Oxford Business Group se penche sur la stratégie d'OCP
Le cabinet d'intelligence économique basé à Londres détaille la stratégie du premier exportateur mondial de phosphates. OCP compte mobiliser 29 milliards de DH pour la réalisation des projets prévus en 2014.
Pour atteindre cet objectif et conforter son positionnement mondial, l'OCP a conclu le mois dernier un accord pour le financement de sa stratégie de développement visant à multiplier par deux la production de minerai de phosphate et de dérivés d'ici 2020, indique une analyse de l'OBG qui vient de paraitre.
Après la signature début octobre d'une convention de prêt d'un montant de 271 millions de dollars avec la banque allemande de développement KfW, l'OCP s'apprête à lancer de grands travaux de modernisation, précisent les experts de ce cabinet d'études et de conseils.
Et d'ajouter que la stratégie de développement de l'OCP, prévoyant la restructuration des infrastructures minières et industrielles ainsi que l'installation de systèmes plus efficaces d'utilisation des ressources hydrauliques, devrait entrainer un bond de la production industrielle.
Selon l'avis des experts de l'OBG, les phosphates représentent environ un quart des recettes d'exportation du Maroc, affirmant que les efforts déployés pour augmenter la production devraient permettre d'améliorer les recettes extérieures sur le moyen à long terme.
En dépit d'une conjoncture internationale difficile, le groupe OCP envisage de lancer son programme de développement sans perdre de vue la reprise du marché mondial de phosphates, prévue en 2015, soulignent les analystes de l'OBG.
Le groupe devra utiliser le prêt de KfW, d'une maturité de 11 ans, dont 3 ans de différé, pour financer la construction de deux usines de dessalement dans les ports essentiels de Jorf Lasfar et de Safi, rappelle l'OBG.
Le prêt servira aussi pour financer les projets de développement de stations d'épuration d'eaux usées sur les sites miniers de Khouribga, Youssoufia et Benguérir, ainsi qu'à la construction de systèmes d'adduction et de distribution d'eau sur les sites miniers et industriels.
La stratégie de développement déclinée par l'OCP ambitionne de relever la production de phosphate de son niveau actuel de 34 millions de tonnes à 50 millions de tonnes d'ici 2020, et ce grâce à un programme d'investissement de 130 milliards de DH (11,56 milliards d'euros) sur 10 ans, souligne l'étude de l'OBG.
Des mesures sont également prises pour augmenter la production annuelle d'engrais et la faire passer de 3,5 millions de tonnes à 10 millions de tonnes, ajoute le document, faisant savoir que le groupe OCP compte réduire les coûts de production jusqu'à 40% en modernisant ses infrastructures et en développant ses opérations portuaires.
En début d'année, l'OCP a contracté un emprunt d'un montant de 150 millions de dollars auprès de la Banque islamique de développement (BID), basée en Arabie Saoudite, en vue de financer les modernisations d'infrastructures prévues pour le port de Jorf Lasfar.
Avec la mise en œuvre de son programme de développement, le groupe OCP se positionne une fois de plus comme l'un des plus grands investisseurs publics marocains, relève l'OBG, estimant à 27 milliards de DH (2,4 milliards d'euros), le montant global injecté par le groupe au cours des neuf premiers mois de l'année 2013. Ce chiffre devrait atteindre les 30 milliards de DH (2,67 milliards d'euros) d'ici la fin de l'année.
D'après les prévisions de l'OBG, l'OCP compte mobiliser 29 milliards de DH (2,58 milliards d'euros) supplémentaires pour la réalisation des projets tracés pour l'an 2014.
Le marché des phosphates s'est montré cyclique au cours des dernières décennies, précisent les experts de l'OBG, affirmant que l'OCP table sur une amélioration du climat au cours des deux prochaines années, entrainée par l'augmentation de la population et la hausse de la demande agricole qui contribuent à équilibrer l'offre de phosphate brut et d'engrais.
Le programme d'investissement de l'OCP intervient dans un contexte difficile mais nourrit l'espoir, qu'une fois la reprise du marché engagée, le Maroc sera mieux équipé pour relever le défi de la concurrence et maintenir son positionnement de leader mondial, soutient l'analyse de l'OBG.
(Avec MAP)
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