A Timitar, les artistes amazighs accueillent les musiques du monde
Le coup d'envoi du festival, organisé du 26 au 29 juin, a été donné mercredi soir à Agadir avec la participation de nombreux artistes marocains et internationaux. A l'occasion de cette 10e édition, 400.000 spectateurs sont attendus.
Placée sous le signe «les artistes amazighes accueillent les musiques du monde», cette édition ambitionne d'attirer pas moins de 400.000 spectateurs à la faveur d'un riche programme d'une quarantaine de spectacles animés par quelque 400 artistes répartis sur trois scènes en plein centre d'Agadir.
Selon les organisateurs, cette 10ème édition revêt une importance particulière du fait qu'elle intervient dans le sillage de la constitutionnalisation de la langue amazighe, consacrant par la même le caractère multiple de l'identité nationale forte par la diversité de ses affluents.
Soucieux de décliner cette vision multiple et ouverte sur le monde et qui explique en partie la pérennité de Timitar et de son rayonnement, le festival prévoit des spectacles de musique interprétés par une pléiade d'artistes et de groupes de divers horizons au grand bonheur d'un public fidèle et mélomane.
Pour ce faire, le bal a été ouvert à la Place Al Amal avec un spectacle de la troupe d'Ahwach Haha (Essaouira), un ensemble dirigé par Rays Mohamed Abahou et l'Oud Miya, suivi d'une performance de la chanteuse française Nolwenn Leroy avec son dernier album «filles de l'eau» (2012), puis par l'artiste américain Kenny Rogers, icône incontestée du Country, et par Fatima Tabâmrant, DJ Amina et VJ Kalamur (Maroc).
Au Théâtre de verdure, le public a eu droit à une soirée animée par Inouraz and Guests (Agadir), la chanteuse maroco-hollandaise Hind et l'artiste populaire amazigh Mustapha Oumguil d'El Hajeb.
Cette manifestation devrait se poursuivre, quatre jours durant, avec au menu des prestations signées Marcel Khelifah et l'ensemble Al Mayadine, Majda Erroumi, Latifa Raafat, Ismaël Lô (Sénégal), Nass Al Ghiwane, Cheb Khaled ou encore Idir, sans omettre la participation de groupes amazighs, comme Ahwach Tata, Ahwach Aït Bâamrane, Hoba-Hoba Spirit, Ribab Fusion (Agadir), Fnaïr et d'autres.
Les organisateurs prévoient aussi des hommages à des noms et acteurs illustres de la musique amazighe, dont l'orchestre Rays Lahcen Idhmou, Rays Lahoucine El Baz, Rays Lhaj Ider, ou encore Rayssa Talbensirt ou Rayssa Fatima Tachtoukt.
Dans la rubrique Timitar off, cette édition prévoit des ateliers pour enfants à la Place Aït Souss, une exposition des arts plastiques, une table-ronde sur «la loi organique relative à l'officialisation de la langue amazighe et à la création du Conseil national des langues et de la culture marocaine», en plus d'une journée d'étude sur «la charte régionale de la culture».
Dans un éditorial, le directeur artistique du festival Brahim El Mazned écrit que «cette année encore le festival propose un espace où le meilleur de l'expression amazighe retrouve l'actualité du monde de la musique, dans la convivialité et dans un esprit d'ouverture», relevant que «ce succès est sans doute dû à la singularité de l'esprit du festival, mais il doit également beaucoup à son public et à sa région, ouverte sur le monde qui, chaque année, donne en partage à des milliers de spectateurs des récits en musique».
S'il est vrai que, depuis 2004, plus de 3000 artistes ont été conviés, riches de leurs cultures, de leurs identités multiples et de leurs aspirations, cette édition sera à nouveau, a-t-il assuré, l'occasion de faire le tour de la planète en musique, entre têtes d'affiche et découvertes.
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