Casablanca : il fallait une colère royale…
Lors de la prochaine session ordinaire du Conseil de la ville, le 31 octobre, d’importants dossiers dont les contrats de gestion sont arrivés à terme, seront examinés par les élus casablancais. Le débat promet d’être houleux dans un dossier où des milliards de DH sont en jeu.
Depuis le discours du Roi sur les maux qui rongent Casablanca, jamais autant de réunions n’ont été tenues par le Conseil de la ville.
Réunis quasi-quotidiennement, les élus discutent essentiellement de questions relatives au nettoiement.
«Au lieu de lancer une réflexion de fond et un débat sur la gouvernance, nous passons notre temps à parler de problèmes liés aux déchets et à l’assainissement. L’idée est pourtant de s’intéresser à la qualité de vie du citadin au quotidien. Prenons le cas des grands projets qui longent la cote casablancaise. A-t-on pensé à l’incroyable appel de flux qu’ils généreront une fois bouclés? Pas du tout. Cela est symptomatique de l’absence d’une vision globale de la métropole. Bref, Casablanca est gérée comme n’importe quelle petite commune de 300.000 habitants», lance un élu local sous couvert d’anonymat.
Ce mercredi 23 octobre, une énième réunion dédiée à l’assainissement sera tenue au conseil de la ville.
Ce n’est qu’à partir de la fin du mois d’octobre que des dossiers chauds seront officiellement mis sur la table.
L’un des grands chantiers qui suscitent un vif intérêt concerne la gestion du patrimoine. Depuis quelques jours, la commission du patrimoine relevant du Conseil de la ville procède au recensement des dossiers de projets donnés en gestion déléguée et qui sont arrivés à terme, pour certains depuis plusieurs années.
«Avec le service juridique, nous préparons un fond de dossier avec une fiche technique et un descriptif pour chaque projet. C’est un vrai travail de fourmis», précise Abdelhak Al Mabchour, président de la Commission du patrimoine.
La session ordinaire programmée au 31 octobre consacrera une grande partie de son ordre du jour au traitement de ces dossiers. «Nous sommes prêts à les étudier dans leur totalité, encore faut-il pouvoir les instruire à temps», ajoute la même source.
Les dossiers prioritaires seront tout de même ceux où des sommes importantes sont en jeu. Il s’agit par exemple de la Sqala, du complexe du Lido (Paradise), des terrains de tennis de Hay Moulay Rachid, du complexe sportif Zenata, du golf d’Anfa, du marché de gros de Moulay Rachid, du club d’équitation de Sidi Othmane ou encore de la gare routière d’Ouled Ziane.
Dans la foulée, 13 hammams dont les contrats sont arrivés à terme en 1999 sont eux aussi concernés! S’agissant de ce dernier cas, il sera procédé à une évaluation financière avant de vendre ces biens via appels d’offres.
En parallèle, le Conseil de la ville se penche sur les cahiers des charges relatifs à la collecte des déchets ménagers. Le contrat avec les trois sociétés (Tecmed, Segedema et Sita El Beida) en charge de ce dossier expirera en mars prochain. «Leur bilan est négatif. Cette fois-ci, nous ferons appels à cinq sociétés internationales de renom», ajoute Abdelahk Al Mabchour.
Le Conseil de la ville et le maire Mohamed Sajid, peu épargnés par les critiques depuis le discours royal, n’ont pas souhaité communiquer pour le moment. Ils ont préféré se consacrer à améliorer leur bilan et à dresser une liste de chantiers vendeurs, une sorte de programme élaboré dans l’urgence. Curieusement, ce programme paraît plus consistant et convaincant que les précédentes actions qui avaient pris un tour routinier. Comme quoi, même les élus ont besoin d’être secoués…
D’ailleurs, la semaine écoulée, les Casablancais ont bien senti un effort en matière de propreté et de sécurité.
En attendant, personne n’évoque de réflexion au sujet des ressorts de la gouvernance, de la charte communale, du fonctionnement de la démocratie locale. Personne n’évoque l’élaboration d’une vision pour la ville, d’une quelconque stratégie. Peut-être que si le Roi en parlait…?
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