Myriam Ettahri n’y va pas avec le dos de la cuillère
Myriam Ettahri fait partie de ces rares personnes qui ont osé changer de vie. Celle dont le grand public a découvert le sourire dans « Mama Chef », première télé réalité culinaire au Maroc, était pourtant destinée à un tout autre parcours.
De Mc Gill au Cordon Bleu
Après un baccalauréat en sciences économiques et sociales au Lycée Lyautey de Casablanca, Myriam a eu l’opportunité de rejoindre Mc Gill, la prestigieuse université québécoise. Elle y obtient un bachelor en business et marketing qui lui permet de décrocher un poste de cadre chez Marcus Evans. Sa carrière au sein de la multinationale est alors sur les bons rails, elle est même promue chasseuse de tête.
Mais ce mode de vie ne lui convenait pas : « J’étais la plus jeune de mes collègues qui avaient 10 à 15 ans d’ancienneté. Ça m’a fait réfléchir, je ne me voyais pas passer les 10 prochaines années de ma vie dans le même cadre». Alors pourquoi avoir pris cette orientation au départ ? « Au Maroc nous avons une idée préconçue de la réussite, on veut que notre enfant soit ingénieur, médecin ou pilote … » explique-t-elle avant d’ajouter que le choix de son cursus universitaire était la conséquence naturelle de ses bons résultats scolaires. « Mais je suis reconnaissante vis-à-vis de mes parents pour m’avoir poussé dans cette voie-là. Ça m’a apporté une maturité supplémentaire et une vision plus large que je n’aurais peut-être pas eu sinon», reconnait-elle.
Pour s’épanouir elle savait qu’elle devait changer de métier et après 3 ans de carrière elle décide de tout plaquer et d’intégrer une autre école prestigieuse, Le Cordon Bleu à Ottawa. « J’ai toujours aimé cuisiner, le dimanche je mettais mon tablier de cuisine et j’essayais … ».
Durant ses études au Cordon Bleu elle s’est surmenée en travaillant en parallèle dans la restauration et la pâtisserie. « C’était éprouvant, j’avais perdu beaucoup de poids, mon emploi du temps était surchargé » se souvient-elle.
Un tour du monde culinaire
Une fois diplômée au Cordon Bleu, Myriam a eu la chance de compléter sa formation en travaillant auprès de celui qu’elle considère comme son mentor, Christian Faure, consacré Meilleur Ouvrier de France. Le détenteur du titre suprême de la cuisine française lui donne l’opportunité d’entamer son tour du monde culinaire en la recommandant auprès de Pierre Gagnaire, grand chef français, qui l’accueille dans son restaurant « Le Reflet » à Dubaï. Deux ans plus tard, c’est à Londres qu’elle s’installe pour progresser cette fois auprès d’un autre grand nom de la planète gastronomique, Heston Bumenthal, chef et propriétaire du restaurent « The Fat Duck ».
Son tour du monde ne s’arrête pas là, Myriam n’a pas froid aux yeux et n’hésite pas à prendre son sac à dos et à découvrir le Vietnam, Singapour, la Chine et l’Australie. Et elle en profite pour goûter à tout sans se cantonner dans les buffets d’hôtels. Elle garde d’ailleurs dans son téléphone la photo d’un de ces fameux stands de cuisine de rue chinoise en souvenir d’une saveur qui l’a marquée.
Le retour au pays
« Je suis rentrée au Maroc juste pour l’anniversaire d’un ami, et je m’attendais à passer deux jours, pas plus ». Elle était loin de se douter alors que les jours allaient devenir des années … ni qu’elle allait entrer dans le paysage médiatique marocain. « Coca Cola cherchait une égérie au Maroc pour son concept « Coke & Meals »… j’avais quelques appréhensions mais on m’a convaincu de participer au casting de « Mama Chef » et finalement, l’aventure s’est avérée être très intéressante ». Et le rôle lui va comme un gant ! Un sourire naturel et une bonne dose de pédagogie lui font conquérir les cœurs du public comme en témoignent les commentaires sur la page facebook de l’émission.
La cuisine marocaine a certainement influencé son style mais son style va-t-il influencer la cuisine marocaine ? Myriam n’a pas cette prétention. « Mon but n’est pas de révolutionner la cuisine marocaine, l’idée était surtout de proposer quelque chose d’accessible, rapide et bon à la fois. Les gens n’ont pas toujours le temps de passer une heure en cuisine avec le mode de vie actuel».
Faire sa place dans le monde de la gastronomie n’est pas chose aisée à l’étranger, surtout pour une femme. Plus d’une fois on lui a fait sentir qu’elle empiétait sur un territoire masculin. Mais au Maroc ce problème ne se pose pas, la femme est reconnue pour ses talents culinaires « Au Maroc les meilleurs cuisiniers sont des femmes !» assure-t-elle, en affichant un sourire à la fois candide et triomphant.
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