Ce 2 juin 2026, la 3e édition du Visa Fintech Day s’est tenue à Rabat, au sein de la Mohammed VI Tower, autour du thème "Reshaping Payments in the Era of AI".
L’événement a réuni les principaux acteurs de l’écosystème fintech, des institutions publiques, des régulateurs, des banques, des start-up et des experts du numérique pour échanger sur les transformations qui redessinent les services financiers à l’ère de l’intelligence artificielle.
La fintech représente une opportunité majeure pour rapprocher les services financiers des citoyens, soutenir les TPME, renforcer l’inclusion financière et accélérer l’intégration économique
Le Maroc veut porter une troisième voie dans l’intelligence artificielle et la transformation numérique
En ouverture de son intervention, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a souligné l’importance du Visa Fintech Day comme espace de réflexion autour des transformations qui redessinent l’économie numérique.
"La tenue de cette rencontre à Rabat témoigne de l’intérêt croissant accordé aux technologies financières en tant que levier stratégique de modernisation économique, d’inclusion financière et d’accélération de la transformation numérique".
La ministre a rappelé que le Maroc a engagé, sous l’impulsion royale, "une transformation profonde visant à bâtir une économie moderne, compétitive et résiliente, capable de saisir pleinement les opportunités offertes par la révolution numérique".
Une troisième voie fondée sur l’équilibre entre innovation et souveraineté
Amal El Fallah Seghrouchni a expliqué que cette vision se traduit notamment à travers la stratégie Morocco Digital 2030 et la feuille de route AI Made in Morocco, destinées à renforcer les capacités nationales dans les domaines de l’intelligence artificielle, des infrastructures numériques, de la cybersécurité et de la valorisation des données.
Dans ce cadre, le Royaume ambitionne de porter "une véritable troisième voie dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la transformation numérique".
Selon elle, cette approche repose sur "l’équilibre entre innovation et souveraineté, entre compétitivité et inclusion, entre performance technologique et responsabilité éthique".
"La technologie doit être un levier au service du citoyen, de l’entreprise, des territoires et du développement humain", a ajouté la ministre.
Le Maroc entend faire de l’intelligence artificielle "un instrument de confiance, d’inclusion et de création de valeur", en cohérence avec les priorités nationales et les dynamiques régionales et internationales.
Bâtir une administration numérique intégrée et centrée sur l’usage
La ministre a enfin mis en avant les réformes engagées pour accélérer la transformation numérique de l’administration. Elle a indiqué que cette ambition se concrétise par "plusieurs réformes structurantes visant à bâtir une administration numérique intégrée, interopérable et centrée sur l’usage".
"L’objectif est de simplifier les démarches administratives, d’améliorer la qualité des services publics et de renforcer l’efficacité de l’action publique grâce aux technologies numériques".
Dans cette dynamique, Amal El Fallah Seghrouchni a cité l’identité numérique, la protection des données personnelles, l’interconnexion des systèmes d’information et la cybersécurité parmi les piliers de la transformation numérique engagée par le Maroc.
"La finance embarquée redéfinit les usages et rapproche les services financiers des citoyens"
"La transformation numérique du secteur financier constitue aujourd’hui l’une des mutations économiques les plus structurantes à l’échelle mondiale".
"Le marché mondial de la fintech dépasse désormais 340 milliards de dollars et pourrait franchir le seuil de 1.000 milliards de dollars à l’horizon 2030, tandis que plus de 75 % des consommateurs utilisent déjà au moins un service financier numérique".
Cette évolution est portée par "l’essor des paiements digitaux, de la finance embarquée, de l’intelligence artificielle, de l’analyse des données et de l’interopérabilité des systèmes", avec à la clé des écosystèmes financiers "plus intelligents, plus fluides, plus inclusifs et plus interconnectés".
La ministre a particulièrement insisté sur le développement de la finance embarquée qu’elle a présentée comme l’une des évolutions majeures observées à l’international. Ce modèle permet "l’intégration directe des services financiers au sein des plateformes numériques, des applications mobiles, du commerce électronique, de la mobilité et des services publics".
Le Maroc s’inscrit pleinement dans cette dynamique
Abordant les enjeux africains, Amal El Fallah Seghrouchni a estimé que la fintech représente "une opportunité majeure pour rapprocher les services financiers des citoyens, soutenir les TPME, renforcer l’inclusion financière et accélérer l’intégration économique".
Le continent dispose d’un potentiel important, porté notamment par la généralisation du mobile, la jeunesse de la population et l’émergence de nouveaux usages numériques.
Dans ce contexte, la ministre a affirmé que "le Maroc s’inscrit pleinement dans cette dynamique". Elle a notamment relevé que les paiements mobiles ont plus que doublé en un an, passant de 9,7 millions d’opérations en 2023 à 19,7 millions en 2024, pour une valeur de 3,9 milliards de DH.
Pour elle, ces indicateurs montrent "une évolution encourageante", tout en mettant en évidence "un potentiel important à mobiliser pour faire du numérique un levier d’inclusion, de confiance et de compétitivité".
L’intelligence artificielle transforme déjà les mécanismes du secteur financier
L’accélération actuelle de la transformation numérique s’explique par plusieurs facteurs, parmi lesquels la généralisation des infrastructures numériques, la montée en puissance du cloud, le développement de l’intelligence artificielle et l’évolution des attentes des citoyens et des entreprises en matière de rapidité, de sécurité et de simplicité.
Dans le secteur financier, "l’intelligence artificielle transforme déjà les mécanismes de détection de fraude, d’analyse des risques, de conformité réglementaire et d’automatisation des processus", a-t-elle souligné.
Ces technologies permettent de développer "des systèmes intelligents capables d’analyser des situations complexes, d’appuyer la prise de décision et d’optimiser les parcours financiers dans des environnements sécurisés, gouvernés et résilients".
