Menthe : révision des mesures phytosanitaires
L’utilisation de pesticides dans la culture de la menthe suit une procédure que l’ONSSA a revisitée. Les sociétés distributrices de ces produits sont appelées à diversifier leur gamme. Le développement de l’export de la menthe impose de nouvelles règles. Les explications.
L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires, l’ONSSA, vient d’émettre un avis destiné aux professionnels de la vente des produits pesticides relatifs à la culture de la menthe. «Les demandes d’homologation des produits pesticides sur la culture de la menthe sont désormais soumises, à titre exceptionnel, à la procédure d’extension d’homologation pour un usage mineur telle qu’elle est validé par le code de la procédure des produits pesticides à usage agricole», énonce-t-on dans cette décision de l’ONSSA. Cela signifierait-il que les dossiers d’homologation des produits pesticides seront traités avec moins de rigueur ? Les explications de Mohamed Rahil, chef de division au sein de la direction des contrôles et de la protection des végétaux à l’ONSSA.
Il n’en est rien. «L’administration revoit la procédure d’homologation et redéfinit la menthe comme étant à usage mineur», précise-t-il. Sachez qu’avant la diffusion de cette décision datée du 29 juillet dernier, la menthe était considérée à usage majeur comme c’est le cas pour les agrumes. Aussi, les sociétés distributrices de type de produits étaient soumises à «une procédure draconienne pour l’homologation des pesticides. Résultat : il n’existe actuellement à la disposition de l’agriculteur pas plus de 4 produits. Nous désirons avoir à disposition au minimum une vingtaine de références», ajoute Mohamed Rahil
Côté procédure. De même source, on apprend qu’elle devient «plus flexible. Dans le sens où il est désormais possible de faire homologuer un pesticide testé à l’étranger dans des conditions similaires à celles du Maroc. Et il reviendra à l’organisme de contrôle marocain de traiter les résultats des tests réalisés». Un gain d’argent incontestable pour le distributeur, sachant que l’examen des dossiers s’élève à des millions de dollars. Toutefois, insiste M. Rahil : «il faut respecter les bonnes pratiques dans l’application du traitement : dosage, nombre de pulvérisations, fréquence, respect d’un délai avant la cueillette, ceci afin de réduire les résidus toxiques présents dans la menthe».
Cette action est essentiellement motivée par les impératifs de l’export. Ces dix dernières années, les cultivateurs marocains de menthe exportent de plus en plus, notamment vers les pays d’Europe. Les directives européennes sont précises en termes d’utilisation des pesticides. «Une recommandation repose sur la mise à disposition des agriculteurs de produits diversifiés. Nous en avons discuté avec les opérateurs les commercialisant et nos rencontres se sont soldées par la mise en place de cette procédure plus flexible », souligne Mohamed Rahil.
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