Le Partenariat Public Privé s’organise en attendant la loi
A l’occasion du lancement du Club Partenariat Public Privé Maroc, ce jeudi 30 janvier à l’Université Internationale de Rabat, les représentants des différents secteurs d'activité assurent que les PPP permettront de fournir des services publics efficaces.
« Le Maroc est en mouvement ! Il amorce de vastes chantiers de réformes structurels et institutionnels » souligne Mohamed Ouanaya, Délégué général du Club PPP Maroc et Directeur général d’Idexa. Un bouillonnement qui favorise une nouvelle réflexion sur la gestion des multiples défis que le royaume devra affronter. Mettre en commun les objectifs du secteur public et l’expertise du privé constitue une piste extrêmement séduisante. A ce titre s’est donc tenu jeudi 30 janvier le lancement du Club PPP Maroc au sein de l’Université Internationale de Rabat (UIR), devant un parterre de dirigeants, entrepreneurs et experts marocains et étrangers.
Hasard du calendrier, cette rencontre, sous le signe de l’échange et du dialogue, s’est opérée au lendemain « de fructueux débats » au sein de Parlement, au sujet du projet de loi n°86-12, encadrant le PPP, selon Samir Tazi. A la tête de la Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation au ministère de l’Economie et des Finances, il saisit en effet cette opportunité pour assurer que le gouvernement a pris la mesure et l’importance de ces partenariats, qui ont par ailleurs démontré leur efficacité à travers le monde. Preuve s’il en faut : l’adoption imminente – dès la semaine prochaine selon Samir Tazi - d’une loi cadre ayant vocation à structurer les démarches en matière de PPP. Une lacune criante jusqu’à lors dans ce Maroc en mutation, où 60% de la production énergétique s’effectue sous PPP, selon M. Tazi. « Ce sera également le cas de la future plus grande centrale solaire au monde, [dans le désert marocain, ndlr] », poursuit-il.
La loi en discussion ouvrira ainsi la voie « à l’innovation dans les montages des PPP, ne définira pas les contrats en tant que contrats administratifs, ce qui laissera plus de libertés à la gestion des litiges notamment et davantage de possibilités de négociations entre partenaires » déclare le représentant du ministère de l’Economie et des Finances, au cours de cette conférence. En instituant une nouvelle génération de contrats courant sur 30 à 50 ans, le Maroc a également le devoir de s’en remettre à des « audits réguliers pour garantir le maintien des engagements sur une satisfaction mutuelle », ajoute Samir Tazi. Des engagements à coups de milliards de dirhams que le royaume n’aurait pas pu absorber seul, insiste parallèlement Amine El Hajhouj, Directeur général de la Société d’Aménagement Zenata, également présent.
Face à cette pesante question du coût financier des projets en PPP, Samir Tazi bouscule la langue de bois, en déclarant sans ambages que « l’administration pense très bien l’investissement, mais ne pense pas du tout exploitation ». Aveu d’un échec ? En tout état de cause, ce manquement fait le lit du PPP. La présence du secteur privé dans l’équation permet de réaliser des projets d’envergure (ex : l’éco-cité de Zenata) et garantie l’aboutissement et l’entretien de ces chantiers, affirme M. Tazi. Il souhaite néanmoins rassurer les citoyens en rappelant que ce partenariat ne se substitue en aucun cas à l’action du public, il l’accompagne uniquement.
Un discours qui entre en résonnance avec les propos d’un PPP-iste convaincu : Marc Teyssier d’Orfeuil, fondateur du Club PPP France et Délégué général du Club PPP Medafrique. Animateur de cette rencontre et fort de sa longue expérience dans le domaine, il présente le PPP comme une « gestion de bon père de famille ». A coups d’exemples concrets et ludiques, il précise que l’un des objectifs de ce PPP social est de participer également à l’évolution des mentalités afin de penser et accepter des projets sur long terme. Certes plus coûteux en investissement de départ, les chantiers menés en PPP s’avèrent in fine plus intéressants économiquement. « C’est l’analogie du choix de la peinture ou du carrelage, plus durable » s’amuse-t-il avant de mentionner la réussite de l’UIR, premier PPP dans l’enseignement supérieur au Maroc. Objet de fierté, le montage PPP de cette université « est un modèle exemplaire et certainement exportable » affirme Marc Teyssier d’Orfeuil. Pas étonnant que ce lieu ait donc été choisi pour accueillir le lancement du Club PPP marocain.
Ce dernier aura par ailleurs pour mission d’organiser régulièrement des rencontres entre les partenaires privés et publics, de favoriser les échanges, de proposer des espaces de confiance et d’encourager le benchmark « en nouant des jumelages et des coopérations avec les différents Club PPP à travers le monde », insiste Mohamed Ouanaya, son délégué général. A travers des publications fréquentes, ce nouvel organisme souhaite également informer ses nombreux adhérents et en sensibiliser bien d’autres aux vertus du PPP. Un optimisme qui gagne inéluctablement la nombreuse assistance et un Samir Tazi résolument enthousiaste, qui clôture la rencontre en rappelant que « nous méritons d’avoir un service public de qualité, un service que le privé est capable de fournir ! »
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