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A Sidi Hajjaj, sur la plateforme logistique de Gefco

Installée depuis 2001 au Maroc, Gefco est aujourd'hui leader dans la logistique automobile au Maroc. Notre reporter Bilal Mousjid s’est rendu le nouveau site de l’entreprise, non loin de Settat.  

A Sidi Hajjaj, sur la plateforme logistique de Gefco
Bilal Mousjid
Le 20 janvier 2014 à 13h46 | Modifié 20 janvier 2014 à 13h46

Il est presque 15 heures lorsque deux camions, chargés de voitures flambant neuves, arrivent à bon port, l'un de Tanger, l'autre d'Ain Sebaa, dans un site de plus de 10 ha, dressé au milieu d'une vaste verdure. Nous sommes à Sidi Hajjaj, un patelin situé dans la province de Mediouna, sur la route de Tit Mellil.

Les petites averses qui s'abattent sur le village semblent réjouir les habitants, dont le secteur primaire – notamment l'agriculture – constitue la principale source de revenu. La principale mais pas la seule car, depuis quelques années, l'industrie a fait aussi son entrée dans cette petite commune de la Chouia-Ouardigha.  

Gefco est une des entreprises à avoir ouvert le bal. La filiale du groupe automobile PSA, implantée au Maroc depuis 12 ans, a élu domicile ici en 2007. Son activité : la logistique automobile. Cela va du transport au dédouanement, de la planification au contrôle technique, en passant par le stockage. Autrement dit, toute la supply chain, comme disent les Anglo-saxons.

Mais dans ce site, l'activité se limite à l'entreposage et à l'entretien technique et esthétique de véhicules pour le compte, entre autres, de Renault, Somaca, CAC, Nissan et Auto Nejma. "Toutes ces voitures restent là, en attendant qu'elles soient remises dans le circuit logistique", explique Mohamed Mhayi, la cheville ouvrière du site.

Chaque jour, une centaine de véhicules quittent Tit Mellil, en direction du port. Cela peut aller jusqu'à 250 véhicules, qui ont passé, en moyenne, un mois dans l'entrepôt. "Là, comme c'est le début de l'année, sachant que l'activité a légèrement reculé, nous ne dépassons pas 50 véhicules par jour", tempère M. Mhayi, ingénieur en logistique. Les tarifs ? "C'est un sujet sensible !", rétorque-t-il.

"Cela dépend de la nature de la prestation exigée par le client. Cela va, en moyenne, de 500 à 900 dirhams, voire plus", finit-t-il par lâcher timidement, après un long moment d'hésitation.

Les frais augmentent en fonction de la durée de stockage. "Parfois, nous gardons la voiture durant 9 mois avant de la livrer au concessionnaire", souligne ce diplômé de l'Ecole Centrale de Paris. Plus de 4.200 véhicules sont alignés le long de l'entrepôt. Non loin de l'administration, qui n'occupe qu'une infime partie de l'espace, une dizaine d'employés s'affairent dans une zone de contrôle technique et de "préparation esthétique".

En tout, ils sont 59, pour la plupart titulaires d'un diplôme de technicien de l'OFFPT, doublé d'une formation déployée par Gefco, à gérer toutes les différentes opérations de la boite. Les rémunérations sont relativement au-dessus de ce qu'offre le marché, du moins selon le responsable du site : "Le salarié le moins bien payé ici touche 3300 dirhams", se félicite M. Mhayi. Au vu du volume de l'effectif et, surtout, de l'état de progression du chiffre d'affaires, cela sonne plutôt comme une évidence…

L'aventure Gefco commence en 2001 au Maroc

L'épopée de Gefco au Maroc commence en 2001. La logistique – assimilée à tort au transport - n'en est alors qu'à ses balbutiements, mais l'activité promet une croissance certaine. Gefco Maroc saisit ainsi l'opportunité qu'offre un créneau pas encore suffisamment exploité : le transit de marchandises.

Ce n'est qu'en 2005, année au cours de laquelle a été lancé le plan Emergence, que la boîte commence à s'intéresser à la logistique automobile. Bingo ! Un résultat net de 1,3 million de dirhams.

Deux ans plus tard, le chiffre d'affaires maintenant toujours sa progression, elle jette son dévolu sur le site de Tit Mellil qui se veut la plaque tournante de la chaîne logistique automobile. "On était les seuls sur cette activité", se rappelle Mohamed Mhayi. Depuis, la roue a bien tourné, attirant d'autres opérateurs vers ce filon juteux : Sintax Logistique, Tirso Logistica, Tima Alliances…

"La concurrence est arrivée en 2010", précise le responsable du site de Tit Mellil. A la guerre comme à la guerre… La riposte de Gefco fut d'ouvrir un deuxième site, aussi grand que celui de Tit Mellil. Les prestations délivrées sont exactement les mêmes, à la différence près qu'elles s'adressent aux boites automobiles cherchant du low cost.

Résultat : le chiffre d'affaires de 2013 culmine à 260 millions de DH, dont 127 millions provenant de la division automobile, contre 97 en 2012. Et même si le bénéfice net est en légère baisse – 8,8 millions contre 9,4 en 2012 -, la croissance du secteur n'est pas menacée. C'est en tout cas ce que laissent entendre les prévisions de 2014 : "On prévoit la même performance qu'en 2013, avec un taux de croissance entre 5 et 10 %", sourit le logisticien en chef.

L'euphorie est telle que la filiale du groupe français ne compte se reposer ainsi sur ses lauriers. Après un marché qu'elle a réussi à décrocher de Renault (la moitié de ses véhicules est prise en charge par Gefco), elle entend ouvrir un nouveau site à Tanger.

Objectif : optimiser les coûts. "Il devait ouvrir en 2013, mais comme l'activité automobile connait une régression, on a hésité. Mais le projet n'est pas abandonné", lance Mohamed Mhayi, qui ne cache pas son intérêt pour l'axe Kénitra-Tétouan-Tanger. L'épopée ne fait encore que commencer.

 


 

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Bilal Mousjid
Le 20 janvier 2014 à 13h46

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