JTI Tétouan : “Nous mettons en place des pratiques éco-responsables à chaque étape de nos opérations”
En intégrant des solutions énergétiques propres et des engagements sociaux forts, l’usine JTI de Tétouan dépasse le simple projet industriel pour devenir un levier de transformation responsable. Entretien avec Charlotte du Closel, directrice des affaires publiques et de la communication de JTI Afrique du Nord et de l'Ouest.
Dans un contexte où l’industrie mondiale repense ses pratiques, l’implantation de Japan Tobacco International au nord du Royaume prend une dimension stratégique. Bien au-delà de l’investissement, le projet illustre la stratégie verte du groupe, avec des engagements concrets en matière d’efficacité énergétique, de gestion de l’eau et d’inclusion sociale.
La future usine repose sur une logique claire : produire en minimisant son empreinte carbone. Accompagné par les autorités marocaines, le projet s’inscrit pleinement dans les orientations nationales de transition énergétique.
En conciliant innovation, performance environnementale et responsabilité sociétale, l’usine incarne un modèle industriel durable, capable d’inspirer d’autres acteurs désireux de concilier compétitivité et respect des ressources.
Médias 24 : Votre usine est conçue pour fonctionner sans combustibles fossiles. Comment cette approche s’intègre-t-elle dans la stratégie globale de JTI vers la neutralité carbone et quelles étapes restent à franchir d’ici 2030 ?
Charlotte du Closel : L’usine de Tétouan va pouvoir couvrir environ 40% de ses besoins énergétiques grâce à des panneaux solaires, avec un objectif de neutralité carbone d’ici 2030. Ces ambitions s’inscrivent pleinement dans la stratégie mondiale de JTI. En effet, partout où nous opérons, le développement durable est une priorité. Nous mettons en place des pratiques éco-responsables à chaque étape de nos opérations, de l'approvisionnement en matières premières à la fabrication et à la distribution de nos produits.
En 2024, JTI a réduit sa consommation d'eau de 22% par rapport à 2019, a ramené la proportion de déchets industriels mis en décharge à 8% et a augmenté la part d'électricité renouvelable à 56% (contre 32% en 2023), atteignant ainsi son objectif pour 2025 plus tôt que prévu.
A horizon 2030, concernant les ressources en eau par exemple, nous ambitionnons de réduire encore plus notre consommation pour atteindre 33% de moins qu’en 2019, soit approximativement une réduction d’un tiers en 10 ans. Pour la gestion des déchets, notre but est d’atteindre 0 déchet rejeté par nos usines.
- Comment l’usine optimise-t-elle l’utilisation de l’eau au final ?
A l’instar d’autres usines JTI à travers le monde, notre unité est non seulement équipée d’un système de récupération des eaux pluviales, mais aussi d’un système de recyclage de l’eau utilisée dans le processus de production. Ces deux installations travaillent en tandem pour approvisionner les besoins en eau non potable de l’usine. Cela permet de réduire considérablement le recours au réseau d’eau potable et de réaliser des économies substantielles.
- Au-delà de l’innovation technologique, vous mettez en avant l’inclusion et l’autonomisation des femmes. Comment ces choix traduisent-ils votre vision d’une responsabilité sociale durable au Maroc ?
La responsabilité sociale est une partie intégrante de nos opérations, partout où nous développons nos activités. Cela est notamment lié à notre héritage japonais et à notre appartenance à JT Group, qui opère selon un modèle mettant les intérêts de la communauté au même niveau que ceux des consommateurs, employés et investisseurs.
De manière générale, nous axons nos interventions autour des besoins prioritaires des communautés, tout en restant fidèles à nos propres valeurs. En Afrique du Nord et de l’Ouest, nos principaux domaines d’intervention incluent l’accès à l’eau, l’autonomisation des femmes et le soutien à l’employabilité des jeunes.
Au Maroc, cela se traduit par un certain nombre de programmes que nous menons avec des ONG partenaires. Citons à titre d’exemple le projet Abar (lancé en 2024), doté d’un budget d’environ 15 millions de dirhams et qui vise le forage et l’équipement de 100 puits en milieu rural, dans différentes provinces. Nous sommes aujourd’hui à près de 50 puits forés bénéficiant à près de 10 000 familles, soit la moitié de notre objectif.
Notre autre programme phare, que nous menons en partenariat avec la fondation Jadara, concerne l’accompagnement des 10 étudiantes issues de milieux défavorisés via des bourses d’excellence permettant de financer leurs études supérieures. Il s’agit d’un accompagnement dans la durée initié en 2022. La majorité des bénéficiaires sont aujourd’hui à leur dernière année d’études et devraient donc être diplômées cette année. Nous sommes également en discussion avec d’autres organisations afin d’élargir le périmètre de nos actions et maximiser notre impact dans un futur proche.
- La confiance des autorités marocaines a été déterminante dans la réalisation du projet. De quelle manière cette collaboration contribue-t-elle à faire du Royaume un pôle de référence en matière d’industrie durable ?
Le Maroc dispose des critères essentiels pour l’investissement et le développement de nos activités : stabilité, visibilité, qualité des infrastructures et du capital humain, réactivité et disponibilité des interlocuteurs au sein des différentes administrations. Ces atouts sont essentiels pour le développement de nos projets et un point primordial pour n’importe quel investisseur.
Je tiens d’ailleurs à saluer ici les efforts exceptionnels fournis par les autorités afin de mettre en place un climat des affaires propice au développement de l’investissement, ainsi que l’ensemble des parties prenantes pour leur accompagnement continu lors de la réalisation de notre projet.
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