A Marrakech, comment un groupe Facebook a fait plier la mairie
Derrière leurs ordis, les Marrakchis ont réussi à impulser une mini révolution. Save Marrakech, un groupe actif sur Facebook, dénonce les fléaux urbains qui gênent le quotidien des habitants de la ville.
La ville de Marrakech a désormais ses sauveurs. Save Marrakech, c’est le nom du groupe qui sévit sur Facebook pour dénoncer, en pointant l’évident effritement de la ville ocre ; insécurité, gestion déléguée calamiteuse et affichages publicitaires sauvages… autant de choses qui minent le quotidien des habitants de la ville ocre.
La réponse des officiels ne s’est pas fait attendre, Fatima Zahra El Mansouri, mairesse de la ville de Marrakech ainsi que la société de gestion déléguée des déchets Tecmed ne se sont pas fait prier pour se joindre au débat.
Derrière l’idée on trouve Zee Lara, de son vrai nom Zineb Laraki, avocate et créatrice du groupe Save Marrakech. Elle nous parle de l’initiative: «Nous essayons à travers le groupe de pousser les habitants de la ville à la prise de conscience, à travers le développement d’une culture de dénonciation, et ce, à travers la mise en ligne de photos qui parlent d’elles-mêmes». Et ça marche !
Parmi les problèmes relevés figure la gestion des espaces de parking, la société gestionnaire des parcmètres, Avilmar. «C’est une société qui a été créée conjointement par la mairie de la ville et la CDG, mais dont les comptes sont opaques. Ce qui est en total rupture avec un principe constitutionnel qu’est la reddition des comptes», nous confie Mme Laraki lors d’un entretien téléphonique.
Après plusieurs publications de photos de poubelles renversées, d’affichages publicitaires illégaux et de voiture immobilisées par des sabots de parcmètres, le groupe reflète l’image d’une ville en totale désintégration. Le groupe qui comptait quelque 200 membres au 6 juin dernier en compte désormais plus de 1.000, poussant la mairesse de Marrakech Fatim Ezzahra El Mansouri à intervenir, à 1h00 samedi soir dernier, publiant, par la même occasion les chiffres du budget de la ville. La société Tecmed s’est jointe au groupe le lendemain, un dimanche... Rien que ça !
Dans sa réponse, la société de gestion déléguée des ordures de la ville se plaint du parc des bacs à ordures, tantôt volés, tantôt brûlés et souvent surchargé par les restaurateurs, ce qui cause, selon elle, les débordements des ordures sur la voie publique. Qu’à cela ne tienne ! Une première initiative est née dans le groupe ; «Un restaurant de Guéliz achète son propre bac. Une action simple et efficace qui pourrait faire l'objet d'une sensibilisation auprès des restaurateurs, et pourquoi pas, aboutir à la création d'un label», annonce la créatrice du groupe dans un message.
Il est à noter que c’est une première. Zineb Laraki s’en réjouit : «Même si nous constatons un certain laxisme dans la gestion de la chose publique, le fait que la mairesse se soit engagée dans ce débat sur Facebook est à mettre à son actif. Jamais personne n’avait fait cela avant elle», et affiche son optimisme : «on peut dupliquer ce genre d’initiative au niveau local, en dénonçant par la force de l’image les anormalités quotidiennes, sans nécessairement rentrer dans le jeu politique».
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