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Des familles vivent sur la décharge communale depuis plus de 15 ans

Depuis plus de 15 ans, des dizaines de familles vivent sur les marges de la décharge communale de Tanger. Auparavant installées dans des bidonvilles, ces familles se sont vu octroyer chacune un lot de terrain de 56 m² sur un lotissement mitoyen.  

Des familles vivent sur la décharge communale depuis plus de 15 ans
Jamal Amiar
Le 13 janvier 2014 à 11h07 | Modifié 13 janvier 2014 à 11h07

Mais seules 60 familles ont choisi d’occuper la parcelle octroyée, en y construisant certes à nouveau un bidonville. Les 30 familles qui ont refusé de prendre possession du lot de 56 m² contestent sa faible superficie et la limite de construction au seul rez-de-chaussée.  Le site ne dispose ni de voierie, ni d’eau courante, ni de courant électrique aux normes. Deux fontaines publiques fournissent un mince filet d’eau.

Ces familles vivent dans des conditions infrahumaines à la périphérie de la future Tanger-Métropole.  Les bidonvilles font largement penser au quartier de Sidi Moumen à Casablanca et aux images du film de Nabyl Ayouch Les Chevaux de Dieu.

Selon les habitants rencontrés sur le site par Médias 24, ces familles viennent de la région de Tanger, de Sidi El Yamani, Had Gharbia ou Ksar el Kébir «mais également de Fès et de Meknès».

Selon le responsable de l’association Aïn Aqna des habitants du lieu Abdelaziz Rafaf, «les familles n’ont pas pour le moment les moyens de construire en dur et seule la construction d’un rez-de-chaussée est autorisée, ce qui présente un problème pour nos familles nombreuses».

Tout est bidonville, même la mosquée et le jardin d’enfants

L’association Aïn Aqna pour le développement humain a obtenu son récépissé de dépôt cet automne après plusieurs années d’attente. Son président indique que la majorité des adultes du bidonville travaillent sur la décharge où «on peut gagner entre 20 et 100 DH par jour en triant les ordures, les cartons, les plastiques, le papier, le caoutchouc et les métaux». Selon M. Rafaf, «les habitants demandent des parcelles de terrain plus grandes et la possibilité de construire un étage supplémentaire».

Les membres de l’association Aïn Aqna assurent avoir écrit à diverses autorités et organisé des sit-in devant le ministère de l’Habitat et l’Instance de médiation à Rabat, ainsi que sur la place des Nations à Tanger et devant la wilaya, en vain. «Depuis 2008, nous avons peut-être organisé 50 sit-in», indique un habitant du bidonville. Ces sit-in ont valu à certains jeunes du groupe des condamnations à des peines de prison ferme.

Selon M. Rafaf, «le wali est venu en personne voir l’état des lieux mais cela ne s’est pas traduit par une quelconque amélioration sur notre vie quotidienne». Des élus du PJD sont également venus sur le bidonville à la veille des élections et à nouveau au mois de décembre dernier.

«Il y a quelques années également, vers 2008, se rappelle M. Rafaf, les services de sécurité sont venus sur le site car ils soupçonnaient notre bidonville d’abriter des terroristes. Mais c’était des soupçons infondés», souligne-t-il.

Le bidonville ne dispose d’aucun équipement public si ce n’est une mosquée «bidonville», un jardin d’enfants «bidonville», un four public «bidonville» et une épicerie, également sous forme de bidonville.

Pour la scolarisation des enfants, près de 60, ceux-ci doivent marcher pendant près de 3 km le long d’une piste qui longe la décharge avant d’arriver à la route de Tétouan, la RN2, face à la zone industrielle de Moghogha. Là, ils doivent traverser la voie pour arriver à leur école. Les familles du bidonville ont organisé un tour de rôle pour que, une fois le matin, une fois l’après-midi, un adulte accompagne les enfants pour leur assurer de traverser la route nationale très fréquentée en toute sécurité. «Par jour de pluie, précise Abdelaziz Rafaf, il est impossible aux enfants de se rendre à l’école».

 


 

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Tags : coronavirus
Jamal Amiar
Le 13 janvier 2014 à 11h07

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