Mali: opération conjointe « de grande ampleur » autour du fleuve Niger
Près de 1.500 soldats français, maliens et de la Mission de l'ONU ont lancé une vaste opération dans le nord du Mali pour « éviter (une) résurgence » de « mouvements terroristes » après une série d'attaques menées par des groupes jihadistes.
« Nous avons engagé, avec l'armée malienne et la Minusma (Force de l'ONU au Mali), une opération de grande ampleur au nord et au sud de la boucle du Niger, a indiqué jeudi à Paris le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'état-major des armées. « C'est la première fois que nous voyons travailler ensemble des volumes de force importants ».
Plus d'un millier de soldats participent à l'opération, dont un bataillon de militaires français et un bataillon malien, comptant plus de 500 soldats chacun.
Son objectif « est de faire pression sur les mouvements terroristes éventuels pour éviter leur résurgence (...) Cela fait partie de ces opérations qui sont régulièrement menées (...) pour participer à la stabilité du pays », a précisé le colonel Jaron, en assurant qu'il ne s'agissait pas d'une réponse aux attaques récentes menées récemment par des éléments jihadistes.
Mercredi des islamistes armés ont mené une nouvelle attaque, contre des positions de l'armée tchadienne à Tessalit, dans l'extrême nord-est du Mali, à plus de 500 km de la zone de l'opération. Depuis près de trois semaines, des groupes jihadistes ont lancé une série d'opérations dans le vaste Nord malien.
« Frapper les esprits »
Interrogé sur ces attaques, le colonel Caron a souligné que les forces françaises n'étaient pas surprises de « voir ponctuellement de tels groupuscules se mettre en œuvre » à l'approche des législatives, dont le premier tour est prévu le 24 novembre.
« A chaque fois, il s'agit d'opérations très concentrées géographiquement, qui ne s'inscrivent pas dans la durée et qui reposent sur un mode d'action de terroristes, (en voulant) frapper les esprits sans avoir forcément une capacité à engager un combat dans le temps », a analysé le porte-parole de l'armée française. « Nous savons que la totalité des groupes terroristes présents (...) au Mali n'ont pas été éliminés. Et par moment, ils peuvent resurgir alors que nous allons vers les élections législatives », a-t-il poursuivi.
Ces élections succèdent au scrutin présidentiel en juillet et août, qui s'est déroulé dans le calme et a vu la victoire d'Ibrahim Boubacar Keïta.
Malgré la présence de milliers de soldats français et africains dans le nord du Mali pour les traquer, les jihadistes ont mené depuis septembre trois attaques meurtrières dans la région.
Mercredi, deux soldats tchadiens et un enfant malien ont été tués, et six militaires tchadiens blessés dans une attaque suicide combinant voiture piégée et tirs à l'arme lourde à Tessalit, à 1.700 km au nord-est de Bamako, près de la frontière algérienne. Cinq assaillants ont été tués, selon l'armée tchadienne.
L'attentat a été revendiqué auprès de l'AFP à Bamako par Sultan Ould Bady, chef d'un petit groupe jihadiste lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Le 7 octobre, un soldat malien avait été tué dans des tirs à l'arme lourde sur Gao, la ville principale du nord du Mali, à 1.200 km de Bamako. Les tirs avaient été revendiqués par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).
Le 28 septembre, un attentat suicide à Tombouctou revendiqué par Aqmi avait tué deux civils et quatre kamikazes et blessé sept soldats maliens, selon les autorités maliennes.
Le Mujao et Aqmi sont les deux principaux groupes armés ayant occupé le nord du Mali en 2012, y commettant de nombreuses exactions.
Ces attaques posent la question du renforcement de la mission de l'ONU au Mali, la Minusma, qui, de 6.000 hommes actuellement, doit passer à plus de 12.000 d'ici la fin de l'année, alors que la France a prévu de réduire le nombre de ses soldats de 3.000 à un millier fin janvier 2014.
L'armée française intervient depuis janvier au Mali, où elle a chassé les groupes islamistes armés qui occupaient le nord du pays.
(Par AFP)
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Voici les listes finales des 48 équipes engagées
L’identité des quelque 1.200 internationaux qui disputeront le Mondial 2026 a été dévoilée. Un contingent historique en raison de l’élargissement de la compétition à 48 nations. La FIFA réserve toutefois le droit aux sélectionneurs de remplacer un joueur la veille du premier match de son équipe sous certaines conditions.
Article : Le Roi Mohammed VI s'est réuni à Rabat avec Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane
Le Roi Mohammed VI et Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane se sont rencontrés à Rabat dans le cadre de la visite privée que le Président de l’État des Émirats arabes unis effectue au Maroc. Les questions et défis que connaît la scène internationale, en particulier ceux qui concernent les États du Golfe et du Moyen-Orient, étaient au cœur de la rencontre.
Article : Préparation CDM 2026. Le Maroc s’impose sans peine face à Madagascar (4-0)
Les Lions de l’Atlas n’ont pas eu à forcer leur talent pour l’emporter face à des Malgaches limités, ce mardi 2 juin à Rabat, grâce notamment à un doublé d’Ismaïl Saibari. Les enseignements positifs ont été nombreux, mais le manque d’efficacité demeure un point noir en vue du Mondial 2026.
Article : Batteries : pourquoi le modèle industriel marocain inquiète-t-il Bruxelles
L’Union européenne durcit sa position face aux investissements chinois. Avec les projets chinois dans l’automobile électrique et les batteries, le Maroc se retrouve au cœur de cette nouvelle tension. Le précédent des jantes en aluminium montre que cette pression peut déjà se traduire par des droits commerciaux lourds. Le Royaume entend défendre ses intérêts. Des discussions sont en cours.
Article : Visa Fintech Day : le Maroc veut accélérer l’inclusion financière grâce à l’IA et aux paiements numériques
Rapprocher les services financiers des citoyens, soutenir les TPME et réduire les fractures d’accès… Le Maroc mise sur l’IA et la fintech pour accélérer sa transformation numérique.
Article : 1.700 passagers et 426 cabines : GNV baptise à Tanger son navire Aurora le plus moderne
Avec le baptême du GNV Aurora à Tanger, la compagnie maritime italienne GNV renforce son dispositif entre le Maroc, l'Espagne et l'Italie. Déployé à l'approche de l'Opération Marhaba 2026, ce ferry de nouvelle génération illustre les ambitions du groupe en matière de mobilité, de confort des passagers et de transition énergétique.