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La diplomatie parlementaire au service de nos intérêts stratégiques en Afrique

Cinq années sont passées après que le Royaume du Maroc a réintégré l’Union africaine. Depuis ce retour au bercail, nous vivons un processus assez dense de coopération sud-sud et d’intégration économique et régionale. A l’heure où j’écris ces lignes, un sommet a lieu dans la capitale éthiopienne, où le Maroc est en train de renouer avec les instances de l’Union africaine, trop longtemps désertées.

Le 16 février 2022 à 15h42

Nous nous souvenons tous des premiers mots, d’une teneur politique exaltante, prononcés par Sa Majesté le Roi devant les chefs d’État de l’Union africaine, le 31 janvier 2017 à Addis-Abeba : « Il est beau le jour où l’on rentre chez soi, après une trop longue absence ! ».

Oui, l’UA avait aussi besoin de retrouver le Maroc. Comment penser l’avenir de l’Afrique sans le Maroc et vice-versa ? Notre passé en tant qu’ancien empire et notre avenir en tant qu’État-nation sont étroitement liés au continent.

Le leadership et la multiplication des visites du souverain en Afrique ont donné le ton et dessiné les priorités : renforcer les relations bilatérales, économiques et culturelles du Royaume avec le reste du continent. Au niveau de la diplomatie économique, les visites royales ont abouti à la signature d’une centaine d’accords de coopération avec nos partenaires africains. Avons-nous su profiter pleinement de ce sillage pour entretenir la dynamique de coopération ? Telle est la question qui se pose avec acuité aujourd’hui.

Car on le sait, les relations d’État à État nécessitent, certes, une impulsion du sommet, mais c’est aussi le rôle des autres acteurs étatiques ou non de préserver le rythme des relations, et même d’explorer d’autres leviers de coopération. Et parmi ces acteurs, je veux ici évoquer le parlementaire. 

Car il y a un potentiel de croissance dont notre secteur privé aurait bien besoin.

D’après Ahmed Reda Chami, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), la part des échanges du royaume avec le reste du continent ne dépasse pas 4%. Mais la zone de libre-échange continentale (ZLECAF), qui représente une étape majeure dans l’achèvement (véritable) de l’intégration économique du continent, devrait permettre de booster le commerce intra-africain.

Le Maroc, conscient des avantages qu’il peut tirer de cette intégration régionale, était parmi les premiers pays signataires de l’accord. Les entreprises marocaines auront donc accès, en principe, à un marché de 1,2 milliard de personnes, représentant un PIB total d’environ 2.500 milliards de dollars. Alors qu’attendons-nous, en tant que parlementaires, pour jouer pleinement notre rôle d’ambassadeurs politiques du Maroc ?

Pour sanctuariser nos intérêts sur le continent, la diplomatie parlementaire doit être au plus près des objectifs stratégiques du pays afin de soutenir la politique étrangère du Royaume sur deux dossiers majeurs notamment : le Sahara marocain et la coopération avec l’Afrique.

D’autres leviers pour que notre parlement demeure au sein des cercles d’influence

Notre parlement est en effet déjà engagé dans les sujets qui concerne la politique extérieure de l’État. Par son action législative diplomatique, il constitue un maillon incontournable dans l’intégration des conventions internationales dans le droit marocain. Mais d’autres leviers sont à explorer pour qu’il ne soit pas en marge des cercles d’influence.

Communiquer les bons messages aux représentations diplomatiques africaines qui se trouvent à Rabat, nouer des relations étroites avec les délégations parlementaires en déplacement au Royaume, représenter dignement notre pays dans les rencontres multilatérales ouvertes à la société civile et aux médias étrangers, sont autant d’outils dont disposent les parlementaires qui permettent d’appuyer la position de notre pays sur le plan multilatéral.

La diplomatie parlementaire n’est évidemment pas un tout, mais contribue assurément à l’adhésion des parties prenantes, car elle voit en elles la preuve que notre démocratie locale est vivante et consciente des enjeux globaux. Cela se traduit par un échange de délégations parlementaires entre pays amis liés par l’histoire, la géographie. C’est un effort essentiel qui ne se substitue pas au travail de notre ministère des Affaires étrangères ou à celui de nos diplomates, mais qui vient s’additionner, s’agglomérer, pour garantir une relation fluide et solide avec nos pairs africains.

En effet, les parlementaires représentent les opinions publiques, ils ont à charge d’expliquer la politique de notre pays et de faire sa pédagogie. Je crois profondément en notre utilité pour le rayonnement de notre diplomatie traditionnelle. Et je veux ici souligner le travail acharné de notre personnel diplomatique, et à sa tête Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, qui en plus de sa maîtrise fine des dossiers, déploie des efforts significatifs pour que le Maroc soit considéré comme une véritable puissance régionale.

L’amitié parlementaire, puissant outil au service des relations bilatérales

Ne pas négliger les groupes d’amitié parlementaires qui jouent un rôle clé dans les relations bilatérales.

L’un des outils de diplomatie parallèle dont dispose le parlement et dont on entend peu parler est le groupe d’amitié.

Les groupes d’amitié parlementaires, dont l’activité principale porte sur l’organisation de missions auprès du parlement homologue, et de réception de délégations parlementaires étrangères, permettent aux parlementaires marocains des deux chambres de se spécialiser dans des problématiques spécifiques et communes avec un pays donné. La présence du Maroc dans ces organisations a vocation à se multiplier en vue de constituer un relais crédible de la Vision Royale via les canaux d’échanges qu’offrent ces ensembles interparlementaires. Ce qui nécessite une coopération étroite entre nos députés et les directions ministérielles concernées.

Une diplomatie parlementaire influente signifie une posture proactive pour défendre les intérêts stratégiques du royaume, en tout temps. Pour y parvenir, le profil de nos députés est fondamental pour assurer une meilleure compréhension des atouts économiques de notre pays, et un plaidoyer efficace pour la cause nationale.

Nous pouvons également nous appuyer sur les sociétés savantes marocaines pour nourrir notre réflexion et renforcer ce que les anglo-saxons qualifient d’« advocacy ». La diplomatie parallèle que font nos chefs d’entreprises, écrivains, artistes, athlètes et spécialistes en affaires publiques est, à mes yeux, une opportunité que nous, parlementaires, devrons saisir pour notre action extérieure.

En tant que député de la nation, je suis convaincu qu’avec nos homologues africains, nous pourrons non seulement renforcer les liens historiques établis avec plusieurs capitales africaines, mais aussi créer une communauté de valeur puissante entre notre Royaume et le reste du continent.

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Le 16 février 2022 à 15h42

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