Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) appelle à une réforme urgente du système de formation continue du secteur privé afin de le rendre plus inclusif, plus équitable et mieux adapté aux besoins du marché du travail.
Le Conseil souligne que le Maroc s’est doté d’un cadre institutionnel et de mécanismes de financement qui ont permis d’accompagner le développement de secteurs stratégiques tels que l’automobile ou l’aéronautique. L’adoption de la loi 60-17 relative à l’organisation de la formation continue a également permis d’élargir le champ des bénéficiaires aux travailleurs non-salariés et aux personnes ayant perdu leur emploi.
Toutefois, ces avancées restent insuffisantes. Selon les données citées par le CESE, seules 1.647 entreprises ont bénéficié des contrats spéciaux de formation en 2022, sur près de 315.000 entreprises cotisantes, soit moins de 0,5 %. Les travailleurs indépendants demeurent largement exclus du dispositif, tandis que la reconnaissance des compétences acquises par l’expérience reste très limitée.
Le CESE pointe également des procédures complexes, des délais de remboursement jugés trop longs et une offre de formation fortement concentrée dans les grands pôles économiques, notamment à Casablanca.
Pour remédier à ces insuffisances, le Conseil recommande notamment la création d’une instance nationale dédiée à la formation continue, la mise en place d’un fonds de financement spécifique, la digitalisation des procédures et une meilleure prise en charge des TPME. Il préconise également le développement de formations à distance et de formats plus flexibles afin de faciliter l’accès des travailleurs à la montée en compétences.
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