désengagement progressif de plusieurs pays de la "Françafrique", politiquement (Mali), économiquement (le FCFA) et linguistiquement (Gabon).
Maroc, un porte-drapeau
Cette initiative marocaine est en parfaite synergie avec l’orientation de la diplomatie royale en Afrique basée sur une coopération sud-sud tous azimuts où tous les pays concernés doivent en profiter et y gagner.
L’expérience marocaine sur les vingt dernières années est un modèle de réussite d’un panafricanisme gagnant. Aujourd’hui, il a été décidé qu’une deuxième réunion se tienne au Maroc et ce afin d’avancer sur le projet et lui donner âme. Le succès de cette initiative est quasi garanti avec un terrain déjà balisé.
Il faut rappeler que le projet du gazoduc Nigéria-Maroc profitera à une douzaine de pays africains justement de la rive Atlantique. D’autres projets pourraient joindre les deux bouts de la rive Atlantique de l’Afrique de son sud vers son nord ou/et vice versa.
La coopération intra-africaine se trouverait renforcée en exploitant des pistes d’échanges jamais explorées auparavant. Cela pourrait donner des idées à d’autres groupements régionaux notamment une éventuelle Alliance Africaine des pays riverains de l’océan indien, à l’Est africain.
Par ailleurs, le défi majeur qui menace l’avenir de l’Afrique étant la sécurité alimentaire, le Maroc pourrait apporter "La" solution à cet égard. En effet, fort de son expertise, le groupe OCP, à travers sa filiale OCP Africa, est aujourd’hui un acteur incontournable en la matière.
Plusieurs pays de cette Alliance, notamment ceux au sud du Cameroun, pourraient bénéficier de cet atout majeur, donner des ailes à leur agriculture et relever le défi de l’autosuffisance. Cette initiative, qui englobe plus de 400 millions d’habitants, est aussi une alternative à l’adhésion marocaine à la CEDEAO, plus compliquée qu’on ne le pensait. Mais cela est une autre histoire.
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