img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Textile : le potentiel de l’amont est avéré

Longtemps cantonné à confection, le secteur a un potentiel dans la fabrication de la matière première. C’est ce que révèle une étude de Mc Kinsey qui sera discutée prochainement avec le ministre de tutelle.  

Textile : le potentiel de l’amont est avéré
Nabila Fathi
Le 28 octobre 2013 à 21h50 | Modifié 28 octobre 2013 à 21h50

L’un des premiers sujets de discussion qu’auront les industriels du textile avec Moulay Hafid Elalamy, leur nouveau ministre de tutelle, portera sur le développement de l’amont dans la filière. Le Maroc est un importateur quasi-net de la matière première nécessaire à la confection.

L’actualité est apportée par la dernière étude de Mc Kinsey. « Ledit rapport a réalisé un benchmark avec des pays forts en amont, comme l’Inde, la Turquie ou encore la Chine. Il a conclu que le Maroc peut les concurrencer. Sa compétitivité est avérée », lance Mustapha Sajid, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith).

Un discours qui tranche avec les idées préconçues, selon lesquelles le Maroc ne pouvait être bon que dans la confection. Les zones de turbulences par lesquelles sont passées, notamment en 2011, les rares entreprises qui s’activaient dans l’amont corroboraient ces idées-là. Sous-facturation, détournement des règles d’origines, coût des facteurs de production… autant de maux qui menaçaient la survie de la profession.

Ces éléments ont certes été listés dans le rapport Mc Kinsey, mais c’est au niveau du remplissage des capacités de production des usines qu’il faudra intervenir pour développer une industrie amont. Chez les concurrents, elles tournent à plein régime alors qu’au Maroc, le taux est d’à peine 50%.  Et encore…

La solution ? « Nous ne réinventerons pas la roue. Il faudra favoriser l’investissement », précise  Mohamed Tazi, directeur délégué de l’Amith. Des subventions devraient être accordées à la fois au fabricant de la matière première qu’à l’usine de confection. A une condition : qu’ils nouent une relation client-fournisseur créant ainsi une sorte d’intégration intra-filière. « Cela boostera à la fois l’offre et la demande sur le marché », ajoute la même source. L’aide accordée sera réduite au fur et à mesure que l’usine retrouvera son équilibre financier.

Toutefois, l’industrialisation de l’amont ne se fera pas tous azimuts, mais par niches. « Il faut être lucide. Le Maroc ne pourra pas être compétitif en fabricant du coton écru par exemple ».

Le rapport Mc Kinsey s’attaque aussi à ce volet. L’Amith aura pour mission de guider les investisseurs potentiels. «  Les acteurs ne savent pas où investir, ignorent où se trouve le bon filon. En plus de fournir les indicateurs sur le secteur, nous travaillerons sur l’ingénierie des projets », précise Mohamed Tazi.

Tout cela est bien beau. Mais tant que l’ensemble des mesures n’est pas encore discuté avec le gouvernement pour en affiner les angles et surtout pour se mettre d’accord sur les actions d’accompagnement à mettre en place, ce discours relève du simple projet. « Il n’y a point de stratégie gagnante sans le concours public. Notre secteur n’a jamais profité de mesures structurelles. Seules des actions ponctuelles ont été mises en place. Aujourd’hui, nous savons ce que nous voulons et où nous voulons aller, chose qui nous manquait par le passé », ajoute Mustapha Sajid.


 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : Macky Sall
Nabila Fathi
Le 28 octobre 2013 à 21h50

à lire aussi

La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Quoi de neuf

Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka

Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.

Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
TOURISME

Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance

Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.

Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
Quoi de neuf

Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca

En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.

Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026

L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.

La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
Mines

Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP

C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.

Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Quoi de neuf

Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial

Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité