Le Maroc recule de 7 places sur l’échelle de la compétitivité mondiale
Le World Economic Forum publie sur son site internet son rapport annuel sur la compétitivité mondiale et le constat est alarmant pour le Maroc : il recule de 7 places sur l’échelle mondiale, passant du 70ème au 77ème rang sur 148 pays.
La note globale du pays reste pourtant constante à 4,1 pour une note maximale de 7.
C’est la faible capacité du pays à former sa population et à s’approprier les nouvelles technologies qui est particulièrement montrée du doigt. Ceci illustre parfaitement les conséquences de l’immobilisme dans un monde qui avance et milite pour la mise en place des réformes pressantes.
La compétitivité marocaine passée au crible
Le WEF évalue la compétitivité des pays à l’aide de 12 indicateurs qui sont rassemblés en trois grands groupes :
- Les fondamentaux : dans cette catégorie, le Maroc maintien son score et ne perd globalement qu’une place au classement général. Mais l’indicateur mesurant la qualité de l’environnement macroéconomique s’est dégradé en raison de l’accroissement du déficit budgétaire et de celui de la dette publique qui est concomitant. Le Maroc est en recul de 20 places, au 90ème rang pour ce seul indicateur. Les quelques progrès accomplis dans les infrastructures sont ainsi totalement avalés par la dégradation des finances publiques.
- Les facteurs améliorant l’efficacité : bien que les performances du Maroc sur cet ensemble d’indicateurs restent stables, au classement général le pays recule de 5 places, atteignant le 84ème rang. C’est sur les indicateurs de formation et éducation supérieure et d’efficacité du marché du travail que le pays obtient les plus mauvaises performances. La qualité du système éducatif marocain et les taux de scolarisation dans le secondaire et le supérieur ainsi que la part des femmes dans la population active expliquent notamment ces mauvaises performances.
Mais le plus net recul par rapport à l’an dernier est enregistré au niveau du développement des marchés financiers et de maturité technologique. Du côté des marchés financiers, ce recul s’explique par le manque de disponibilité et d’accessibilité, au sens monétaire, des services financiers ainsi que de plus grandes difficultés pour obtenir un crédit et le manque de disponibilité du capital risque. En revanche, le pays a fait des progrès en termes d’équilibre financier des banques.
Du côté de la maturité technologique, les performances du Maroc sont en recul concernant la disponibilité des nouvelles technologies, la capacité d’absorption technologique des entreprises et le transfert technologique. Des progrès ont été accomplis dans le développement et l’accessibilité des technologies d’internet, mais ceux-ci ont été moins rapides que dans les pays concurrents.
- Les facteurs d’innovation et de sophistication : c’est pour cet ensemble d’indicateurs que le Maroc accuse le plus net recul, en perdant 16 places au classement général pour atteindre le 100ème rang. Parmi les facteurs expliquant ce recul on peut citer : le manque de sophistication dans le processus de production, la faible étendue de la commercialisation, le manque de capacités à innover, le manque d’acquisitions publiques dans les produits à technologies avancés et un léger recul dans les dépenses de recherches/développement des entreprises.
La perception du climat des affaires au Maroc
Le WEF évalue également les facteurs qui font obstacle au développement des affaires. Les trois principaux obstacles restent les mêmes. L’inefficacité de la bureaucratie est toujours le principal obstacle et pèse de plus en plus lourd (19,1% des sondés contre 17,6% l’an dernier). Mais la corruption passe à la 2ème place avec 15,6% des sondés contre 12,6% et l’accès au financement est rétrogradé à la 3ème place, avec 13,5% des sondés contre 14,8%. D’autres obstacles, bien que moins importants, sont toutefois en forte progression, tels que le taux d’imposition, la législation fiscale ou la législation du travail. En revanche, le manque de formation de la main d’œuvre et le manque de sérieux au travail sont en recul.
Ce rapport pointe donc les domaines où les efforts de réformes doivent être accentués au plus vite si le pays veut consolider sa position sur l’échelle mondiale de la compétitivité.
Comment le Maroc se situe-t-il par rapport aux pays voisins et /ou comparables ?
Au niveau de la région MENA, les meilleures performances sont affichées par le Qatar, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite respectivement aux 13ème, 19ème et 20ème rang.
A un niveau de revenu plus comparable à celui du Maroc, la Jordanie est classée 68ème avec des fondamentaux moins bons que ceux du Maroc, mais de meilleures performances en terme de facteurs d’innovation et de sophistication.
Même la Tunisie qui connaît actuellement une forte agitation et qui arrive 83ème au classement général, donc derrière le Maroc, obtient de meilleurs résultats en termes d’innovation. Sans parler de la Turquie, qui est loin devant à la 44ème place au classement général et se positionne au 47ème rang pour les facteurs d’innovation.
C’est donc réellement le manque d’une formation adéquate qui empêche la population marocaine de s’adapter rapidement aux nouvelles technologies et d’adopter un comportement innovant en adéquation avec l’évolution mondiale qui entrave, selon le rapport du WEF, la compétitivité du pays.
Et la compétitivité mondiale ?
Au niveau mondial, le top 10 des pays les compétitifs restent largement dominé par les pays européens avec par ordre la Suisse, qui reste le pays le plus compétitif au monde, la Finlande, l’Allemagne, la Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. On note également la présence dans le Top 10 de 3 pays asiatiques dont Singapour qui se classe 2ème, Hong Kong et le Japon. Dans l’ensemble de ces 10 pays, la compétitivité est ancrée sur des qualités fondamentales que sont l’innovation et un cadre institutionnel fort.
Le rapport est disponible sur le web.
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
Les autorités ont démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.