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Un dossier encombrant: Qui sortira les Marocains des prisons irakiennes?

Depuis plusieurs années, Abdelaziz Bakkali et d’autres citoyens marocains se mobilisent avec pour objectif de faire revenir d’Irak des membres de leurs familles partis combattre en Irak et qui se retrouvent aujourd’hui piégés dans les prisons du pays.

Un dossier encombrant: Qui sortira les Marocains des prisons irakiennes?
Jamal Amiar
Le 20 janvier 2014 à 11h00 | Modifié 20 janvier 2014 à 11h00

Le nombre de cas d’emprisonnés et de disparus marocains dont ils s’occupent est de 30.

Ancien militant salafiste lui-même, Abdelaziz Bakkali cherche à faire revenir son frère Abdeslam parti se battre dans les rangs sunnites en Irak. Au sein de la Coordination des familles des prisonniers et des disparus marocains en Irak qu’il dirige, une dizaine de familles sont actives. La majorité sont originaires de Casablanca, Tanger, Taroudant ou Larache.

Abdelaziz Bakkali décrit des situations humaines complexes. «Oussama Attar est un jeune, il est parti en Irak quand il était encore mineur, aujourd’hui il a 19 ans. il souffre d’un cancer et on n’arrive à faire  bouger ni les autorités irakiennes, marocaines ou belges». Oussama fait partie de ce large ensemble de Belges, Français ou Espagnols nés de parents marocains et partis combattre un jour en Afghanistan, en Irak et aujourd’hui en Syrie ou au Mali.

Des jihadistes, plusieurs profils

Abdelaziz Bakkali distingue 3 catégories de combattants marocains en Irak. «Il y a ceux qui sont partis étudier dans les années 80 ou qui y étaient établis et qui y travaillaient. Il y a parmi eux des gens aujourd’hui en prison et certains ont été victimes du système de dénonciations rémunérés mis en place par l’administration américaine en Irak» indiquet-il.

 Le deuxième groupe de prisonniers est constitué de jeunes partis «combattre l’occupation américaine de l’Irak après 2003»; enfin le troisième groupe est constitué de «jeunes combattants arrêtés plus récemment».

Selon Abdelaziz Bakkali, «les Marocains incarcérés en Irak ne refusent pas d’être jugés pour leur lutte contre l’occupation américaine de l’Irak, mais ils refusent d’être jugés pour terrorisme», souligne-t-il.  Abdelaziz Bakkali a lui-même séjourné pendant 2 ans en prison à Salé et à Tanger au lendemain des attentats de Casablanca du 16 mai 2003.

Abdelaziz Bakkali a commencé à se préoccuper du sujet des prisonniers lorsqu’il a constaté que plusieurs Marocains condamnés et incarcérés en Irak n’avaient pas été libérés au terme de leur peine. «Mon frère Abdeslam a été condamné en mars 2000 à 10 ans de prison et il devait revenir au Maroc en mars 2010, mais nous sommes restés sans nouvelles de lui».

«Abdeslam, poursuit son frère Abdelaziz, m’a longuement raconté au téléphone les séances d’interrogatoires en présence d’officiers irakiens et américains, l’absence d’avocats».

«A ce moment-là, poursuit Abdelaziz, mon  frère Abdeslam voulait rentrer au Maroc mais il avait expressément demandé à être remis aux autorités marocaines par le biais de la Croix –Rouge Internationale. Sur ce point, il n’obtint pas d’accord et fut donc retenu en prison ; s’il est à l’extérieur, on ne sait pas ce qu’il devient».

 La procédure, lorsqu’un détenu étranger en Irak arrive au terme de sa peine, est soit de le déposer à la frontière, ce qui est faisable pour un ressortissant d’un pays limitrophe de l’Irak, soit de le remettre à la Croix-Rouge Internationale. Mais si son pays d’origine refuse à la Croix-Rouge de jouer le rôle d’intermédiaire, la situation reste bloquée.

Des contacts, en vain

Depuis que la Coordination des familles des prisonniers et des disparus marocains en Irak a obtenu son récépissé de dépôt à l’automne dernier, elle a organisé un point de presse à la fin du mois de décembre pour expliquer ses objectifs et son action à l’opinion publique : contacts avec les autorités marocaines, ministère des affaires étrangères, ministère de l’intérieur et Conseil national des droits de l’homme ; des contacts ont été pris avec les responsables des droits de l’homme aux Nations Unies à Genève, avec les coordinations irakiennes basées à Londres et à Genève, et avec l’ambassade du Maroc à Amman.

Pour Abdeslam Bakkali, «malgré ce que ces jeunes ont fait, il faut savoir qu’aujourd’hui ils sont emprisonnés et parfois torturés. Certains Marocains ont été condamnés à mort et exécutés par les autorités irakiennes comme Badr Achouri. Azzedine Boujnane est un jeune de 19 ans arrêté fin 2003 ; il est diabétique et n’a aucun contact avec les autorités diplomatiques marocaines ; pourtant nous étions allés voir M. Abdelmounaïn Fellous au ministère des affaires étrangères à Rabat et d’autres responsables ».

L’un des prochains objectifs d’Abdelaziz Bakkali est d’organiser la visite d’une délégation de la Coordination en Irak pour rencontrer les jeunes de leurs familles et les autorités irakiennes. «L’ambassadeur d’Irak à Rabat nous a fourni son soutien pour cela mais nous n’avons pas l’accord des autorités marocaines ni obtenu que Rabat, Baghdad et la Croix-Rouge Internationale collaborent pour assurer le retour des Marocains emprisonnés là-bas ; d’autres pays arabes l’ont fait même s’ils ne disposent pas d’ambassade sur place à Baghdad», précise Abdelaziz Bakkali.

 Parmi les autres noms de prisonniers marocains cités par Abdelaziz Bakkali figurent Abdellatif Jabili et Mohammed Laâlbuchi à Nassiriyah et Adnane Salmane à Soulaimaniya.

Selon Abdelaziz Bakkali, «le nombre de Marocains emprisonnés et disparus compte près de 30 noms, cette liste –en possession de Médias 24- a été remise au ministère des affaires étrangères de notre pays il y a quelques semaines».

La Coordination des familles marocaines vise aussi à constituer un collectif d’avocats prêts à défendre les Marocains piégés en Irak et parfois des membres de … la Coordination. «Au lendemain de la tenue du point de presse en décembre dernier, notre responsable de la communication Youssef Akhrif a été interpellé par des agents en civil à son domicile à 5H du matin, rapporte Abdelaziz Bakkali ; il n’a été relâché que le lendemain à 21H sur intervention des militants de l’AMDH, l’Association marocaine des droits de l’homme».


 

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Jamal Amiar
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