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Afrique du Sud : la justice relance une procédure de destitution contre Ramaphosa

La Cour constitutionnelle sud-africaine a jugé anticonstitutionnelle la décision du Parlement de bloquer une enquête parlementaire sur le scandale dit du “Farmgate”, lié à une importante somme en devises volée dans la ferme privée du président Cyril Ramaphosa.

Afrique du Sud : la justice relance une procédure de destitution contre Ramaphosa
Cyril Ramaphosa.
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Le 9 mai 2026 à 16h33 | Modifié 9 mai 2026 à 16h34

La Cour constitutionnelle sud-africaine, plus haute juridiction du pays, a relancé vendredi 8 mai 2026 la procédure de destitution visant le président Cyril Ramaphosa dans le scandale dit du “Farmgate”, en jugeant contraire à la Constitution la décision du Parlement de bloquer la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire.

L’affaire remonte à février 2020, lorsqu’une importante somme en devises étrangères avait été volée dans la ferme privée de Phala Phala, propriété de M. Ramaphosa dans la province du Limpopo. Le scandale avait soulevé plusieurs questions sensibles : l’origine exacte des fonds, leur éventuelle déclaration aux autorités, ainsi que les raisons pour lesquelles cet argent liquide aurait été conservé dans du mobilier plutôt que dans une banque.

Le président sud-africain, au pouvoir depuis février 2018, a toujours nié toute malversation. Il affirme que l’argent provenait de la vente de buffles dans son exploitation. Selon sa version, les cambrioleurs auraient emporté 580.000 dollars, tandis qu’Arthur Fraser, ancien patron des services de renseignement sud-africains, avait évoqué le vol d’environ 4 millions de dollars dissimulés dans la propriété.

En novembre 2022, un panel indépendant avait estimé qu’il existait des éléments préliminaires laissant penser que M. Ramaphosa aurait pu commettre une faute. Mais l’Assemblée nationale avait rejeté la poursuite de la procédure, le parti du Congrès national africain (ANC), alors majoritaire, ayant fait bloc autour de son chef. La Cour constitutionnelle estime désormais que le rapport doit être transmis à une commission de destitution chargée d’approfondir l’examen du dossier.

La décision ne signifie toutefois pas que M. Ramaphosa est menacé à court terme d’être démis de ses fonctions. Une destitution doit être adoptée à la majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale. Même affaibli par la perte de sa majorité absolue aux élections de mai 2024, l'ANC conserve plus d’un tiers des sièges, ce qui rend improbable un vote final contre le président sans basculement politique majeur.

L’opposition, notamment les Combattants pour la liberté économique (EFF), à l’origine du recours devant la Cour constitutionnelle, a demandé la mise en place immédiate de la commission de destitution. Chef de l’EFF, Julius Malema réclame depuis plusieurs années la démission de M. Ramaphosa sur ce dossier.

Dans un communiqué, la présidence sud-africaine a indiqué que Cyril Ramaphosa respectait la décision de la Cour constitutionnelle, tout en réaffirmant qu’aucune personne n’était au-dessus de la loi et que les accusations devaient être examinées dans le respect de la procédure.

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