Mohammed El Kettani : «La gestion du risque fait partie de notre ADN»
Attijariwafa Bank (AWB), leader des banques marocaines, a présenté ce vendredi matin à Casablanca, ses résultats financiers du premier semestre 2013, devant un parterre de journalistes et d’analystes financiers.
‘Un excellent semestre globalement’ a commenté Mohammed Kettani, le président-directeur général de la banque, qui a détaillé les résultats devant un parterre de journalistes. Le Produit Net Bancaire a augmenté de 4,7% pour atteindre 9,1 milliards de DH.
Plusieurs analystes financiers des différentes sociétés de bourse (Upline, CFG, BMCE capital) ont également fait le déplacement pour avoir des réponses à leurs questions. Le leader des banques compte-t-il emprunter à l’international ? Pourquoi les banques ont-elles davantage recours à la dette subordonnée et moins aux certificats de dépôts ? Mais les questions les plus fréquentes concernaient la montée du coût du risque.
Le coût du risque est le poids des créances non remboursées par les emprunteurs, il augmente avec la montée des créances douteuses. Et en effet, les créances en souffrance ont augmenté de 8,4% pour s’établir à 14 milliards de DH à fin Juin. Le coût du risque a donc aussi flambé, il est ressorti à 971,6 millions de DH contre 593 millions à fin juin 2012, soit une augmentation de 63,7%. Résultat : la baisse du résultat net part du groupe de 4,8%, à 2,2 milliards de DH.
Et c’est essentiellement dans la maison mère, AWB Maroc que le coût du risque a augmenté, suivi de Wafa assurances.
Mais M. Kettani assure : « La gestion du risque fait partie de notre ADN ». « Le commercial et le décideur de risques sont distincts». Quand une personne veut emprunter, c’est le commercial qui instruit le dossier, mais ensuite, c’est au décideur du risque d’accorder ou non le prêt. « C’est pour éviter toute émotion,» plaisante le PDG. « Non pas que les décideurs de risques non pas de cœur…» rassure-t-il.
La montée du coût du risque est liée à la santé financière des clients. Concernant la montée du risque ce semestre, ce sont surtout les industriels en relation commerciale avec l’Europe qui sont concernés. Les promoteurs de l’immobilier de luxe viennent en second lieu. Mais la banque de Kettani reste très prudente. Elle anticipe les risques en augmentant les provisions de certains clients. «Dès que le client est en dépassement, on suit de très près le recouvrement». Par ailleurs, le risque d’AWB reste en deçà du risque du secteur, apprend-on.
C’est donc au niveau d’AWB Maroc que le coût du risque a le plus augmenté. Conséquence : la contribution d’AWB Maroc dans le RNPG a chuté de 18%. Et la filiale de la banque au Maroc contribue à hauteur de 55% dans le RNPG de la société mère.
L'UMEOA totalement couverte
«Il faudra miser sur les filiales tunisienne et sénégalaise», explique M. Kettani. Ces pays ont un fort potentiel. La participation de la Tunisie au RNPG ce premier semestre a presque doublé. AWB est le premier réseau de distribution en Tunisie.
La tendance de la croissance en Afrique subsaharienne est très forte, d’où l’augmentation des contributions des filiales subsahariennes dans le RNPG d’AWB de près de 25% à fin juin.
Dans les pays africains où le leader marocain est installé, le taux de bancarisation varie entre 3 à 8%. Un énorme potentiel. Par ailleurs, Attijariwafa Bank est le premier réseau bancaire en Afrique au niveau des points de vente.
La Chine est également un marché prometteur. Grâce au partenariat avec Bank of China, les opérateurs chinois qui voudront opérer au Maroc passeront par AWB dorénavant et vice versa. Bank of China a mis à la disposition de la banque marocaine 15.000 agences en Chine.
L’idéal pour Attijariwafa Bank est de couvrir l’intégral de la région UMEOA (Sénégal, Burkina Faso, Mali, côte d’ivoire, Bénin, Niger, Togo et Guinée Bissau). C’est presque fait. Cette semaine, aura lieu la finalisation de l’acquisition de 55% du capital de BIA Togo. Le Bénin est en cours de discussion.
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