Air France: environ 2.500 nouvelles suppressions de postes
La direction d'Air France, engagée dans un vaste plan de restructuration, a annoncé mercredi, selon la CGT, entre 2.500 et 2.600 nouvelles suppressions de postes d'ici à 2014 au sein de la compagnie aérienne, à l'occasion d'un comité central d'entreprise (CCE).
Selon Didier Fauverte, secrétaire général de la CGT, la direction a informé les représentants du personnel réunis au siège de la compagnie qu'elle procèderait à ces suppressions de postes dans le cadre d'un ou de plusieurs plans de départs volontaires.
Interrogée, la direction d'Air France n'a pas souhaité «pour le moment confirmer ces chiffres». Le PCF a aussitôt dénoncé «un vrai crash pour l'emploi dans une période de chômage de masse». Il s'est dit «résolument au côté des salariés qui s'opposent au dépeçage d'Air France».
Dans le cadre de Transform 2015, un plan d'économies signé en 2012 entre la direction et les syndicats, Air France a déjà supprimé 5.122 postes. En deux ans, entre juin 2011 et juin 2013, ses effectifs ont fondu de 5.600 postes, passant de 106.300 salariés à 100.700, intérimaires compris.
Deux milliards d'euros d'économies
Transform 2015 doit permettre de réaliser en trois ans deux milliards d'euros d'économies, en partie grâce à une efficacité économique supplémentaire de 20%, et de ramener la dette à 4,5 milliards fin 2014 contre 6,5 milliards en janvier 2012.
Au printemps, la direction avait annoncé que ce plan allait être amplifié, le groupe franco-néerlandais Air-France-KLM souffrant toujours de la faiblesse du réseau court et moyen-courrier chez Air France et du cargo pour l'ensemble du groupe.
Le groupe avait essuyé une perte de 800 millions l'an passé pour le seul réseau court et moyen-courrier, dont l'essentiel provient d'A. Le réseau court et moyen-courrier de KLM sera, lui, épargné par les nouvelles mesures de réduction des effectifs. Dans l'activité cargo, le groupe va encore réduire ses capacités, abandonnant de plus en plus les avions tout cargo au profit du fret en soute.
La restructuration mise en œuvre depuis un an et demi s'est pourtant traduite par des résultats en nette amélioration au deuxième trimestre 2013. D'avril à juin, le groupe a divisé par cinq sa perte nette, à moins 163 millions d'euros.
Entre 12 et 15.000 personnes en moins en quatre ans
Dans le même temps, il a dégagé un bénéfice d'exploitation de 79 millions d'euros contre une perte de 79 millions un an plus tôt, ce qui, «pour un deuxième trimestre, est une première depuis cinq ans», selon son PDG, Alexandre de Juniac. Vendredi, Alexandre de Juniac avait affirmé que les mesures portant sur les réductions de postes étaient «difficiles». Il avait toutefois assuré qu'aucune ne serait «contrainte» mais qu'elles prendraient la forme de plans de départs volontaires, de temps partiel et de congés sans solde.
L'accord sur le plan Tranform 2015 comportait «un engagement de l'entreprise de ne pas recourir à des départs contraints», a rappelé Béatrice Lestic (CFDT), à la veille du CCE.
Didier Fauverte a relevé pour sa part qu'un plan de départs volontaires avait déjà été mis en œuvre deux ans avant l'accord Transform 2015. «En l'espace de quatre ans, on va avoir perdu entre 12 et 15.000 personnes. Cela commence à faire beaucoup», a-t-il estimé. «Au point de vue opérationnel, notamment dans les escales, ça devient plus que tendu. Il y a de moins en moins de personnes au contact des passagers», a-t-il affirmé, ajoutant ne pas être «persuadé que les économies sont faites au bon endroit».
(Par AFP)
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