Casablanca : une nouvelle vie pour l’immeuble Shell
Hamza Bennani, le directeur de l’hôtel Imperial, raconte la renaissance de ce joyau du patrimoine marocain dont l’inauguration officielle est prévue pour le 5 décembre.
La capitale économique se dote d’un nouvel établissement haut de gamme. Mais, à la différence de la plupart des hôtels de son standing, il se situe dans le vieux centre art déco, sur le boulevard Mohammed V. Autre originalité : l’Imperial loge dans un immeuble classé. L’ancien immeuble Shell, signé Marius Boyer, entièrement rénové et accord avec le style de l’époque.
Opérationnel depuis un mois, il affiche déjà un taux d’occupation d’environ 25%. Candidat à l’obtention de « 4 étoiles plus », il vient concurrencer le Novotel, le Barcelo et l’Idou Anfa sur le marché du tourisme d’affaires. L’emplacement est plutôt privilégié, à quelques pas d’une station de tramway. Les clients motorisés peuvent également garer leur véhicule dans un espace loué d’une capacité de 50 places.
L’ouverture de l’Imperial vient couronner un processus d’aménagement particulièrement long. « Acquis par mon père en 1994, il était destiné à abriter des logements. J’ai dû démontrer qu’un projet hôtelier serait beaucoup plus rentable », confie Hamza Bennani, la trentaine pas encore entamée, directeur général de l’hôtel. Il réalise alors une présentation du business plan. Objectif : convaincre El Haj de la viabilité du projet. Chose faite.
Les travaux de rénovation commencent en 2007 avec une première injection de fonds de 35 millions de DH. « Au final, nous nous sommes retrouvés avec un budget d’investissement de plus de 90 millions de DH, dont 17 millions de DH en prêt bancaire », indique-t-il. Des complications administratives provoquent l’arrêt de l’opération de restauration à plusieurs reprises. « Nous voulions installer sur la façade un double vitrage afin d’atténuer les effets de la circulation », raconte-t-il.
La bâtisse classée monument historique fait l’objet de toutes les attentions. D’ailleurs, les coquilles Saint-Jacques, emblèmes de la compagnie pétrolière Shell, ancien propriétaire de l’édifice ont pris un coup de jeune. Repeints en couleur or, elles ont même connu un lifting. « Ma sœur, designer leur a donné une touche moderne. C’est d’ailleurs elle, qui a conçu certains meubles », souligne Hamza Bennani. En effet, le fameux coquillage est gravé dans la cage d’ascenseur, or sur fond noir.
Etabli sur une superficie globale de 1.200 mètres carrés, l’hôtel compte 105 chambres dont 15 suites, deux restaurants et un bar. Les deux salles de banquet profitent d’une luminosité naturelle, à travers un dôme recouvert d’un toit ouvrant. Quatre autres salles, de plus petites superficies sont toujours en travaux. « Le chantier est toujours ouvert pour le spa. L’ouverture est prévue pour 2014, il comprendra une piscine couverte, hammams et cabines de soins », précise l’heureux propriétaire.
Un bataillon de 70 personnes veille au fonctionnement de l’hôtel. Le recrutement s’est fait dans les règles de l’’art. « Un DRH a été mandaté pour dénicher les perles rares du secteur. Nous avons débauché auprès des plus grandes enseignes », explique-t-il. Le chef des cuisines vient du Mazagan Beach Resort, le directeur restauration a travaillé à Borj El Arab aux Emirats Arabes Unis, le responsable hébergement était au groupe Kenzi. Ils ont cru au projet. Une entreprise dont les charges de fonctionnement s’élèvent à 700.000 DH par mois.
Le prix de lancement promotionnel est fixé à de 750 DH par nuitée. Passée cette période, il faut compter 950 DH pour une chambre et pour les suites entre 1.600 et 3.000 DH. Les prix s’alignent sur ceux de la concurrence, mais le challenger veut faire la différence sur la qualité de la prestation et du service.
« J’avais 15 ans, dans l’hôtel d’un cousin. J’ai vu ce dernier servir lui-même la clientèle, sourire aux lèvres. Et là, c’est devenu clair pour moi. Je gérerais un établissement hôtelier en adoptant ce style de management », se rappelle-t-il.
Des études à l’institut d’hôtellerie Les Roches à Marbella représentaient un premier pas. Puis des stages dans différents établissements, qui permettent à Hamza Bennani de passer par tous les postes de la chaîne de travail. « Durant, mon passage au Marriott à Londres, j’ai du nettoyer la chambre froide. Horrifié par l’ampleur de la tâche, je n’oublierais jamais ce sentiment de satisfaction, une fois ma corvée terminée », raconte-t-il.
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