Nouveau gouvernement : Quand le PJD se justifie
C’est sur son site que le PJD apporte des explications à deux questions : -pourquoi avoir autant cédé dans les négociations, -pourquoi avoir gardé Mohamed Elouafa en tant que ministre.
Sur le premier point, il s’agit d’un long texte sous forme d’édito, intitulé : le Maroc a gagné. Au-delà de la langue de bois habituelle à ce genre d’exercice, voici les éléments essentiels de cette explication :
1. Le contexte dans lequel se sont déroulées les négociations avec le RNI : l’éditorialiste rappelle à juste titre deux caractéristiques qui sont affaibli (le terme n’est pas utilisé) le PJD, c’est-à-dire la crise économique et financière; et le reflux des islamistes issus de ce que l’on appelle le printemps arabe.
2. Les négociations pouvaient à tout moment échouer et donc mener le pays vers l’inconnu. Mais le chef du gouvernement et chef du PJD a fait preuve d pragmatisme en faisant passer l’intérêt supérieur de la nation avant toute autre considération. C’est un peu le prix à payer : lorsqu’on conduit un bateau, on est parfois conduit à faire descendre quelques passagers pour bien mener la barque…
3. L’édito critique violemment «le nouveau leader de l’Istiqlal».
4. Le PJD œuvre à renforcer le processus démocratique contre tout retour en arrière et réaffirme la priorité qu’il accorde aux grandes réformes.
5. Un hommage particulier est rendu à Saâd Eddine El Othmani pour avoir accepté de quitter le gouvernement.
Sur le cas Mohamed El Ouafa, un éclairage est apporté par Mohamed Yatim, l’un des dirigeants du parti, dans un article également publié par le site du PJD.
L’auteur rappelle :
1.Interrogé au sujet de Abdelilah Benkirane dans une émission de radio, Mohamed El Ouafa, ministre de l’Education nationale, l’avait qualifié de patriote et d’homme d’Etat !
2. Il a refusé de démissionner contrairement aux autres ministres istiqlaliens et avait déclaré que seul le Roi peut le démettre.
3.Vendredi dernier, une ovation partie des bancs des députés PJD a accueilli son entrée au parlement à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire.
Au final, conclut l’auteur, garder El Ouafa au sein de la formation gouvernement est une décision qui rend à l’action politique toute sa noblesse. Et, dit-il, le PJD a choisi les principes et l’intérêt supérieur de la nation et a voulu éviter au pays des élections anticipées et donc d’aller vers l’inconnu.
En conclusion, le PJD donne des explications qui ressemblent davantage à une tentative de justification. L’absence d’arguments nouveaux ou convaincants confirme l’affaiblissement du parti, l’érosion de sa marge de négociation et ses lacunes en matière de gestion.
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