SnapChat, la startup qui a dit non à Facebook
La famille des réseaux sociaux compte depuis un an un nouveau membre. SnapChat fait énormément parler de lui depuis que ses créateurs ont refusé l’offre de rachat à 3 milliards de dollars par Facebook, le 13 novembre.
Il faut croire que Evan Spiegel âgé de 23 ans et Bobby Murphy âgé de 25 ans estiment à bien plus que ça la valeur de leur concept.
Lancée en septembre 2011 par Evan Spiegel et Bobby Murphy, deux étudiants à Stanford University, l’application SnapChat était à l’origine un projet scolaire avec pour concept original un réseau social de partage de photos qui s’autodétruisent après 10 secondes. Le duo de développeurs s’est d’abord concentré sur les aspects techniques de l’application puis sur son image de marque.
En mai 2012, SnapChat connaissait déjà une audience très importante avec 25 images envoyées par seconde et six mois plus tard, l’application franchissait le cap du milliard de photos partagées sur sa version iOS. Le volume des sollicitations était tel que le serveur rencontrait des difficultés à transférer les images en temps réel. Le mois qui suit, SnapChat réussit à décrocher un financement de 60 millions de dollars et leur équipe se voit fortifiée par l’arrivée de Michael Lynton, un ancien de la division américaine de Sony.
Enfin, date la plus marquante de l’histoire de cette application : le 13 novembre. Alors que SnapChat ne rapporte pas encore le moindre centime à ses auteurs, Facebook propose de les racheter pour 3 milliards de dollars. Trois fois plus que le prix donné pour racheter Instagram.
Face à ce scénario insolite, il est légitime de se poser deux questions. Pourquoi Facebook est prêt à racheter une deuxième application de partage de photos un an après s’être payé Instagram ? Et pourquoi les auteurs de SnapChat refusent-ils une offre à 3 milliards de dollars ?
La réponse se trouve dans la petite particularité originale de SnapChat : la destruction des images 10 secondes après avoir été postées. Rassurés par l’idée que SnapChat ne conserve pas les données privées de ses utilisateurs, ces derniers l’utilisent de façon complètement décomplexée. De plus, avec toute la polémique sur la vie privée qui fait rage depuis les révélations d’Edward Snowden, pas étonnant que le concept aie autant de succès, et pas étonnant non plus que Facebook se sente menacé.
Le directeur financier de Facebook, David Ebersman avoue même avoir observé «une baisse de l’usage quotidien, spécialement parmi les jeunes adolescents». Voilà qui explique l’intérêt de Facebook pour cette nouvelle application mobile. Mais pourquoi l’offre n’est-elle pas assez attrayante pour le Spiegel et Murphy ?
Comme élément de réponse à cette deuxième question, il convient de noter qu’à son entrée en bourse la semaine dernière, Twitter qui ne générait aucun revenu a été valorisée à près de 25 milliards de dollars. Si l’application SnapChat a la prétention d’apporter une valeur équivalente à celle de Twitter à la sociosphère, on peut s’attendre à ce que ses propriétaires actuels fassent de leur mieux pour la garder tant qu’ils n’auront pas une offre de cette envergure.
En tout état de cause, si SnapChat est une épine déjà bien enfoncée dans le pied de Facebook, on peut également y voir un renouveau d’espoir pour les jeunes développeurs d’applications dans le monde entier. Le scénario de la petite idée géniale qui rend son auteur milliardaire est encore possible.
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