Accident de train en Espagne : vitesse et sécurité mises en cause
Un excès de vitesse était jeudi l'hypothèse privilégiée pour expliquer l'accident de train de Saint-Jacques de la Compostelle, qui a fait 80 morts, mais les systèmes de sécurité de la voie étaient également mis en cause.
«J'ai déraillé, qu'est-ce que je peux y faire !», a déclaré, selon les médias locaux, le conducteur, juste après le drame. Quelques minutes plus tôt, d'après El Pais, il a avoué dans une communication radio avoir abordé le dangereux virage, à l'entrée de la ville, à 190 kilomètres/heure. Mais «la zone où s'est produit l'accident a une limitation de vitesse de 80 kilomètres/heure», a rappelé jeudi, sur la radio Cope, le président de la compagnie ferroviaire publique Renfe, Julio Gomez-Pomar Rodriguez, refusant de se prononcer sur les raisons de la catastrophe. Le secrétaire d'Etat aux Transports Rafael Catala s'est, quant à lui, voulu plus direct, soulignant sur la radio Cadena Ser que «la tragédie qui est survenue hier soir à Saint-Jacques de Compostelle paraît liée à une infraction, (un excès) de vitesse», une hypothèse largement reprise jeudi par la presse espagnole. «Mais nous devons encore attendre les résultats de l'enquête judiciaire et de celle menée par la commission d'enquête du ministère» des Transports, a-t-il ajouté.
Toutefois, «on dit généralement que les accidents de tous types, pas seulement ferroviaires, ne sont pas dus à une seule cause, mais à un concours de circonstances», a rappelé Inaki Barron, directeur du département voyageurs de l'Union internationale des chemins de fer (UIC), sur la radio nationale. Donc, «il est très possible que d'autres facteurs soient intervenus». Le président de Renfe s'est empressé d'écarter toute défaillance technique du train : «ce que nous savons, c'est que le train n'a eu aucun problème opérationnel, le train avait subi une révision le matin même», a-t-il assuré. «Le dossier d'entretien et de contrôle du train était parfait», a-t-il insisté.
La sécurité sur les voies semble, pour sa part, mise en cause, d'après les premières déclarations d'experts : il s'agissait d'un train traditionnel, circulant sur une ligne à grande vitesse. La voie, en raison du passage régulier de TGV, est équipée d'un système de contrôle automatique de la vitesse, baptisé ERTMS (European rail traffic management system). «Le système de sécurité ERTMS, quatre kilomètres avant Saint-Jacques, n'est pas installé, malheureusement», a indiqué Juan Jesus Garcia Fraile, secrétaire général du syndicat espagnol des conducteurs de trains, sur la radio nationale. Le système en vigueur sur ce tronçon est le système ASFA (Anuncio de senales y frenado automatico), qui contrôle surtout le respect des signaux de signalisation, ce qui en fait «un système de sécurité un peu plus dépendant du facteur humain», a-t-il noté.
Inaugurée en décembre 2011, la ligne à grande vitesse Ourense-Saint-Jacques-La Corogne est l'une des plus récentes en Espagne, pays qui se présente régulièrement comme le champion européen dans ce domaine. Dans le monde, c'est le numéro deux en nombre de kilomètres de grande vitesse, derrière la Chine, avec 3.100 kilomètres. «La construction de cette ligne n'est pas terminée, elle est seulement réalisée d'Ourense à Saint-Jacques, mais quatre kilomètres avant Saint-Jacques, la ligne (à grande vitesse) se termine» et redevient une ligne classique, affirme Juan Jesus Garcia Fraile. «Il faudrait demander à ceux qui ont effectué la construction (de la ligne) pourquoi cela a été fini sur un tronçon et pas jusqu'à la gare», dit-il. L'accident de jeudi, considéré comme la tragédie ferroviaire la plus grave dans le pays depuis 1944, s'est justement produit à quatre kilomètres de l'entrée dans la ville, faisant au moins 80 morts et environ 140 blessées.
à lire aussi
Article : Tourisme. Lecture de la trajectoire d’un secteur devenu clé (2008-2025)
Porté par la reprise post-Covid, le tourisme marocain a retrouvé puis dépassé ses niveaux d’avant-crise. Mais une lecture de long terme montre une trajectoire plus contrastée, marquée par le choc de 2008 suivi d’une phase d’expansion modérée, puis un changement d’échelle à partir de 2022.
Article : Usines, ports, hôpitaux… comment la 5G privée va transformer le Maroc
Robots pilotés à distance, usines capables de remonter leurs données en temps réel, ports plus fluides, mines plus sûres, stades connectés pour des dizaines de milliers de spectateurs… Au Maroc, la 5G privée n’est plus un concept théorique. Dans une interview à Médias24, Ouassim El Arroussi, directeur des études et du développement chez Inwi, raconte les coulisses du premier déploiement industriel de cette technologie et explique pourquoi il pourrait ouvrir un nouveau marché stratégique pour le Royaume. Plongée.
Article : Sécurité numérique : la NARSA dénonce un site usurpant ses services en ligne
L’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) a mis en garde, le lundi 27 avril 2026, contre un site internet frauduleux usurpant son identité et visant à tromper les usagers.
Article : Cap Holding-Forafric. Ce que rachète Chakib Alj et ce qui reste dans le groupe
Le deal entre Cap Holding et Forafric Global porte sur un périmètre industriel marocain incluant moulins, marques et transformation, sans concerner la holding cotée. Cette dernière conserve un périmètre large et annonce une orientation stratégique vers la défense, la sécurité alimentaire et l'énergie.
Article : Sbata : lancement d’un bassin souterrain de 37.000 m³ pour lutter contre les inondations
La société régionale multiservices Casablanca-Settat a lancé, le lundi 27 avril 2026, un projet d’infrastructure visant à renforcer le réseau d’assainissement des eaux pluviales dans le quartier de Sbata, afin de limiter les risques d’inondation lors d’épisodes de fortes pluies.
Article : Syrie : les autorités démentent l’imposition d’un “kafil” aux ressortissants du Maghreb
L’administration syrienne de l’immigration et des passeports a démenti, le lundi 27 avril 2026, les informations faisant état de l’instauration d’un système de “kafil” pour les ressortissants des pays du Maghreb souhaitant entrer en Syrie.