img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Le Maroc recule de 7 places sur l’échelle de la compétitivité mondiale

Le World Economic Forum publie sur son site internet son rapport annuel sur la compétitivité mondiale et le constat est alarmant pour le Maroc : il recule de 7 places sur l’échelle mondiale, passant du 70ème au 77ème rang sur 148 pays.

Le Maroc recule de 7 places sur l’échelle de la compétitivité mondiale
Mélanie Xuereb
Le 4 septembre 2013 à 19h10 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

La note globale du pays reste pourtant constante à 4,1 pour une note maximale de 7.

C’est la faible capacité du pays à former sa population et à s’approprier les nouvelles technologies qui est particulièrement montrée du doigt. Ceci illustre parfaitement les conséquences de l’immobilisme dans un monde qui avance et milite pour la mise en place des réformes pressantes.

La compétitivité marocaine passée au crible

Le WEF évalue la compétitivité des pays à l’aide de 12 indicateurs qui sont rassemblés en trois grands groupes :

- Les fondamentaux : dans cette catégorie, le Maroc maintien son score et ne perd globalement qu’une place au classement général. Mais l’indicateur mesurant la qualité de l’environnement macroéconomique s’est dégradé en raison de l’accroissement du déficit budgétaire et de celui de la dette publique qui est concomitant. Le Maroc est en recul de 20 places, au 90ème rang pour ce seul indicateur. Les quelques progrès accomplis dans les infrastructures sont ainsi totalement avalés par la dégradation des finances publiques.

- Les facteurs améliorant l’efficacité : bien que les performances du Maroc sur cet ensemble d’indicateurs restent stables, au classement général le pays recule de 5 places, atteignant le 84ème rang. C’est sur les indicateurs de formation et éducation supérieure et d’efficacité du marché du travail que le pays obtient les plus mauvaises performances. La qualité du système éducatif marocain et les taux de scolarisation dans le secondaire et le supérieur ainsi que la part des femmes dans la population active expliquent notamment ces mauvaises performances.

Mais le plus net recul par rapport à l’an dernier est enregistré au niveau du développement des marchés financiers et de maturité technologique. Du côté des marchés financiers, ce recul s’explique par le manque de disponibilité et d’accessibilité, au sens monétaire, des services financiers ainsi que de plus grandes difficultés pour obtenir un crédit et le manque de disponibilité du capital risque. En revanche, le pays a fait des progrès en termes d’équilibre financier des banques.

Du côté de la maturité technologique, les performances du Maroc sont en recul concernant la disponibilité des nouvelles technologies, la capacité d’absorption technologique des entreprises et le transfert technologique. Des progrès ont été accomplis dans le développement et l’accessibilité des technologies d’internet, mais ceux-ci ont été moins rapides que dans les pays concurrents.

- Les facteurs d’innovation et de sophistication : c’est pour cet ensemble d’indicateurs que le Maroc accuse le plus net recul, en perdant 16 places au classement général pour atteindre le 100ème rang. Parmi les facteurs expliquant ce recul on peut citer : le manque de sophistication dans le processus de production, la faible étendue de la commercialisation, le manque de capacités à innover, le manque d’acquisitions publiques dans les produits à technologies avancés et un léger recul dans les dépenses de recherches/développement des entreprises.

La perception du climat des affaires au Maroc

Le WEF évalue également les facteurs qui font obstacle au développement des affaires. Les trois principaux obstacles restent les mêmes. L’inefficacité de la bureaucratie est toujours le principal obstacle et pèse de plus en plus lourd (19,1% des sondés contre 17,6% l’an dernier). Mais la corruption passe à la 2ème place avec 15,6% des sondés contre 12,6% et l’accès au financement est rétrogradé à la 3ème place, avec 13,5% des sondés contre 14,8%. D’autres obstacles, bien que moins importants, sont toutefois en forte progression, tels que le taux d’imposition, la législation fiscale ou la législation du travail. En revanche, le manque de formation de la main d’œuvre et le manque de sérieux au travail sont en recul.

Ce rapport pointe donc les domaines où les efforts de réformes doivent être accentués au plus vite si le pays veut consolider sa position sur l’échelle mondiale de la compétitivité.

Comment le Maroc se situe-t-il par rapport aux pays voisins et /ou comparables ?

Au niveau de la région MENA, les meilleures performances sont affichées par le Qatar, les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite respectivement aux 13ème, 19ème et 20ème rang.

A un niveau de revenu plus comparable à celui du Maroc, la Jordanie est classée 68ème avec des fondamentaux moins bons que ceux du Maroc, mais de meilleures performances en terme de facteurs d’innovation et de sophistication.

Même la Tunisie qui connaît actuellement une forte agitation et qui arrive 83ème au classement général, donc derrière le Maroc, obtient de meilleurs résultats en termes d’innovation. Sans parler de la Turquie, qui est loin devant à la 44ème place au classement général et se positionne au 47ème rang pour les facteurs d’innovation.

C’est donc réellement le manque d’une formation adéquate qui empêche la population marocaine de s’adapter rapidement aux nouvelles technologies et d’adopter un comportement innovant en adéquation avec l’évolution mondiale qui entrave, selon le rapport du WEF, la compétitivité du pays.

Et la compétitivité mondiale ?

Au niveau mondial, le top 10 des pays les compétitifs restent largement dominé par les pays européens avec par ordre la Suisse, qui reste le pays le plus compétitif au monde, la Finlande, l’Allemagne, la Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. On note également la présence dans le Top 10 de 3 pays asiatiques dont Singapour qui se classe 2ème, Hong Kong et le Japon. Dans l’ensemble de ces 10 pays, la compétitivité est ancrée sur des qualités fondamentales  que sont l’innovation et un cadre institutionnel fort.

Le rapport est disponible sur le web.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Mélanie Xuereb
Le 4 septembre 2013 à 19h10

à lire aussi

La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Quoi de neuf

Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka

Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.

Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
TOURISME

Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance

Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.

Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
Quoi de neuf

Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca

En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.

Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026

L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.

La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
Mines

Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP

C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.

Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Quoi de neuf

Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial

Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité