Energie solaire : Discussions euro-marocaines à Séville au sujet de l’avenir incertain du projet Desertec
Marocains et Européens sont réunis à Séville depuis ce mercredi après-midi pour discuter de l’avenir de leur partenariat dans le cadre de l’initiative Desertec. Jeudi, on saura si les Européens se retirent. Quelle que soit leur décision finale, il ne fait aucun doute que le Maroc maintiendra son choix solaire.
Dans une interview accordée aujourd’hui au site néerlandais www.mt.nl, le directeur de la société allemande Desertec Industrial Initiative, Paul van Son, déclare que le plan Desertec risque d’être abandonné compte tenu du coût onéreux du projet (400 milliards de dollars d’investissement) et du contexte régional agité. L’allusion est faite ici au Printemps arabe, car ce plan concerne tous les pays de la rive sud de la Méditerranée.
Une déclaration qui contredit une rumeur selon laquelle la société Desertec a abandonné ses projets d’exportation d’énergie solaire du Sahara vers l’Europe.
Saïd Mouline, directeur de l’Agence marocaine pour le Développement des énergies renouvelables, nous confirme par ailleurs qu’il n’y a pas d’abandon du projet pour le moment, dans la mesure où les négociations sont toujours en cours : « nous tenons aujourd’hui, 5 juin, et demain des réunions à Séville avec la société Desertec Industrial Initiative. Ce n’est qu’à l’issue de ces réunions, bien entendu, que l’on pourra savoir si elle maintient ou abandonne le projet, et dans quelles conditions.»
Mais à supposer que la société prenne la décision d’abandonner ses projets d’exportation d’énergie solaire vers l’Europe, quel impact cela pourrait-il exercer sur l’état d’avancement du plan ? « Le plan Desertec réunit beaucoup d’acteurs, dont le gouvernement allemand. Un éventuel retrait ne remettrai pas en cause le projet », nous explique Saïd Mouline. Il y a lieu de rappeler, à ce propos, que les sociétés allemandes Bosch et Siemens s’étaient retirées en novembre 2012 pour différentes raisons sans qu’il y ait eu un impact majeur sur le plan.
Pour rappel, la société marocaine MASEN, Moroccan Agency For Solar Energy, créée en mars 2010 en vertu de la loi 57/09, s’est vu confier la mission de réaliser une capacité totale minimale de 2000 MW de projets solaires intégrés d’ici 2020. Elle a signé plusieurs conventions avec des bailleurs européens pour financer, notamment, la première phase de la centrale de Ouarzazate : AFD (une convention de 100 millions d’euros), BEI (100 millions d’euros), KFW (100 millions d’euros et la commission européenne (30 millions d’euros).
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