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Redaction

Le réseau parlementaire contre la peine de mort s’organise

Le réseau des parlementaires contre la peine de mort organise un séminaire les 10 et 11 décembre à Rabat. L'objectif est d’aider à la structuration du réseau abolitionniste et d'agir en renfort de la société civile pour renforcer les propositions de loi.

Le réseau parlementaire contre la peine de mort s’organise
Samir El Ouardighi
Le 6 décembre 2013 à 7h03 | Modifié 6 décembre 2013 à 7h03

Dans un contexte international marqué par une tendance abolitionniste, le Maroc veut s’inscrire dans cette perspective à travers l’action de près de 200 militants, parlementaires de différentes sensibilités politiques et d’associations militantes engagées. Si la peine de mort est abolie au Maroc, ce serait une première dans le monde arabe.

Une réunion des abolitionnistes réunira au parlement une kyrielle d’intervenants comprenant des députés, conseillers, CNDH, avocats, magistrats ainsi que nombre associations.Les participants et la coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM) mettront en avant le droit à la vie consacré par les articles 20 et 22 de la constitution.

L’argumentaire des partisans de l’abolition sera axé sur des motifs religieux, humains et constitutionnels pour déboucher à terme sur une réforme pénale dans une optique abolitionniste. Soulignons que le Maroc a instauré un moratoire de facto depuis 1993, et que si des peines de mort continuent à être prononcées, elles ne sont plus suivies d’effet.

Paroles d’abolitionnistes

De Paris, Driss Yazami du CNDH explique à Médias 24 que pour convaincre du bien-fondé de la démarche abolitionniste, «il faut sensibiliser le peuple marocain en partant à sa rencontre pour éduquer en priorité les 7 millions de jeunes afin de préparer le terrain pour agir politiquement».

Il lui importe de créer un mouvement d’ampleur abolitionniste même s’il rappelle à juste titre que «la France de Mitterrand et de Badinter n’avait pas de majorité populaire pour la suppression de la peine capitale».

A la question de savoir s’il voyait le bout du tunnel sur ce dossier, il cite l’auteur palestinien Emile Habibi dont il fait sien le titre de son roman «l’optissimiste». Partagé entre optimisme et pessimisme, il pense qu’il faut continuer à labourer pour convaincre et susciter un élan populaire abolitionniste.

Nouzha Skalli militante de la 1ère heure contre la peine de mort accrédite la thèse que même les adversaires de l’abolition, à savoir le PJD, ont fait un pas en souhaitant restreindre les cas punissables de mort.

Elle nous affirme pour sa part que «l’abolition souhaitée et présentée à travers une proposition de loi au parlement est un pas vers plus d’humanité». Elle est également le fruit de sa conviction que la peine capitale n’a aucun effet dissuasif sur les crimes passibles de mort.

Opinion publique et PJD partagés

S’il n’y a pas d’études ou de sondages sérieux mesurant l’état de l’opinion publique sur ce sujet, il semblerait que les Marocains soient très partagés sur la peine de mort. Si la cause abolitionniste semble faire l’unanimité au sein de plusieurs partis politiques, le PJD refuse clairement cette abolition, comme nous le confirme Maitre Benabdessedik, avocat et député PJD.

A la question de savoir si cela tient à des convictions religieuses, il dément formellement en estimant que la nouvelle constitution défend le droit à la vie mais aussi l’intégrité physique des personnes.

Il lui apparait logique de se placer du côté de la victime et non du criminel, et affirme que si son parti n’est pas abolitionniste, il est cependant pour l’aménagement de la peine de mort. Cela revient à dire que ce parti est partisan de réserver le châtiment ultime à quelques cas précis et de le supprimer pour certains crimes.

Il faut croire que le PJD s’en tient au statu quo actuel, ni abolition ni exécution qui finalement arrange un peu tout le monde. Sur les 58 pays qui pratiquent encore la peine de mort, une bonne moitié observe un moratoire mais rien n’a été signé ni formalisé juridiquement et en maintenant la peine de mort dans l’arsenal juridique, on laisse les tribunaux continuer à condamner à mort même si l’Etat n’exécute plus aujourd’hui.

Selon l’ONU, près de 150 pays ont aboli la peine de mort ou ne procèdent plus a des exécutions capitales. Notons qu’il y a encore 30 ans, près des 2/3 de la planète la pratiquaient alors qu’aujourd’hui, ce ratio qui n’est plus que d’un tiers semble néanmoins être le plus difficile à convaincre.

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Samir El Ouardighi
Le 6 décembre 2013 à 7h03

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