Le Dernier Salto, nouveau roman d’Abdellah Baïda
Le saut ultime, c’est l’histoire d’un rêve, d’un défi et d’un échec. L’écrivain marocain nous présente son dernier roman, à paraître fin janvier aux éditions Marsam.
« Le roman s’ouvre sur une journée ordinaire où notre héros, en guise de sport, faisait de la marche quand il vit une voiture débouler droit dans sa direction. Il se souvint alors de ce vieux rêve consistant à accomplir un salto parfait. Il crut l’avoir réalisé pour échapper à la voiture, mais en vérité il était victime de l’accident. C’était plutôt son âme qui a échappé à la pesanteur pour observer la scène et voguer en toute liberté dans l’espace et dans le temps. Il pouvait ainsi faire autant de salto qu’il le souhaitait.
Pour le protagoniste du Dernier Salto, le saut périlleux arrière est d’abord signe de liberté et d’évasion, une position qui éloigne des lourdeurs du quotidien, l’emblème du beau. La mémoire sélectionne alors de son passé des moments qui font écho à cette position. Le personnage-narrateur tente, à travers diverses situations, de saisir cette forme en tant que chute ou ascension. Saisir la fugacité d’un instant devint son objectif.
C’est ainsi qu’il se remémore et raconte des moments d’enfance tels le premier contact avec la langue étrangère ou la profondeur du silence de son grand-père ; des instants qui ont marqué sa vie. Se présentent aussi au fil de la narration d’autres situations qui ont marqué sa vie ou celles des autres.
Parmi les moments poignants de cet itinéraire : un voyage par avion où le sourire d’une femme intrigue le protagoniste et le pousse à se lancer dans des recherches qui lui font découvrir l’histoire du Salto Angel au Venezuela. Toujours dans l’aéroport, le décollage des avions lui rappellent l’ascension du prophète Mahomet ainsi qu’une légende d’enfance où un profane fait aussi son ascension vers le ciel mais dans des conditions plus périlleuses.
L’idée du paradis, comme idéal à atteindre, s’impose dans le récit. Et nous remontons à la jeunesse du protagoniste avec ses déboires, d’abord en tant qu’étudiant et en suite en tant que chômeur qui tentera de se suicider par immolation pour se muer en « un aigle de feu ». L’échec de cette tentative et la fragilité du personnage le propulsent vers les islamistes qui nourrissent son rêve de paradis et le poussent à devenir kamikaze. De cette parenthèse, il gardera les souvenirs de son militantisme, d’où la rencontre à la fin du roman où il se retrouve dans un bar glauque à dévoiler l’histoire de trois personnages : un ancien prisonnier politique, un bourreau et une prostituée. Certaines clés du récit seront dévoilées dans ce dernier épisode. Dans ses pérégrinations, il avait déjà croisé cette femme et c’est avec elle finalement qu’il accomplira son départ définitif, son ultime saut. »
Abdellah Baïda, essayiste, nouvelliste et romancier, est enseignant de littérature à l’Université Mohammed V de Rabat. Il a publié notamment Les Voix de Khaïr-Eddine (éd. Bouregreg, 2007) et Au fil des livres (éd. La Croisée des chemins & Séguier, 2011). Il a dirigé également un ouvrage sur Mohamed Leftah, Mohamed Leftah ou le bonheur des mots (éd. Tarik, 2009).
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