Diplômés chômeurs: «La fonction publique, sinon rien !»
Pour Anouar Mehdi, porte-parole de la coordination, l'Etat est responsable si certaines formations n'ont aucune valeur sur le marché du travail.
L'Etat doit donc embaucher massivement et sans concours les diplômés chômeurs.
Depuis la décision du tribunal administratif validant le PV du 20 juillet 2011, et ordonnant l’intégration de 19 diplômés chômeurs dans la fonction publique, la tension monte entre l'Exécutif et les coordinations des diplômés chômeurs. Le gouvernement a moins de trois semaines pour faire appel du jugement.
Anouar Mehdi, responsable de la communication des coordinations nationales des diplômés chômeurs, répond aux questions de Médias 24, et revient sur les principales motivations des coordinations.
Parmi les revendications que comporte le PV du 20 juillet 2011, l’embauche directe des diplômés chômeurs sans concours. Comment justifiez-vous qu'un recrutement ne soit pas basé sur les compétences ?
Nous ne sommes pas contre les concours en ce qui concerne les basses échelles. Mais, lorsqu’il s’agit de postes de cadres dans la fonction publique, il faut bien planifier : il y a parfois 5.000 candidatures pour un seul poste ! C’est une responsabilité qui incombe à l’Etat. Le gouvernement dispose de tous les outils pour une bonne planification. Il faut cesser de former de futurs chômeurs. Quitte à fermer les facultés qui proposent des formations en inadéquation avec le marché du travail.
Par ailleurs, le gouvernement avait déjà procédé, en 2012, à l’intégration de 67 diplômés sahraouis dans la fonction publique sans concours, et ce sur recommandation de l’Instance Equité et Réconciliation… Cette instance a-t-elle plus de poids que les ministères avec lesquels la coordination à ouvert le débat ? En même temps, le gouvernement reste muet en ce qui concerne les revendications des coordinations des diplômés chômeurs.
Nous ne sommes pas des militants, c’est l’Etat qui nous a poussés à le devenir !
Si le secteur public n’arrive pas à absorber tous les diplômés de l’université marocaine, pourquoi ne vous dirigez vous pas vers le secteur privé ?
C’est un fait : le code du travail ne permet pas aujourd’hui d’instaurer une vraie justice entre les employeurs et les employés, ils n’ont pas droit aux mêmes traitements devant les institutions, et ne sont pas égaux en droit face à l’inspecteur du travail qui favorise les patrons au détriment des salariés. On peut dire, en définitive, que le climat social au sein des entreprises dépend des humeurs des patrons.
Dans ce cas, pourquoi les diplômés n’optent-ils pas pour l’entrepreneuriat ?
Là encore, la défaillance est flagrante. On peut prendre comme exemple le programme Mouqawalati, qui, par l’absence de suivi, a entraîné les jeunes entrepreneurs dans des gouffres financiers insurmontables. Plusieurs d’entre eux risquent de finir en prison. Il faudrait faire un réel état des lieux du programme pour réaliser l’ampleur du fiasco !
A quoi vous attendez-vous maintenant que le tribunal s’est prononcé en votre faveur ?
Nous nous attendons à ce que la régularisation des situations financière et administrative touche tous les diplômés chômeurs, et ce à compter du mois de janvier 2011. Pour le moment, les coordinations attendent la décision du gouvernement avant de prendre des mesures.
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