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ECONOMIE

Le Sénat français passe au crible l’économie marocaine

Les élus français analysent la situation économique du royaume et émettent des recommandations. Climat des affaires, compensation, retraite, déficit budgétaire… Voilà ce qu’ils en pensent.  

Le Sénat français passe au crible l’économie marocaine
Samir El Ouardighi
Le 28 novembre 2013 à 16h38 | Modifié 28 novembre 2013 à 16h38

La commission des affaires étrangères de la haute assemblée française a décidé de se pencher sur la situation du Maroc. Elle livre le fruit de son travail dans un rapport global sur les avancés économiques et politiques de la région sud de la Méditerranée, publié le 30 octobre.

Le Maroc y est qualifié de «premier de la classe ». Ainsi les sénateurs notent avec satisfaction que le taux de croissance marocain reste le plus élevé de la région grâce à une ouverture commerciale forte et des entrées d’investissements directs étrangers (IDE)  multipliés par 5 en 10 années.

« Un véritable plan Marshall »

En moins d’une décennie, l'industrie marocaine n’aurait cessé de se moderniser. Par exemple, la filière aéronautique s’est développée de telle façon qu’elle a pris une dimension internationale.

En 2012, l'implantation de l'usine Renault Tanger et de nombreux équipementiers a fait du pays un acteur essentiel de la cartographie automobile mondiale avec en sus la création de 6.000 emplois directs. Le secteur tertiaire tourné essentiellement vers le tourisme et l’offshoring, n’est pas en reste, puisqu’il apporte aussi une contribution capitale à l'économie marocaine.

Le bond en avant des infrastructures concernant les routes rurales, l’électrification, l’accès à l'eau, tout comme les grands projets d’autoroutes, du port de Tanger-Med, des tramways urbains et du TGV est unanimement salué par les sénateurs.

Les membres de cette commission se félicitent des bons choix du royaume et de sa politique volontariste de développement assimilés à un véritable plan Marshall.

Malgré le fait que le royaume ne soit pas producteur d’hydrocarbures et de gaz naturel, il semblerait qu’il réussisse à tirer son épingle du jeu face à des voisins confrontés aux mêmes problèmes.

Un satisfecit en demi-teinte

Loin d’être indulgente, cette commission n’hésite pas à pointer du doigt les lacunes des politiques publiques de relance économique face à une crise conjoncturelle internationale mais aussi structurelle.

Relativement épargné par la crise financière, le Maroc reste cependant vulnérable aux conditions économiques européennes et aux prix des matières premières. Depuis toujours l'agriculture occupe une place importante dans l'économie marocaine (15% du PIB et 40% de l'emploi) et reste toujours tributaire des variations des précipitations.

Depuis  2012, le taux de croissance a ralenti à 2,7% mais la croissance globale a continué à être soutenue par la dépense publique.

Le taux de chômage est passé sous la barre des 10% mais il demeure élevé parmi les jeunes urbains (32%) et chez les jeunes diplômés (20%). 

La commission des AE dénonce aussi un déficit budgétaire qui se creuse et qui a atteint en 2012 un taux record de 7,1% du PIB. Ce choix gouvernemental de laisser filer les dépenses ne serait pas judicieux et on est loin de la règle d’or des 3%.

Une grande partie de ces dépenses résulte ducoût des subventions des produits de base qui représente 17% de la dépense publique.

A la fin 2012, la dette publique a atteint 58% du PIB et si la position du Maroc reste raisonnable en termes d'endettement extérieur, l'agence financière Moody's n’a pas hésité à baisser la note souveraine du Maroc de stable à négative en raison de l’augmentation de son déficit public.

Le déficit commercial est structurel car les importations ne cessent d’augmenter à cause d’une facture énergétique élevée. Mais à contrario, la performance à l'export du secteur automobile, passée de 0,5% en 2011 à 3,9% en 2012, mérite d'être saluée et devrait se poursuivre en 2013.

Le besoin de financement de l'économie marocaine serait plus faible si la capacité du Maroc à exporter et à accueillir des investisseurs étrangers avait été plus importante.

Le rapport sénatorial affirme que les bailleurs multilatéraux et bilatéraux resteront toutefois au chevet du Maroc qui est considéré comme un bon risque en reportant sur ce pays les montants qu'ils n'ont pu engager dans les pays en crise de la région. Les sénateurs en veulent pour preuve les engagements au Maghreb de la Banque européenne d'investissement (BEI)  qui ont atteint 1,7 milliard d'euros et dont plus de la moitié profite au Maroc.

Les recommandations sénatoriales

L’indice de confiance dont bénéficie le Maroc se mesure aussi grâce à une importante promesse de dons de la part de l’Arabie Saoudite, du Qatar, des Émirats Arabes Unis et du Koweït qui va lui permettre d’engranger un montant de 5 milliards de dollars sur 5 ans (2012-2016).

Selon la commission sénatoriale, l'objectif affiché du gouvernement de ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB d'ici à 2016 ne pourra se faire sans une réforme profonde du système des caisses de subvention et de retraite. Soulignons le fait que le gouvernement tente malgré le feu nourri des critiques de son opposition d’engager ces réformes délicates politiquement mais nécessaires. 

La commission sénatoriale des AE préconise aussi une amélioration de l'environnement des affaires et une mise à niveau des marchés financiers en contrepartie de quoi, les bailleurs publics et privés internationaux  aideront le Maroc à attendre le retour de la croissance au niveau mondial.

A la lumière de ce rapport, le Maroc aurait fait de bons choix en matière économique en se distinguant largement de ses voisins. Mais il reste du chemin à faire.

 

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Samir El Ouardighi
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