Affaire ONDA : les auditions se poursuivent
Les frais de déplacement, les conditions d’embauche et la vente de terrains de l’Office sont les principaux dossiers évoqués avec l’ex-DG.
L’audience du 16 mai a débuté par l’interrogatoire d’Abdelhanine Benallou. Les questions concernaient notamment les conditions de passation de certains marchés publics, le transfert de titres de propriétés de terrains appartenant à l’ONDA, de cas de primes pour des déplacements fictifs du personnel de l’office et de recrutements fondés sur la présentation de faux diplômes.
La principale déclaration à retenir vient de l’accusé qui a indiqué : « j'ai été jeté en prison sur la base de mensonges et en l'absence de faits. » Il a par ailleurs précisé que « plusieurs documents importants relatifs à l'ONDA ont été dissimulés pour faire croire que certaines décisions étaient illégales ».
Dans quelles conditions ont été accordés les marchés ?
Rappelons que durant la dernière audience, celle du 9 mai dernier, la cour avait particulièrement focalisé sur la procédure d’octroi des marchés. De retour à la barre, Abdelhanine Benallou tenait à préciser que « tous les marchés effectués par l'Office ont respecté la règlementation ». Mais également de révéler qu’il « n'avait reçu aucune plainte à ce sujet exceptées des lettres anonymes qui se sont avérées, par la suite, sans fondement ».
Encore une fois, la question du transfert de propriété de terrains appartenant à l’Office refait surface. Des lots destinés à des activités sociales, après l’aval du conseil d’administration, sont rentrés en possession de certains cadres de l’office.
Les juges sont revenus à la charge également au sujet des frais de déplacements estimés « fictifs » par le rapport de la Cour des comptes de 2008. A cela, Abdelhanine Benallou répond : « les aéroports existants et les chantiers ouverts dans les différentes régions du pays que visitaient les cadres de l'Office aux côtés de membres de la Banque africaine de développement pour s'enquérir de l'avancement des travaux, sont la meilleure réponse à ces allégations ».
Dans son rapport de 2008, la Cour des Comptes reproduit la réponse faite à l’époque par l’ONDA : « Comme convenu d’un commun accord comme la BAD, l’ONDA s’étant estimé doté des compétences suffisantes pour assurer les prestations d’encadrement et de suivi des projets par ses propres moyens, la ligne «Services» a été utilisée en partie pour couvrir les frais de déplacement à l’intérieur du Maroc du personnel concerné.
Tous les déplacements effectués dans le cadre des projets BAD/Programme de Réhabilitation Aéroportuaire, puis BAD/Programme d’Amélioration et d’Extension des Capacités Aéroportuaires, sont dûment justifiés et réalisés, sachant que le compte «fonds de roulement» n’est réalimenté que sur présentation à la BAD des justificatifs des missions accomplies. Par ailleurs, il faut souligner qu’il n’est pas appliqué de sommes forfaitaires pour le déplacement du Directeur Général et tous ses déplacements correspondent à des missions effectives ».
Interrogations sur les diplômes des employés
Autre point abordé durant l’audience du 16 mai : les employés recrutés sur la base de faux diplômes. En effet, les conclusions du rapport soulignent l’absence de contrôle de l’authenticité des diplômes. Les enquêteurs se basent sur les articles du statut du personnel de l’Office, qui précisent qu’une fausse déclaration dans le dossier de recrutement entraîne le licenciement de l’agent concerné.
Le même document précise que « cette disposition statutaire n’est pas toujours observée. Les investigations menées sur place ont permis de relever la non authenticité des diplômes et certificats présentés par les agents titulaires des matricules ». Abdelhanine Benallou ne tarde pas à rétorquer « les agents non encore titularisés avaient été renvoyés alors que les titularisés ont été déférés devant la commission de discipline ». Et surtout d’insister « tous les recrutements effectués sous son mandat l'ont été dans le respect du cadre juridique et de la procédure ».
La séance de ce jeudi 16 mai s’est soldée par un ajournement pour le 21 mai prochain. Cette décision vient suite aux auditions d’un membre de la commission technique consultative et d’un fonctionnaire du secrétariat général. Les juges désirent ainsi appeler à la barre les témoins entendus par la juge d’instruction durant l’enquête préliminaire. Leurs témoignages éclaireront peut-être davantage la situation.
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